Taoufik Ben Brik, malade, encourt jusqu’à trois ans de prison

Publié le par TUNISIE STOP TORTURE

Reporters sans frontières condamne fermement la décision, le 30 octobre 2009, du procureur de la République de Tunis de placer Taoufik Ben Brik sous mandat de dépôt, pour “atteinte aux bonnes mœurs“, “diffamation“, “agression“ et “détérioration des biens d’autrui“.

« Cette affaire est montée de toutes pièces pour que Taoufik Ben Brik croupisse en prison. Alors que cette voix dissidente a besoin de soins médicaux réguliers pour traiter le syndrome de Cushing dont il est atteint, les autorités choisissent la politique du pire. Nous demandons sa libération pour des raisons humanitaires dans l’attente de son procès », a déclaré l’organisation.

Taoufik Ben Brik est atteint du syndrome de Cushing, maladie chronique qui lui ôte toute immunité. Cette pathologie grave nécessite qu’il prenne des médicaments à heures fixes et régulières, sans quoi son état de santé risque de se détériorer rapidement. Dépourvu de toute immunité, il est indispensable qu’il soit placé dans un endroit propre et chauffé.

Face au silence du ministre tunisien de la Communication, M. Romdhani, Reporters sans frontières a saisi aujourd’hui les autorités pénitentiaires tunisiennes afin qu’en attente de sa libération, Monsieur Ben Brik puisse prendre ses médicaments et ce aux heures fixées par ses médecins, et que ses conditions de détention soient en adéquation avec son état de santé très fragile. L’organisation a également saisi sur cette affaire le ministre français des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, l’ambassadeur de France en Tunisie et l’ambassadeur des Etats-Unis à Tunis.

Taoufik Ben Brik s’était présenté la veille à 10h au commissariat, suite à une convocation pour la prétendue agression d’une femme dans la rue la semaine passée. Le journaliste a été transféré à la prison de Mornaguia à 20 km au nord de Tunis. Il risque jusqu’à trois ans de prison ferme. Son procès devrait commencer le 19 novembre.

 L’organisation rappelle la violente agression de son correspondant Slim Boukhdhir  le 28 octobre 2009. Le même jour, des inconnus ont tenté à trois reprises de forcer la porte du domicile de Mouldi Zouabi, correspondant en Tunisie du journal panarabe basé à Londres Al-Quds Al-Arabi, du site Internet de la chaîne satellitaire Al-Arabiya. En outre, Zouhair Makhlouf, incarcéré depuis le 21 octobre 2009 à la prison de Mornaguia, comparaîtra devant le tribunal de première instance de Grombalia le 3 novembre 2009.

Publié dans ESPACE INFO

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