POESIE

Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 23:47
Par Taoufik Ben Brik | journaliste | 17/11/2009

Monsieur le Juge,

le prévenu a-t-il droit à une parole licite ?
Comment, alors que vous m'interrompez
exigeant un non ou un oui…
Le droit, je vous le dis, votre Honneur,
pour nous autres Arabes,
qui sommes peuple amateur de préliminaires
avant toute réponse !

A présent, vous allez m'écouter…
Le marché, la grand-place, le ventre de la ville
grouillent de cette clameur :
la justice, en mon pays, est inexistante ;
la justice passa et s'en fut ;
la justice a rejoint le Sein du Seigneur,
qui fit que nul n'est pérenne,
fut-il magnifique ou tyran.

Ne vous souciez point de ces mots,
les gens sont saisis de fièvre délirante
et d'hallucinations.
J'ai vu, quant à moi, de mes propres pupilles
ce que la cécité des mécréants ne saurait distinguer,
le fin mot de l'histoire :

la justice n'est pas absente,
c'est la cause qui est illusoire,
ou l'accusation, si vous préférez, qui peine à exister
condamnée qu'elle fut à la peine capitale.
Nous sommes alors aujourd'hui jugés et condamnés
en manque d'accusation.
Comme l'amant est en manque de sa bien-aimée,
Je me consume de désir pour une accusation savoureuse.

Monsieur le juge vénérable
scrutez bien avec moi ces fariboles
exercez votre perçant jugement :
L'on m'accuse d'avoir administré une torgnole
à une dame innocente,
de l'avoir gratifiée d'une ruade,
d'avoir tiré sa chevelure de sirène,
griffé ses joues de pomme rouge,
brisé ses côtes de gazelle…
Comment un poète peut-il commettre autant de fautes de goût ?

Notre poète disait
« nous aimons le pays comme nul ne l'aime »,
je réponds en contrepoint
« j'aime les femmes comme nul ne les aime ».

A toutes les femmes de la terre et des cieux j'ai chanté :
la foudre a tonné sur les contreforts du Kef,
son écho a atteint les confins des terres de Abid,
j'ai cru entendre là le tonnerre de Dieu,
c'était en fait le rire de ma bien-aimée.

A la policière travestie je voudrais dire :
tu es la bien-aimée, tu es le poème,
mais où se scèle donc la vérité ?
Tu fus dure avec moi,
sans répit ni nuance,
j'aurais préféré que tu me taxes d'assassin
ou de voleur de tout ce qui fut thésaurisé durant votre règne.
Mais rosser une femme ? Que désastre !
Où donc se scelle la vérité ?

La vérité est que je me suis aventuré
dans les recoins du palais du dragon,
une promenade devenue cauchemar sans issue.
La vérité est que c'est une affaire
entre moi et Zaba le Grand,
souverain du pays,
une affaire qui concerne Hallaj, le poète et le tyran,
Charlie Chaplin et le dictateur,
Shéherazade et Shahryar…

Dites à mon geôlier de ne pas se fâcher.
Je ne suis, quant à moi, pas en colère,
l'esprit en paix
non pas parce qu'innocent,
parce que coupable de l'avoir dépouillé
de ses derniers masques et parures,
de l'avoir laissé nu comme un nouveau-né
en proie aux moqueurs et aux ricanants.

Ceux qui ne sont point familiers du soleil
sont atteints, à la lumière, de glaucome.
Le soleil se lève, alors sauve-toi, vampire !
Buveur de sang !
Fuis ! Fuis ! Et fais ce qu'il te plaît.
Mes paroles sont libres
comme le souffle de la brise !
Aucune geôle ni aucune cage
ne peut retenir le fugitif qui te parle
de derrière ces barreaux.

Quand la récitation servile
sera étouffée par la bonne nouvelle,
le jour venu,
tu seras humble et poli…
Carthage, cette tombe lugubre où manque le cadavre…

L'idiot fléchira pour faire place à l'étendard et à la bataille.
Tu lâcheras la bride à la démesure
et n'étouffera point le hennissement de ta monture
Elle porte en sa croupe un combattant…


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Plaidoyer du détenu N°5707
Bloc H, Aile 2, Cellule 2
Prison civile de Mornaguia
Taoufik Ben Brik

► Le comité de soutien à Taoufik Ben Brick organise mercredi 18 novembre à 19 heures une soirée pour exiger la libération du journaliste, au 8 rue de la Banque, dans le IIe arrondissement de Paris.

http://www.rue89.com
Par Taoufik BEN BRIK - Publié dans : POESIE
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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /2009 23:49

إذا الشعب يوما أراد الحياة
 فلا بد أن يستجيب القدر
ولا بد لليل أن
ينجلي
ولابد للقيد أن ينكسر
ومن لم يعانقه شوق الحياة
تبخر في جوها واندثر
كذلك قالت لي الكائنات
وحدثني روحها المستتر
ودمدمت الريح بين الفجاج
وفوق الجبال وتحت الشجر:
إذا ما طمحت إلى غاية
ركبت المنى ونسيت الحذر
ومن لا يحب صعود الجبال
يعش ابد الدهر بين الحفر
فعجت بقلبي دماء الشباب
وضجت بصدري رياح أخر
وأطرقت أصغى لقصف الرعود
وعزف الرياح ووقع المطر
وقالت لي الأرض لما سالت:
يا أم هل تكرهين البشر ؟:
أبارك في الناس أهل الطموح
ومن يستلذ ركوب الخطر
وألعن من لا يماشي الزمان
ويقنع بالعيش ، عيش الحجر
هو الكون حي يحب الحياة
ويحتقر الميت مهما كبر
وقال لي الغاب في رقة
محببة مثل خفق الوتر
يجيء الشتاء شتاء الضباب
شتاء الثلوج شتاء المطر
فينطفئ السحر سحر الغصون
وسحر الزهور وسحر الثمر
وسحر السماء الشجي الوديع
وسحر المروج الشهي العطر
وتهوي الغصون وأوراقها
وأزهار عهد حبيب نضر
ويفنى الجميع كحلم بديع
تألق في مهجة واندثر
وتبقى الغصون التي حملت
ذخيرة عمر جميل عبر
معانقة وهي تحت الضباب
وتحت الثلوج وتحت المدر
لطيف الحياة الذي لا يمل
وقلب الربيع الشذي النضر
وحالمة بأغاني الطيور
وعطر الزهور وطعم المطر

Par TUNISIE STOP TORTURE - Publié dans : POESIE
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Mercredi 22 novembre 2006 3 22 /11 /2006 13:34

 

 

Ben Ali t’es arrivé

c’était pas la nuit, c’était pas l’été,

c’était l’aube, avec fusils et pistolets

le pouvoir t’as confisqué

à ce vieux malade et usé

au nom de la fraternité, de l’égalité,

t’as promis démocratie et liberté

à un peuple assoiffé et affamé.

Les bras tendus, ils t’ont acclamé

longtemps ils ont espéré

aujourd’hui ils sont désespérés

l’expression est muselée

la dignité est brimée, humiliée

la démocratie  bien assassinée.

Et le peuple en a marre, en a assez

combien encore tu vas t’accrocher,

il faut pas te leurrer.

Un jour, une nuit d’été

ton heure aussi va sonner

Et un autre plus avide, plus ravagé

viendra encore plus armé

te liquider sans pitié

Et le peuple désabusé et brisé

va sans faute crier

le Nouveau est arrivé

Vive la Liberté  
Par S.B de Lausanne - Publié dans : POESIE
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Vendredi 29 septembre 2006 5 29 /09 /2006 20:34

Un monde meilleur
Ici on combat nos fautes, on se bat pour les autres, pour que ce monde soit mieux entre autre mon pote

On veut être libre, être ivre de joie, vivre ici, ou là la la la la la la

Eh je jacte pour un monde meilleur, la vie est laide
Un peu moins de frayeurs d'horreurs, plus de joie et de courage
Un monde en couleur, que l'on s'entraide
Un peu plus de bonheur voilà ce qui m'obsède et me soulage
Dire que l'home respire, l'homme espère, a espoir, l'homme se doit, l'homme se bat à mes conspires
Pire l'homme tire
L'homme veut une ***** des seins neufs à la Vincent mc doom
Eh bon sang !
Tu veux du respect à revendre, moins de guerre et de sang car la paix à un goût de sang

Eh comprend !

Se bat-il pour vivre mieux pour l'argent ou contre la mafia de Dieu
On rêve du pays des merveilles on rêve d'y aller mais Rey y a pas d'oseille en tout cas pas assez
On veut du S.N.I.P du S.I.N.I.K
Moins de cow-boy à l'assemblé qui joue de l'harmonica

Ça ferait du bien de déposer le flingue et le métal
De voir posés les juifs et les arabes à la même table
Que tous les jeunes se raisonnent dans le réseau

Si 'l'ouvrier donnait les ordres,
Si les femmes violaient les hommes
Que la police arrête de faire du zèle
Ça irait mieux toi-même tu sais si les barrettes tombaient du ciel

C'est plutôt logique, les prisons seraient vides, si la justice pouvait faire preuve de psychologie
Si je sortais les billets de mon chapeau
Si nos darons et nos daronnes vivaient dans des châteaux

Car de nos jours, le travail c'est la folie
Si y a des *** n'oubliez pas que l'esclavage est abolit
Man, tous ces jeunes déguisés en pyromanes

Si l'Elisée nous comprenaient, si le président n'était pas mythomane

Tout va mieux quand le complice a les épaules
Les jeunes seraient moins bette si dans nos bled y'avait l'écoles

On veut moins de nichons à l'écran, changez vos méthodes

Moins de films cochon car le sexe est à la mode

Puis tout le monde s'en fout
Les conséquences sont nettes
Trop de fous de la braguette
Trop de marc dutrou
Trop de fléau
La météo part en vrille

Je veux un monde bio Nicolas Hulot me la dit
On veut plus voir les jeunes se buter dans les gares
Mais juste le real recruter dans le tier-quar

On ne veut plus de la machine qui prend des notes
On veut que K-maro soit mort, que Navarro soit des notres
Ça irait mieux si les gi arrêtaient les supplices

Si ce batard de Chirac habitait aux Ulis

On veut plus de ci moins de ça en verite tant d'addition pour une meilleure egalité
On veut Plus de sous moins de sang plus de peines
La vie de reve moins je lai plus je l'aime

Par SINIC & TUNISIANO - Publié dans : POESIE
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Mardi 26 septembre 2006 2 26 /09 /2006 01:02

Je sais de quel côté
Se cache la justice
Cette femme perfide
Aux yeux ensanglantés
Qui exige de l'homme
Les plus grands sacrifices
Et s'approche de l'autel
Les mains de blanc gantées?

Elle porte un drapeau
Tranchant comme une faux
Et décide de tout
En son âme et conscience?
Celui qui la trahit
Finit sur l'échafaud
Sous son regard de marbre
Cerné d'indifférence?

Elle puise ses mots
Dans une sainte Bible
Pour écrire ses lois
Sur un mur Jugement
Puis elle trace des têtes
Rondes comme des cibles
Pour y planter ses flèches
Surnommées Châtiment?

Elle prend des allures
De grande bienfaitrice
Mais ses fausses bontés
Sont un masque trompeur
Car son aile rassure
Et semble protectrice
Mais c'est avec sang-froid
Qu'elle écrase les coeurs?

Je sais de quel côté
Se cache la justice
Femme vêtue de noir
Attendant sur le seuil
Incertain de ta vie
Que s'ouvre un précipice?
Pour tes fautes à venir
Elle porte déjà le deuil.

Adriana Evangelizt

Par Adriana Evangelizt - Publié dans : POESIE
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Samedi 23 septembre 2006 6 23 /09 /2006 03:30

j'écris en silence
je crie dans l'indifférence
pour ceux qui sont sans voix
pour ceux qui sont sans toit

 j'écris pour les nouveau-nés
qu'on tue ou qu'on laisse à l'abandon
parce qu'ils sont filles et non garçons
pour les enfants qui ne vont pas à l'école
parce qu'ils travaillent ou qu'on les viole
exploités par des escrocs ou prostitués par des maquereaux

 j'écris pour ceux qui sont sans emploi
et qui n'en trouveront pas
pour les femmes que l'on bat
et celles qu'on jette sur le trottoir
qui vivent dans le désespoir

 j'écris faute de ne pouvoir crier
ma révolte face à la justice
celle qui s'impose celle qu'on trafique
celle des juges fantoches celle des policiers qui  tabassent et qui mettent des gens en prison sans procès ni raison

j'écris pour ceux qu'on torture
parce qu'ils revendiquent
parce qu'ils critiquent

j'écris pour tous ceux qu'on méprise
et qui ne peuvent se défendre
pour ceux qui meurent dans l'oubli
dans les souffrances
celles de la faim ou de la maladie

j'écris pour les victimes de la guerre
pour les réfugiés qui ont tout perdu
pour dénoncer les gouvernements
qui se ferment les yeux et qui laissent faire
parce que ces iniquités font bien leur affaire

j'écris parce que j'ai honte de ce que je suis
parce que j'ai honte de l'époque où je vis

j'écris pour ne pas me taire

je crie pour ne pas être complice en silence

j'écris tout fort

Par personne de talon - Publié dans : POESIE
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