L'Iran devant le Conseil des droits de l'homme la semaine prochaine

Publié le par Annegret Mathari

 ATS, le 11 février 2010 à 11h06

Genève (ats)
Les droits de l'homme en Iran seront la semaine prochaine sous la loupe des 191 autres Etats membres de l'ONU. Les représentants de Téhéran seront questionnés pendant trois heures lundi lors de l'examen périodique des pays au Conseil des droits de l'homme.
Plusieurs Etats ont déjà formulé des questions à l'avance par écrit. La République tchèque et le Danemark veulent savoir pourquoi l'Iran n'a pas adopté la Convention de l'ONU interdisant la torture et si Téhéran a l'intention de le faire.
La Suède se demande quelles mesures l'Iran a mises en oeuvre pour enquêter sur des cas de torture après l'élection présidentielle controversée l'été dernier et pour traduire les responsables en justice.
La peine de mort, surtout pour les mineurs, et les peines comme la lapidation, l'amputation ou encore les coups de fouet sont contestées. Le Japon demande si ces peines ont été retirées dans le code pénal révisé.
La rapporteuse sur la violence contre les femmes avait critiqué en 2006 lors de sa visite en Iran le nombre important de femmes condamnées à la peine capitale. Au total, 200 des 397 femmes détenues à la prison d'Evin à Téhéran ont été condamnées en raison de "crimes de moralité".
Lapidés en raison d'un divorce
Plusieurs rapporteurs de l'ONU avaient protesté en 2008 parce que huit femmes et un homme avaient été condamnés à la peine capitale par lapidation en raison d'un divorce.

Des rapporteurs ont également protesté l'été dernier contre le fait qu'au moins vingt personnes avaient été tuées et des centaines d'autres blessées dans les heurts avec les forces de sécurité après l'élection présidentielle. L'Allemagne veut savoir si ces cas ont été examinés jusqu'à présent.
La Suisse, qui a lancé un dialogue régulier sur les droits de l'homme avec l'Iran, veut elle aussi utiliser la possibilité la semaine prochaine de se renseigner sur des dysfonctionnements.
Trois rapports sont à l'origine du débat au Conseil des droits de l'homme de l'ONU. L'un d'entre eux a été établi par le gouvernement iranien et les deux autres par le Haut-commissariat des droits de l'homme de l'ONU. Les derniers rassemblent les affirmations et les contestations des cercles des droits de l'homme de l'ONU, dont des rapporteurs indépendants, et d'ONG.
Améliorer les droits des femmes
L'Iran souligne notamment dans son rapport gouvernemental sa collaboration avec les cercles des droits de l'homme de l'ONU et cite notamment comme élément positif le fait que le taux d'analphabètes depuis la Révolution islamique soit passé de plus de la moitié de la population à 15%.
Mais la Norvège objecte que si 60% des étudiants dans les universités iraniennes sont des femmes, environ un tiers des femmes sont au chômage. Elle demande ce que Téhéran met en oeuvre pour que les hommes et les femmes aient un accès équitable au marché du travail.
Les droits des femmes, inférieurs en Iran à ceux des hommes, sont critiqués par de nombreux pays, tout comme la censure dans les médias et sur Internet ou encore les carences en matière de liberté d'opinion.
Téhéran se plaint en revanche des sanctions économiques décidées par des Etats occidentaux ou par le Conseil de sécurité de l'ONU.
L'Iran estime que ces mesures restreignent le droit des Iraniens au développement.

(Source : www.rsr.ch (Suisse), le 11 février 2010

Publié dans SANS FRONTIERES

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