L’assassinat de Mohammed Mejri par les agents de la Sûreté de la Cité Helal à Tunis

Publié le par TUNISIE STOP TORTURE

Mohammed Mejri a rendu visite à son frère jumeau à la prison de Siliana vendredi 19 novembre 2010, lui a acheté des cigarettes à la cantine de la prison, lui a déposé de l’argent sous forme de mandat, et il lui a apporté un couffin de nourriture. Lorsqu’il a quitté la prison, il a été conduit au poste de la Sûreté de Siliana sous prétexte qu’il était soupçonné de s’adonner à la drogue et il a été arrêté. Une femme a téléphoné à sa famille disant que le mort l’avait rencontré devant la prison et lui avait demandé d’informer sa famille en cas d’arrestation par des agents de la Sûreté qui le suivaient. Il lui a donné le numéro du domicile de ses parents à Tunis. Lorsque le drame est survenu et que la victime a été arrêtée par les agents, cette femme a informé sa famille. Son père a alors contacté la prison par téléphone, puis le poste de la Sûreté de Siliana qui l’a informé de l’arrestation de son fils et lui a affirmé qu’il serait déféré le samedi suivant ou le lundi devant la justice, mais on ne lui a pas dit les accusations portées contre lui. Mohammed Mejri a été transporté par des agents relevant du poste de la Sûreté de Siliana au service de réanimation de Montfleury à Tunis pour y faire pratiquer des examens visant à démontrer qu’il s’adonnait à la drogue. C’est là que Mejri a pu s’échapper des mains des agents et s’est enfui vers son domicile non loin de l’hôpital. Mais il a été pris en chasse et rattrapé dans son quartier. Il a subi des violences à deux reprises, la première à proximité de son domicile, la seconde dans le parc en face du district de la Sûreté de Gorjani. C’est là qu’il a rendu son dernier souffle, puis il a été transporté à l’hôpital sans vie. Le parquet a été informé. Le correspondant d’Assabilonline, Zouahïer Makhlouf, a rencontré la famille de Mohammed Mejri à la cité Helal à Tunis. Sa mère a affirmé dans un enregistrement vidéo qu’elle avait vu des traces de coups sur le corps de son fils, sous les oreilles, sur le front, son thorax, son abdomen, la vessie, sous les aisselles et elles a remarqué un bleu sur ses épaules. La mère de la victime a déclaré que des témoins oculaires lui avaient affirmé que des agents l’avaient frappé derrière la tête, et qu’ils donnaient des coups de brodequins au niveau des reins et du ventre jusqu’à ce qu’il décède. Son père a affirmé que son fils avait été violenté jusqu’à la mort par des agents de la Sûreté, ce qu’ont corroboré des témoins oculaires rencontrés par notre correspondant. Ils ont dit que Mejri avait reçu des coups mortels des agents de la police qui le tenaient. Le père de la victime a déposé une plainte, et il a envoyé un courrier au ministre de la Justice et des Droits de l’Homme dans lequel il attire l’attention sur le dépassement sécuritaire qui a ôté la vie à son fils, et ce le 30 novembre 2010, il a également demandé que les assassins soient sanctionnés et que justice soit rendue à son fils assassiné. […] Mohammed Mejri, né en 1979, travaillait dans le polissage du marbre. Il était rentré dernièrement d’Italie à l’occasion de l’Aïd pour rendre visite à sa famille et à son frère en prison […] Son frère Mehdi a menacé de se suicider lors de la visite de sa mère en prison le 29 novembre dernier.

 De notre correspondant en Tunisie, Zouhaïer Makhlouf Vidéo : www.assabilonline.net/index.php?option=com_content&task=view&id=9253&Itemid=1

Publié dans ESPACE INFO

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article