ESPACE INFO

Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 23:25
Tunisie . Inhabituelles protestations du Quai d’Orsay sur le cas du journaliste qui risque cinq ans de prison.
Par CHRISTOPHE AYAD


Les droits de l’homme en Tunisie sont une rubrique à plein temps : les entrants, les sortants, les oubliés et les «vedettes»… Le journaliste Taoufik ben Brik mobilise l’attention et les inquiétudes du moment. Interdit de publication dans son propre pays, reclus chez lui, en proie à des tracasseries sans fin, TBB - comme le surnomment les familiers - en est réduit à proposer à la presse française des textes sur son sujet préféré : le président Zine el-Abidine ben Ali, son régime, son épouse, son palais, sa belle-famille, son argent, son culte de la personnalité…

Santé. Ben Brik a été arrêté et écroué le 29 octobre, quatre jours après la réélection triomphale (89,62% des voix) de Ben Ali à un cinquième mandat. Convoqué au commissariat pour une prétendue agression d’une femme dans la rue, Ben Brik a été directement envoyé à la prison de Bouchoucha, à Tunis. Sa famille, qui n’a pas pu lui rendre visite, est inquiète pour sa santé. Le journaliste doit être jugé jeudi à Tunis et encourt jusqu’à cinq ans de prison. Au printemps 2000, il avait fait plier le régime en observant 42 jours de grève de la faim afin de dénoncer les violations des droits de l’homme. Ben Ali ne lui a jamais pardonné cet affront et la procédure en cours ressemble fort à une vengeance. D’autant que TBB a multiplié à l’approche de la présidentielle les textes mordants et ironiques.

Le sort de Ben Brik et d’autres journalistes persécutés, comme Zouhair Makhlouf ou Slim Boukhdir, assiégé à son domicile par la police, a occasionné une inédite passe d’armes entre Paris et Tunis. Le porte-parole du Quai d’Orsay et Bernard Kouchner lui-même ont critiqué l’intransigeance du pouvoir tunisien : «Quand on a été élu pour la cinquième fois et qu’on dirige ce pays avec habileté, je pense que c’est inutile», a déclaré le chef de la diplomatie française.

Ces déclarations, totalement inhabituelles tant la France s’est jusque-là tue sur les droits de l’homme en Tunisie, ont suscité l’ire de Carthage. Le président Ben Ali en personne a annoncé avoir saisi l’Union du Maghreb arabe et l’Union africaine contre «une ingérence dans ses affaires intérieures». Même Bertrand Delanoë, traditionnel ami de la Tunisie, où il est né, s’est fait envoyer sur les roses pour avoir appelé «au respect strict des droits de l’homme en Tunisie». Seul Jean Daniel, le directeur du Nouvel Observateur (dont le site a publié des textes de Ben Brik), venu à Tunis à l’occasion de l’intronisation de Ben Ali, a eu droit à une vague promesse d’«intervenir», une fois que la justice - bien évidemment - «indépendante» se sera prononcée…

Torturé. Pendant que Paris et Tunis s’écharpent sur le cas Ben Brik, d’autres affaires, moins médiatisées, tissent la chronique déprimante des libertés en Tunisie : le militant étudiant Mohamed Soudani vient d’être condamné à quatre mois de prison ; le lycéen Amine Briouel a été torturé en prison lors de son interrogatoire ; l’ex-prisonnier politique Fethi Changol a été arrêté et emmené dans un lieu inconnu ; deux groupes d’une dizaine de jeunes sont passés en procès en vertu de la loi antiterroriste pour avoir tenu des «réunions illégales».Seule bonne nouvelle : un groupe de syndicalistes de la région de Gafsa, condamné à de lourdes peines de prison suite à l’agitation sociale de l’année dernière, a été libéré par grâce présidentielle le 7 novembre, pour le 22e anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Ben Ali.

http://www.liberation.fr
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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 22:28
Défense de rire. La télé Hannibal TV a diffusé un publireportage où l’on voit la famille Ben Ali se comporter comme “monsieur et madame tout le monde”.
Totalement ébahis, les Tunisiens ont récemment découvert, dans un sujet diffusé par la télévision privée Hannibal TV, le portrait d’une famille modèle : les Ben Ali. C’est le Buzz du Web tunisien

Surtout connu pour sa prodigieuse langue de bois et ses discours en arabe littéraire incompréhensibles au commun des mortels, Ben Ali commence à jouer le carte du bon père de famille (presque) accessible au public.

Dans une vidéo de trois minutes, on voit Ben à vie entouré des siens, jouant avec ses enfants, discutant avec son épouse et – cerise sur le gâteau - se faisant mordre le doigt par un de ses petits-enfants (oh, le vilain garçon !).

Leila Ben Ali n’est pas en reste. En bonne maman, cette dernière prépare le cartable du petit dernier et l’emmène elle-même en voiture (la populace doit comprendre que Madame n’a nul besoin de chauffeur ici !).

Pour compléter le tableau de cette famille décidément parfaite, on voit monsieur Gendre et nouveau député de la Nation, Sakhr El Materi, qui débarque chez les beaux-parents avec son épouse Nesrine et la marmaille tous contents de retrouver papy et mamy.

Et pour ceux qui n’auraient rien compris de cette mise en scène, un Vox Pop est organisé par Hannibal TV tout de suite après le reportage. Avec la spontanéité qu’on leur connaît lorsqu’il s’agit de commenter les prestations présidentielles, tous les Tunisiens se sont dits surpris et heureux de voir que le président est, tout compte fait, « comme nous ».

Le vieux Jean Daniel !
Deux autres « événements » (façon de parler) montrent un changement de cap dans la com’ présidentielle. Déjà, lors de la campagne électorale, le correspondant d’Associated Press avait noté que la garde autour de Ben Ali était moins nerveuse qu’à l’habitude et que ce dernier était beaucoup plus accessible aux citoyens venus l’acclamer.

Encore plus surprenant, Ben Ali a lui-même répondu, jeudi, à la question d’un journaliste de La Presse à qui on a dû souffler une question fort opportune.

Le président montait lui-même au créneau pour réagir à l’Appel sirupeux dans lequel l’inénarrable Jean Daniel disait vouloir « arracher la clémence du prince » pour obtenir la libération du journaliste Taoufik Ben Brik embastillé depuis le 29 octobre pour « agression, atteinte aux bonnes mœurs et dégradation de biens » (ah, ces journalistes qui se croient au dessus des lois !).

« Je ne compte pas répondre à notre ami Jean Daniel, vu son âge et son amitié pour la Tunisie », a maladroitement réagi le jeune homme de 73 ans. Tout simplement pathétique.

Mohamed Ettaieb

(Source : le blog « CHAKCHOUKA TUNISIENNE, UN BLOG PARFUMÉ AU JASMIN » hébergé par « Bakchich » (Hebdomadaire satirique – France), le 16 novembre 2009)

Lien: http://www.bakchich.info/Un-Ben-Ali-a-visage-humain-Le-Buzz,09302.html
Par Mohamed Ettaieb - Publié dans : ESPACE INFO
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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /2009 22:56

Journal le soir.belgiquePartager Aujourd'hui à 20:13 Tout arrive. Voilà que, sous la nouvelle ère d’Yves Leterme, les Affaires étrangères belges se lancent dans une opération « sus à la langue de bois » dont le régime tunisien du président Ben Ali fait les frais ! Un étonnant modèle de parler vrai au bénéfice d’une cause, les droits de l’homme, qui honore notre diplomatie. Par Baudouin Loos
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Les faits. Une sénatrice PS, Caroline Désir, avait adressé au ministre des Affaires étrangères une demande d’explications à propos des élections en Tunisie qui ont eu lieu le 25 octobre dernier. Le texte signé par l’élue était clair et sans ambages, qui évoquait les atteintes aux droits de l’homme (dont cette phrase : « La quasi absence de visibilité laissée à l’opposition lors de la période électorale, ni la manière dont l’opposition a été empêchée de faire son travail »). La réponse du ministre Leterme, lue par son collègue Etienne Schouppe jeudi au Sénat, vaut son pesant d’or en matière de franchise bien peu diplomatique. Qu’on en juge… Après avoir rappelé les points estimés positifs de la Tunisie (condition de la femme, lutte contre l’immigration clandestine et lutte contre le terrorisme, etc.), le texte souligne que « la Tunisie accuse un retard certain en matière de libertés politiques ». Jusque-là, tout va bien. Mais il continue : « Bien qu’elle se targue de placer les valeurs démocratiques au plus haut et d’avoir ratifié la grande majorité des conventions défendant les droits humains, force est de constater qu’il existe un fossé réel entre les pétitions de principe et la pratique ». Mais le « pire » est à venir. « Le déroulement des élections a une nouvelle fois mis en lumière certains manquements démocratiques dans le système politique tunisien, comme me l’a rapporté notre ambassade à Tunis : omniprésence du Président Ben Ali et de son parti, le RCD, musellement de l’opposition, accentuation de la répression des voix indépendantes, allégeance des institutions supposées garantir le caractère neutre des élections. Notre ambassade ne s’est pas contentée uniquement d’un travail d’analyse : nos diplomates ont, entre autres, entretenu des contacts avec tous les acteurs de l’opposition, autant vassale que réelle ; ils ont soutenu par leur présence des actions de représentants de la société civile et de défenseurs des droits de l’homme. Après les élections, notre ambassade à Tunis a activement participé à une initiative européenne faisant état des différents manquements démocratiques constatés pendant la période. Nos diplomates ont également rendu visite à Radhia Nasraoui, avocate défendant les droits de l’homme, victime de la pression policière pendant ces élections, et ils suivent actuellement de près le cas des personnes malmenées par le pouvoir à cause de leurs prises de position pendant la même période. Notre souci du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales dépasse le cadre des élections qui furent, il est vrai, un condensé de mauvaises pratiques. » Disons-le crûment : ce texte est un étonnant modèle de parler vrai, qui met au rancart la langue de bois et même la realpolitik au bénéfice d’une cause, les droits de l’homme, qui honore notre diplomatie.

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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 16:23

REPORTERS SANS FRONTIERES

COMMUNIQUE DE PRESSE
09.11.2009

TUNISIE
Le journaliste Taoufik Ben Brik fête ses 49 ans aujourd’hui en prison

« C’est le premier anniversaire que Taoufik ne passe pas avec nous. Cette situation nous attriste beaucoup, notamment les enfants », a déclaré, très émue, Azza Zarrad, la femme de Taoufik Ben Brik, à Reporters sans frontières. « Son avocat a pu lui rendre visite aujourd’hui à la prison de Mornaguia. Il est comme un lion en cage. Nous refusons ce procès de droit commun. S’il gêne, Taoufik doit avec un procès politique, pas le procès d’un vulgaire criminel. Mais je sais qu’il ne pourra jamais survivre à la prison », a-t-elle ajouté.
 
« Le cœur n'est pas à la fête pour la famille et les collègues du journaliste indépendant Taoufik Ben Brik qui va aujourd'hui fêter ses 49 ans, isolé dans une cellule d’une prison de la banlieue de Tunis. Rien n'y fait, les autorités tunisiennes s'obstinent à traiter Taoufik Ben Brik comme un criminel après avoir monté de toutes pièces une affaire d'agression, et sans prendre en compte son état de santé inquiétant », a déclaré Jean-François Julliard.
 
Ce 9 novembre 2009, Taoufik Ben Brik a 49 ans. Il s’était présenté le 29 octobre 2009 au commissariat, suite à une convocation pour la prétendue agression d’une femme dans la rue la semaine précédente. Le 30 octobre, le procureur de la République de Tunis a ordonné son placement sous mandat de dépôt, pour “atteinte aux bonnes mœurs“, “diffamation“, “agression“ et “détérioration des biens d’autrui“. Il risque jusqu’à cinq ans de prison ferme. Les autorités lui font ainsi payer ses articles pour les médias français (Nouvel Observateur et Mediapart). Son procès devrait commencer le 19 novembre. Taoufik Ben Brik est atteint du syndrome de Cushing, maladie chronique qui lui ôte toute immunité.

« L'obstination des autorités à punir ceux qui ont joué leur rôle de journalistes avant et pendant les élections controversées d'octobre dernier s'abat également sur notre collègue Slim Boukhdhir. Depuis près d'une semaine, son domicile est encerclé par des dizaines de policiers. Ce siège a pris un tournant inquiétant le 7 novembre, lorsque la police a interdit aux proches du journaliste, pendant plus de 36 heures, de venir lui rendre visite pour lui apporter les produits de première nécessité. Nous appelons à la levée totale de l'état de siège autour du domicile de Slim Boukhdhir qui a été violemment agressé juste après l’élection présidentielle », a ajouté l'organisation.
 
Le 7 novembre dans l’après-midi, les policiers, situés autour du domicile de Slim Boukhdhir à Tunis, ont interdit l’accès du domicile à toute personne qui venait rendre visite à la famille. La pression a été partiellement levée le 9 novembre au matin, avec l’autorisation à nouveau de visites pour le couple, qui a été privé de nourriture et de médicaments pendant plus de trente-six heures.

« Je suis en convalescence et ma fille de trois ans et demi est malade, mais les policiers ne laissaient pas mes amis venir me voir pour m'apporter de l'eau, de la nourriture et des médicaments. Hier, ils étaient une trentaine de policiers en civil et en tenue qui interdisaient l'entrée de ma maison. J’étais coupé du monde. Et pour la première fois, ils ont même installé des barrières en fer dans la rue. Mon épouse a peur de ce qui pourrait nous arriver, et ma fille est malade en raison du stress qui touche toute notre famille », a expliqué le journaliste à Reporters sans frontières, depuis son domicile.
 
Par ailleurs, Slim Boukhdhir reçoit, la nuit, des appels anonymes provenant de numéros tunisiens et la propriétaire de son logement vient de lui signifier qu'il devait quitter les lieux dans les meilleurs délais

Par RSF - Publié dans : ESPACE INFO
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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /2009 21:46

Un communiqué vient d'être mis sur le site de Tunisnews appelant les exilés à renoncer à leur statut de réfugiés, à se rendre auprès des consulats tunisiens et à se ranger dans la légalité du régime de Ben Ali.
Je dénonce cette initiative qui cherche à pactiser avec la maffia tunisienne au moment où elle vient de faire une démonstration de force, publique et ostentatoire, exhibant son mépris pour les moindres principes de la dignité humaine et des droits citoyens, au point de pousser ses plus grands soutiens comme Bertrand Delanoé à prendre leurs distances vis-à-vis d'un régime longtemps détesté et rejeté par dix millions de Tunisiens.
Je mets en garde mes compatriotes sur les graves conséquences de la renonciation à leur statut de réfugiés, statut qui est un droit légitime de protection contre la torture et toutes autres formes d'atteinte à la dignité humaine qui sont massivement pratiquées par le régime du général Ben Ali, et qui viennent de connaître une grave recrudescence.
En outre, renoncer à son statut de réfugié, ne nuit pas seulement à la protection des réfugiés, mais aussi au droit de protection de tous ceux qui ont des demandes en cours ou futures, car ce geste de renonciation pourrait être interprété par les organes habilités à juger des demandes d'asile comme la preuve d'un allégement de la dangerosité du régime tunisien, et de moindre risque de torture en Tunisie, ce qui est évidemment totalement faux. On imagine aisément que ce serait là un prétexte inespéré pour la France, par exemple, pour une application encore plus restrictive du droit d'asile pour les Tunisiens qui sont sous examen ou futurs requérants. Ce serait ruiner les efforts des ONG partout dans le monde qui oeuvrent pour le droit d'asile des Tunisiens, droits mis à mal par notamment par une Europe réactionnaire en matière des droits humains y compris pour ses propres citoyens.
Plus inquiétant encore, l'appel à l'opposition à se rendre armes et bagages à la dictature, ne peut être perçu par le régime que comme un signe de faiblesse de l'opposition et ne peut par conséquent que l'inciter à reboubler sa répression non seulement contre les opposants mais aussi contre le peuple tunisien d'une façon générale.
Nous avons tous une grande responsabilité historique face à un régime criminel et maffieux : c'est d'oeuvre ensemble pour le mettre hors d'état de nuire. Pour cela la Tunisie a plus que jamais besoin de tous ceux qui ont choisi - ou qui se trouvent- en exil. Il leur incombe d'être eux aux avant-postes dans le combat et la lutte contre les bourreaux et tortionnaires de notre peuple pris en ôtage par une poignée d'aventuriers sans foi ni loi.


A bas la dictature, à bas la maffia de Carthage, et vive la lutte jusqu'à la libération de la Tunisie de ses despotes oppresseurs et criminels.


Paris, le 5 novembre 2009
Mondher.Sfar@club-internet.fr

Par MONDHER SFAR - Publié dans : ESPACE INFO
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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /2009 00:34
Kalthoum Kennou a bien montré que la résistance est possible contre ceux et celles qui bafouent la justice et ne veulent pas qu'elle soit indépendante et ceux et celles qui empêchent les femmes et les hommes, magistrats de leur profession, de s'organiser comme il convient de le faire dans une association pro...fessionnelle pour défendre leurs intérêts. Malgré tout ce qu'a enduré cette femme magistrate, ainsi que ses camarades, comme privations et humiliations ; elle demeure debout, la tête haute, fière de son apport pour la construction d'un Etat de droit au sens le plus strict. Elle vient d'être privée de justice, elle, qui toute sa vie professionnelle durant, n'a fait que rendre justice, selon sa conscience, aux citoyens ayant subit les injustices. Elle l'a fait et continue de le faire pour servir ses concitoyens et contribuer à instaurer les valeurs éthiques d'équité dans son pays qui lui est cher. Se battre en Tunisie pour une cause si noble ne se fait qu'en payant le prix et Kennou vient de le payer parce qu'elle est une vraie militante du droit.
Par TUNISIE STOP TORTURE - Publié dans : ESPACE INFO
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 23:54

Quand les Trabelsi se réunissent en conclave, c’est pour voir comment faire la peau aux opposants. Charmant. Ben Ali ne l’a jamais osé, Leïla est en passe de le concrétiser. Il s’agit des liquidations politiques. En 22 ans de règne policier et brutal, Amnesty International a enregistré quelques quarante morts sous la torture, en particulier des islamistes. Par ailleurs, d’autres organisations de défense des drois de l’homme, tunisiennes ou étrangères, ont recensé des milliers d’exactions, d’agressions et de bavures policières de la part de la flicaille du président Ben Ali. Mais hormis la tentative d’assassinat du journaliste Ryadh Ben Fadhl en 2000, au lendemain de sa publication d’un article pourtant mesuré dans les colonnes du « Monde diplomatique », la Tunisie n’est pas connue pour franchir le pas et assassiner ses opposants comme on a pu le voir au Maroc ou en Syrie. Pourtant, c’est de cela que l’on a récemment discuté au sein du clan Trabelsi. Nos informateurs sont formels, catégoriques : l’hypothèse de liquidations politiques est plus que retenue. Selon nos sources, « chez les Trabelsi, la seule hypothèse qu’ils n’aient pas envisagée est de laisser le pouvoir leur échapper et leurs milliards volés partir en fumée. Ils ne tiennent en aucune façon à revenir là où ils étaient avant que Ben Ali ne leur confie les coffres de l’Etat et les richesses du pays. Pour cela, ils sont prêts à tout. De plus, ils ne raisonnent pas en politiques, ils raisonnent en clan menacé ». Voilà qui a le mérite d’être clair. Ainsi, au cours des conclaves du clan Trabelsi qui n’ont pas échappé à plusieurs observateurs avertis du régime tunisien qui voient le pays partir à vau-l’eau, Belhassen Trabelsi, le frère préféré de Leila qui est en contact permanent avec sa Zinochette de soeur, a considéré qu’« assassiner un activiste servira d’exemple et calmera le plus grand nombre face à la contestation qui s’élargit. La presse étrangère qui ne nous est pas acquise gueulera, et tout le monde oubliera vite ». Un clan trop nerveux De l’avis de tous, les Trabelsi sont très nerveux en ce moment. Trop nerveux. Et ils flirtent avec la ligne rouge. La conduite de Leïla Ben Ali pendant la “campagne” pour les dernières élections présidentielles a laissé entrevoir sa crispation et son énervement à la suite de la publication à Paris du livre « La Régente de Carthage ». L’ouvrage a d’ailleurs coûté son poste au ministre de la Communication, Rabeh Dekhil. Il en est de même des menaces présidentielles à la veille du scrutin, menaces suivies d’effet puisque pas moins de cinq journalistes ont été déjà tabassés ou incarcérés depuis le 26 octobre. Quelques jours auparavant, la sauvage agression du secrétaire général du parti ouvrier communiste tunisien (POCT), Hamma Hammami, et le sabotage de la voiture du numéro 2 du CPR, Abderraouf Ayadi, où l’on a mis un produit inflammable dans son réservoir, ôtent tout doute sur les intentions du clan et sur la frilosité du régime. Pour ce qui est d’opérations éventuelles en dehors de Tunisie, les services européens ont été avertis à Londres et Paris notamment. Et, semble-t-il, prennent au sérieux cette thèse de graves agressions sur leurs sols… Bras de fer entre Ben Ali et Leila Dans ce contexte, les proches de Ben Ali (particulièrement ses premières filles et son ministre de la Défense, Kamel Morjane, bien vu des Américains) ont entamé un tour de force pour le dissuader de laisser les mains libres à Zinochette. L’objet de leur courroux : les calculs de Leila pour faire nommer le patron des patrons, Hedi Jilani, le 14 novembre prochain, à la présidence de l’Assemblée nationale. Si d’aventure le président Ben Ali venait à décéder, c’est cet homme, valet des Trabelsi, qui assurerait alors l’intérim… Le chef de l’Etat, épuisé, a déjà demandé à l’actuel Président de l’Assemblée, Foued Mebazza, de rester en poste. Ce que ce dernier ne semble pas souhaiter, essayant de pousser en avant l’actuel maire de Tunis, Abbes Mohsen. Une ambiance électrique règne donc au sommet de l’Etat où la mafia règle ses comptes par elle et pour elle, ignorant que onze millions de Tunisiens sont concernées par ce jeu de massacres qui se déroule en coulisses. Quand Sakhr Materi évoque « La Régente de Carthage » sur ses deux quotidiens Quelle mouche a donc piqué Sakhr Materi, le gendre de Ben Ali et Leila, pour laisser évoquer le livre « La Régente de Carthage » dans les quotidiens du Groupe Essabah sur lequel il a mis la main ? C’est en tout cas la question qu’a posée le 8 octobre Ben Ali en personne. Comment ? En téléphonant furieux à son ministre de la Communication, Rabeh Dekhil. Ce dernier a alors répondu qu’il n’avait aucune emprise sur les quotidiens de Dar Essabah. Ce qui n’est pas faux : le gendre gominé du Président bénéficie d’un traitement particulier. Fou de rage, Ben Ali a insulté le ministre comme son gendre avant de raccrocher le téléphone. Lorsque Sakhr Materi est rentré de voyage peu de temps après, Rabeh Dekhil a alors fait part à l’héritier de la colère de son beau-père. C’en était trop. Ben Ali l’a limogé sur le champ, le samedi 10 octobre. Il aura fallu tout le tact de notre gominé pour calmer l’ire présidentielle. Résultat : Rabeh Dekhil sera envoyé dans les prochains jours comme ambassadeur à Berlin, en Allemagne. Voilà comment on limoge un ministre et comment on nomme un ambassadeur en Tunisie. Avec Zinochet et Zinochette, on n’a pas fini de découvrir des recettes pour gouverner un pays….

Slim BAGGA www.bakchich.info chakchouka tunisienne 3/11/2009, 18h 27

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Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /2009 23:48
Ben Ali emprisonne 
les journalistes tunisiens
 
À peine élu avec près de 90% des voix, le potentat, félicité par Nicolas Sarkozy, 
s’en prend aussitôt à tous ceux qui critiquent ses pratiques antidémocratiques.
Zine El Abidine Ben Ali, pourtant réélu président de la république tunisienne avec près de 90 % des suffrages – c’est en tout cas ce qu’a officiellement annoncé la commission électorale – n’est peut-être pas si sûr de sa victoire, si ce n’est en arithmétique, en tout cas dans le cœur des Tunisiens. Trois journalistes, Taoufik Ben Brik, Slim Boukhdir et Mouldi Zouabi, viennent de subir la colère de celui qui se comporte plus comme un monarque que comme un président élu.
Nos trois confrères n’ont pas ménagé leurs critiques à l’occasion de la campagne pour l’élection présidentielle de dimanche dernier. Il est vrai aussi qu’à la veille du scrutin Ben Ali avait stigmatisé ceux qu’il avait qualifiés de « minorité infime de Tunisiens qui dénigrent leur pays en s’appuyant sur des parties étrangères ». La vieille ficelle pour museler l’opposition, surtout de gauche et démocratique. Ce n’est sans doute pas pour rien si une bonne partie des islamistes tunisiens soutiennent maintenant Ben Ali.
Le 29 octobre 2009, Taoufik Ben Brik, journaliste et membre fondateur du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), a été écroué dans un centre de détention. Hier, il a été transféré à la prison de Mornaguia à 20 km au nord de Tunis. La veille, Slim Boukhdir, journaliste et membre fondateur de l’association de défense des libertés Liberté et équité, a été victime d’un enlèvement devant chez lui par des inconnus en civil, qui lui ont bandé les yeux, l’ont forcé à monter à bord d’un véhicule puis l’ont conduit sur la colline du Belvédère où ils l’ont passé à tabac. Le même jour, des inconnus ont tenté à trois reprises de forcer la porte du domicile de Mouldi Zouabi, correspondant d’un journal panarabe basé à Londres, Al Quds Al Arabi.
Rien d’étonnant à cela lorsqu’on sait de quoi est capable le régime tunisien. Notre consœur Florence Beaugé en a récemment fait les frais, interdite d’entrée sur le territoire et victime d’une campagne de calomnies de la part d’une presse aux ordres. Plus surprenante en revanche est la réaction des autorités françaises, au lendemain de la présidentielle. Nicolas Sarkozy a immédiatement adressé ses « plus vives félicitations » à Ben Ali, lui souhaitant « succès et réussite » et exprimant sa satisfaction pour « le niveau excellent atteint par les relations tuniso-françaises ».
Pierre Barbancey
(Source: "L´ Humanité" (Quotidien - France) le 31 octobre 2009)
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /2009 22:47

Reporters sans frontières condamne fermement la décision, le 30 octobre 2009, du procureur de la République de Tunis de placer Taoufik Ben Brik sous mandat de dépôt, pour “atteinte aux bonnes mœurs“, “diffamation“, “agression“ et “détérioration des biens d’autrui“.

« Cette affaire est montée de toutes pièces pour que Taoufik Ben Brik croupisse en prison. Alors que cette voix dissidente a besoin de soins médicaux réguliers pour traiter le syndrome de Cushing dont il est atteint, les autorités choisissent la politique du pire. Nous demandons sa libération pour des raisons humanitaires dans l’attente de son procès », a déclaré l’organisation.

Taoufik Ben Brik est atteint du syndrome de Cushing, maladie chronique qui lui ôte toute immunité. Cette pathologie grave nécessite qu’il prenne des médicaments à heures fixes et régulières, sans quoi son état de santé risque de se détériorer rapidement. Dépourvu de toute immunité, il est indispensable qu’il soit placé dans un endroit propre et chauffé.

Face au silence du ministre tunisien de la Communication, M. Romdhani, Reporters sans frontières a saisi aujourd’hui les autorités pénitentiaires tunisiennes afin qu’en attente de sa libération, Monsieur Ben Brik puisse prendre ses médicaments et ce aux heures fixées par ses médecins, et que ses conditions de détention soient en adéquation avec son état de santé très fragile. L’organisation a également saisi sur cette affaire le ministre français des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, l’ambassadeur de France en Tunisie et l’ambassadeur des Etats-Unis à Tunis.

Taoufik Ben Brik s’était présenté la veille à 10h au commissariat, suite à une convocation pour la prétendue agression d’une femme dans la rue la semaine passée. Le journaliste a été transféré à la prison de Mornaguia à 20 km au nord de Tunis. Il risque jusqu’à trois ans de prison ferme. Son procès devrait commencer le 19 novembre.

 L’organisation rappelle la violente agression de son correspondant Slim Boukhdhir  le 28 octobre 2009. Le même jour, des inconnus ont tenté à trois reprises de forcer la porte du domicile de Mouldi Zouabi, correspondant en Tunisie du journal panarabe basé à Londres Al-Quds Al-Arabi, du site Internet de la chaîne satellitaire Al-Arabiya. En outre, Zouhair Makhlouf, incarcéré depuis le 21 octobre 2009 à la prison de Mornaguia, comparaîtra devant le tribunal de première instance de Grombalia le 3 novembre 2009.

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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /2009 22:40

Quelques jours après la réélection de Zine El Abidine Ben Ali pour un cinquième mandat, le journaliste opposant au régime tunisien, Ben Brik a été arrêté et jeté en prison.

La raison invoquée : un incident de la circulation aux circonstances curieuses. Selon l’avocat du journaliste, Me Ahmed Néjib Chebbi, son client « était dans sa voiture en stationnement avec sa fille quand un véhicule l’a percuté par l’arrière. La conductrice l’a insulté et accusé d’avoir endommagé son véhicule et a porté plainte pour violences et insultes ».
Régulièrement harcelé pour ses articles critiques, Taoufik Ben Brik paie-t-il encore pour ses positions et ses écrits, notamment sur la dernière élection présidentielle ? La réponse vient du journaliste lui-même : « Ben Ali a menacé tout le monde, surtout ceux qui livrent le pays en pâture à l’étranger. Mes contributions à des médias étrangers – Nouvelobs.com, Mediapart, Rue 89, Courrier international – l’énervent. » D’après l’ONG internationale Reporter sans frontières, Taoufik Ben Brik a été transféré à la prison de Mornaguia, située à 20 km au nord de Tunis. Il encourt une peine de prison qui peut aller jusqu’à 18 mois de prison ferme. Pour RSF, l’affaire pour laquelle Ben Brik a été arrêté relève d’une « manipulation » du régime tunisien pour faire payer au journaliste ses positions critiques à l’endroit notamment du président Ben Ali. RSF appelle ainsi la communauté internationale à réagir pour mettre un terme à « ces agissements dignes d’un gouvernement mafieux ». Accompagné d’une vingtaine d’avocats et amis, Taoufik Ben Brik s’était rendu de lui-même au poste de police, jeudi dernier, répondant à une convocation au sujet de l’incident susmentionné.
L’avocat de Ben Brik s’est inquiété, par ailleurs, du sort d’un correspondant d’un journal en ligne en grève de la faim depuis son arrestation le 20 octobre. Il s’agit de Zouhaïer Makhlouf qui comparaîtra le 3 novembre pour usurpation du titre de journaliste après avoir tourné un reportage dans une zone industrielle à Nabeul (nord-est), a indiqué à la presse l’avocat. Un autre journaliste, Slim Boukhdhir, fondateur de l’association Liberté et Equité, a été agressé à Tunis. Plusieurs associations internationales ont dénoncé l’arrestation de Ben Brik et d’une manière générale la répression qui s’abat sur les journalistes et autres opposants en Tunisie. Taoufik Ben Brik n’est pas à ses premiers démêlés avec la justice. Le régime de Ben Ali l’a fait plusieurs fois traîner devant les tribunaux. Il avait fait en 2000 six semaines de grève de la faim pour protester contre les atteintes aux droits de l’homme dans son pays. Le gouvernement tunisien ne s’est nullement exprimé sur cette arrestation. Mais l’avocat de Ben Brik reste convaincu que « la seule explication se trouve dans la série d’articles publiés récemment par le journaliste dans la presse française ». Dans le dernier rapport de RSF sur l’état de la liberté de la presse dans le monde, la Tunisie figurait en 154e position sur 175 pays figurant dans le classement. Ainsi, la chape de plomb continue d’étouffer la presse tunisienne.
Par M. A. O
(Source: "El-Watan" (Quotidien - Algerie) le 31 octobre 2009)

Par TUNISIE STOP TORTURE - Publié dans : ESPACE INFO
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