Tunisie: libération du l'ex-président du mouvement islamiste Ennahdha

Publié le par TUNISIE STOP TORTURE

30/10/2010 16:55
TUNIS, 30 oct 2010  


L'ancien président du mouvement islamiste tunisien interdit Ennahdha (Renaissance), Sadok Chourou, a été libéré samedi après avoir purgé la totalité de sa peine, a déclaré son avocat.
 
Sadok Chourou, 63 ans, avait été condamné en décembre 2008 à un an de prison pour "maintien d'une association illégale", en l'occurrence Ennahdha.
 
En plus de cette peine, M. Chourou a passé aussi dix mois dans la prison d'Ennadhour à Bizerte (60 km de Tunis), reliquat d'une autre peine à laquelle il avait été condamné avant d'être gracié en novembre 2008, a précisé à l'AFP son avocat Samir Ben Amor.
 
Le verdict a été rendu par la Cour d'appel de Tunis devant laquelle cet opposant islamiste s'était défendu en se présentant comme victime d'un "procès politique" qui visait à le réduire au silence.
 
M. Chourou s'est vu reprocher d'avoir "repris des activités, renoué le contact avec ses partisans et parlé au nom du mouvement interdit" peu de temps après sa libération conditionnelle en novembre 2008 qui avait mis fin à 18 années de réclusion.
 
Ces accusations reposaient sur des déclarations diffusées par le site "islamonline" et la télévision Al-Hiwar (Le Dialogue, Londres), où M. Chourou s'était exprimé sur la situation politique et s'était plaint de torture durant sa détention.
 
Il avait revendiqué son adhésion idéologique au parti Ennahdha dissous et défendu son droit d'expression. Il avait démenti avoir entrepris la restructuration de son parti mais confirmé souhaiter le voir un jour participer "légalement" à la vie politique.
 
La création de partis sur des bases religieuses est interdite par la loi tunisienne.
 
Physicien universitaire, Sadok Chourou a dirigé Ennahdha après l'exil volontaire de son chef Rached Ghannouchi en 1988, avant d'être condamné à la réclusion à perpétuité en 1991 lors des procès ayant suivi le démantèlement du mouvement islamiste. Cette peine a été réduite au cours des années.
 
Il fait partie des 21 derniers opposants libérés parmi les partisans d'Ennahdha, parti accusé de complot contre le pouvoir et qualifié d'"organisation extrémiste interdite qui prône l'atteinte aux biens et aux personnes pour réaliser ses objectifs".

Publié dans ESPACE INFO

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