"Vive la Tunisie sans Ben Ali" : Tunis explose de joie

Publié le par TUNISIE STOP TORTURE

 

TUNIS, (TNA) 

 

On s’embrasse, crie, hurle, siffle, se congratule, klaxonne, danse, chante : c’est une explosion de joie qui envahit les rues de Tunis. Le président Zine el-Abidine Ben Ali vient de démissionner, sous la pression du peuple. Une "révolution de jasmins" qui n’a pris que deux jours et n’a pas fait couler le sang.

"Je n’arrive pas à croire que tout cela est vrai. Quand je suis née, il était déjà directeur de la Sécurité militaire. Quand je me suis mariée, il était président de la république. Quand je suis devenue mère, il était toujours là. Je craignais qu’il ne soit là quand je serai grand-mère" : pour Mejda Rahmouni, juriste de 32 ans, "la Tunisie entre enfin dans son XXIe siècle, celui du bonheur et de la liberté".

Les Tunisiens ont oublié ce soir que Ben Ali, qui a dominé la vie politique de la Tunisie depuis 1987 et jusqu’à sa démission forcée dimanche, avait su, du temps de la guerre civile en Algérie, faire de la petite république tunisienne un îlot de bien-être, et qu’il fut l’un des principaux artisans de l’accord d’association avec l’Europe.

Ils ne gardent en mémoire que la corruption massive engendrée par son système de pouvoir et la lassitude de vivre depuis quinze ans sans liberté d’expression ni respect des droits humains les plus élémentaires.

La Tunisie se sent libérée. "Les voix, qui avaient été ignorées et volées lors des législatives, sont finalement reconnues", dit Omar, hilare. La falsification du scrutin, dénoncée par l’opposition radicale, a été l’un des principaux moteurs de la mobilisation de la population.

Et, de mémoire de Tunisiens, Tunis n’avait jamais vu une si grande manifestation que celle organisée samedi. 50.000 personnes, 100.000, et même peut-être plus. L’opposition, sans résistance des forces de l’ordre, a pris le contrôle du parlement, du palais de la présidence à Carthage, pour finalement obtenir le départ du chef de l’Etat.

"Qui va prendre votre succession ?" "Ce n’est plus mon problème", déclare Ben Ali sur la chaîne de télévision officielle Canal 7. Un écran géant installé devant le Parlement au Bardo, où des milliers de partisans de l’opposition campent depuis samedi, retransmet les images.

La foule hurle. Des feux d’artifice éclatent. Les rues se remplissent à une vitesse folle. "Vive la Tunisie sans Ben Ali". "A notre victoire". La musique éclate. Les klaxons ne s’arrêtent plus. On danse, on se promène les enfants sur les épaules, drapés dans le drapeau tunisien.

"Liberté, Fraternité, Egalité" : dans le désordre, mais en français, une banderole géante affiche le slogan sur un abri-bus. "Good Bye Zaba !", dit une autre en anglais.

Mounir Mokrani, leader du Mouvement national, qui a pris la tête de la contestation depuis trois semaines, vit "le plus beau jour de sa vie".

Il l’avait déjà dit samedi, alors que l’hymne national résonnait pour l’opposition dans le Parlement envahi par ses partisans.

Dimanche, le bonheur est à son comble. "La décision courageuse de Ben Ali restera dans l’histoire", dit-il en sortant de la résidence du président à Hammamet où il était entré peu de temps auparavant accompagné de Béchir Lahmar, un des leaders du Bloc démocratique.

Ben Ali, le vieux "super-flic" de Bourguiba, fatigué, lui, "rentre à la maison". "Ce n’est pas une tragédie", confie-t-il très dignement : "j’ai beaucoup de travail, je vais pouvoir me dédier entièrement à la préparation de mon bac".


Source . http://www.tunezine.com/article.php3?id_article=8

 
Omar Khayyâm


Omar Khayyâm

Publié dans CHRONIQUE

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phmbe 16/01/2011 19:17


Bonne chance pour la suite. J'espere que les differents etats dans lesquels cette pourriture de ben ali avait des actifs les gelerons et les redonnerons au peuple tunisien.