Taoufik Ben Brik jeté en prison. Le piège honteux du régime de Ben Ali ;

Publié le par TUNISIE STOP TORTURE

Quelques jours après la réélection de Zine El Abidine Ben Ali pour un cinquième mandat, le journaliste opposant au régime tunisien, Ben Brik a été arrêté et jeté en prison.

La raison invoquée : un incident de la circulation aux circonstances curieuses. Selon l’avocat du journaliste, Me Ahmed Néjib Chebbi, son client « était dans sa voiture en stationnement avec sa fille quand un véhicule l’a percuté par l’arrière. La conductrice l’a insulté et accusé d’avoir endommagé son véhicule et a porté plainte pour violences et insultes ».
Régulièrement harcelé pour ses articles critiques, Taoufik Ben Brik paie-t-il encore pour ses positions et ses écrits, notamment sur la dernière élection présidentielle ? La réponse vient du journaliste lui-même : « Ben Ali a menacé tout le monde, surtout ceux qui livrent le pays en pâture à l’étranger. Mes contributions à des médias étrangers – Nouvelobs.com, Mediapart, Rue 89, Courrier international – l’énervent. » D’après l’ONG internationale Reporter sans frontières, Taoufik Ben Brik a été transféré à la prison de Mornaguia, située à 20 km au nord de Tunis. Il encourt une peine de prison qui peut aller jusqu’à 18 mois de prison ferme. Pour RSF, l’affaire pour laquelle Ben Brik a été arrêté relève d’une « manipulation » du régime tunisien pour faire payer au journaliste ses positions critiques à l’endroit notamment du président Ben Ali. RSF appelle ainsi la communauté internationale à réagir pour mettre un terme à « ces agissements dignes d’un gouvernement mafieux ». Accompagné d’une vingtaine d’avocats et amis, Taoufik Ben Brik s’était rendu de lui-même au poste de police, jeudi dernier, répondant à une convocation au sujet de l’incident susmentionné.
L’avocat de Ben Brik s’est inquiété, par ailleurs, du sort d’un correspondant d’un journal en ligne en grève de la faim depuis son arrestation le 20 octobre. Il s’agit de Zouhaïer Makhlouf qui comparaîtra le 3 novembre pour usurpation du titre de journaliste après avoir tourné un reportage dans une zone industrielle à Nabeul (nord-est), a indiqué à la presse l’avocat. Un autre journaliste, Slim Boukhdhir, fondateur de l’association Liberté et Equité, a été agressé à Tunis. Plusieurs associations internationales ont dénoncé l’arrestation de Ben Brik et d’une manière générale la répression qui s’abat sur les journalistes et autres opposants en Tunisie. Taoufik Ben Brik n’est pas à ses premiers démêlés avec la justice. Le régime de Ben Ali l’a fait plusieurs fois traîner devant les tribunaux. Il avait fait en 2000 six semaines de grève de la faim pour protester contre les atteintes aux droits de l’homme dans son pays. Le gouvernement tunisien ne s’est nullement exprimé sur cette arrestation. Mais l’avocat de Ben Brik reste convaincu que « la seule explication se trouve dans la série d’articles publiés récemment par le journaliste dans la presse française ». Dans le dernier rapport de RSF sur l’état de la liberté de la presse dans le monde, la Tunisie figurait en 154e position sur 175 pays figurant dans le classement. Ainsi, la chape de plomb continue d’étouffer la presse tunisienne.
Par M. A. O
(Source: "El-Watan" (Quotidien - Algerie) le 31 octobre 2009)

Publié dans ESPACE INFO

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