Guerre des tranchées à Carthage

Publié le par TUNISIE STOP TORTURE

A peine le président Ben Ali reconduit à la tête de l’Etat tunisien que déjà s’ouvre la guerre de sa succession. Premier épisode post-élection : la première dame Leila Ben Ali gifle le général Sériati, chef de la Sécurité du président.
Ceux qui ont écouté le discours menaçant du Général Ben Ali à la veille de la farce électorale du 25 octobre dernier n’en croient pas encore leurs yeux. Offensif, le ton solennel, Zinochet promettait alors des procès en bonne et due forme à quiconque parmi cette minorité « d’ingrats » se hasarderait à contester sans preuve les résultats issus de cette énième comédie électorale. Comme si « la preuve » n’était pas déjà apportée par ses sbires et la presse aux ordres qui fêtait son putsch avant que les résultats officiels ne soient proclamés…
Mais passons, car sur le registre des menaces présidentielles, on en a vu d’autres, et des propos aussi mussoliniens n’ont trompé personne. D’ailleurs, avant même la réélection de Zinochet une vilaine cabale médiatique de la presse aux ordres a été déclenchée contre la journaliste Florence Beaugé du quotidien Le Monde, les deux auteurs du livre « La Régente de Carthage » et tous les inféodés à l’étranger.
Et pourtant…
Pourtant le drame qui se joue à Carthage ne vient pas de l’étranger, mais de la guerre larvée qui déchire les clans gravitant autour d’un Général-policier absolument débordé sur tous les flancs.
Cette fois, Ben Ali semble avoir bel et bien perdu la main, et le premier à le savoir est son entourage immédiat. Et le premier qui risque d’en faire les frais est le patron de sa sécurité, le Général Ali Seriati.
La gifle
Cela fait déjà des mois que le torchon brûle entre « La Régente de Carthage » alias Leila Ben Ali et le chef de la sécurité présidentielle. Ce saint-cyrien dévoué à Ben Ali mène une vie de « funambuliste » ( selon ses propres dires en privé) à Carthage pour tenter de concilier les ordres présidentiels et les frasques de Zinochette et de son entourage. Il y a quelques semaines, il refusa l’accès au palais à un Général militaire proche de Madame car il n’était pas annoncé sur l’agenda des visiteurs. Leïla ne supporta pas l’affront : elle gifla le Général Sériati. La rupture est consommée…
Ce n’est pas la première fois que Leïla Ben Ali lève la main sur un proche collaborateur de son mari. Ainsi en était-il il y a quelques années déjà, lorsqu’elle a levé la main sur Larbi Aissa, le secrétaire particulier de son mari depuis une trentaine d’années et exigé avec succès son départ du Palais présidentiel. Son tort était d’avoir organisé l’entrée dans le bureau du président, en l’absence de Leila, d’une jeune femme très proche de Ben Ali, Rim Jenhani…
Cette fois, le Général Seriati ne semble pas avoir avalé la pilule comme nous l’a confié un homme du sérail parfaitement au fait de ce qui se passe dans cette cour du roi Pétaud. « Qu’est-ce que cette femme à la main légère qui gifle et humilie les hommes attachés à la sécurité présidentielle ? Ben Ali ne maîtrise plus rien. Cette femme habituée aux fessées ne peut pas continuer à écraser les commis de l’Etat et responsables sécuritaires qui ne font qu’appliquer les ordres ! » vitupère-t-il. Voilà qui promet pour l’avenir… L’on sait en effet déjà que c’est un disciple de Seriati, mais très proche de Leïla, Adel Touiri, déjà puissant au ministère de l’Intérieur, qui a les faveurs de la régente pour hériter de la sécurité présidentielle en remplacement du fidèle de Ben Ali. Donc à suivre…
Bras de fer loin du tumulte de la rue
C’est par conséquent un véritable bras de fer entre les clans Ben Ali et Trabelsi (du nom de jeune fille de la Régente) qui se déroule à Tunis. Les premières filles de Ben Ali et leurs maris sont déjà montés au front pour faire barrage à cette mainmise de leur belle-mère sur l’Etat. « Tant qu’il est encore temps », murmure-t-on dans leur entourage.
Et déjà, c’est Hedi Jilani, le patron des patrons tunisiens, et l’homme à travers lequel Leïla Trabelsi prépare un coup d’Etat à la mode du 7 Novembre, qui en fait les frais depuis hier. Ainsi, des photos intimes distillées sur Facebook, qui nous sont spécialement parvenues le présentent comme un homme à la vie multiple et vorace… L’opération vise à empêcher sa désignation en tant que président de l’Assemblée nationale car si le président Ben Ali venait à décéder, Jilani assurerait alors l’intérim. La deuxième cible n’est autre que le chef du clan, Belhassen Trabelsi, le frère de Leila, dont le Palais des Mille et une nuits est présenté au grand public dans ses moindres recoins sur internet.
La farce électorale du 25 octobre n’est même pas encore terminée que la guerre est déjà déclarée. La Tunisie est entrée de plain-pied dans l’après Ben Ali ! Et à imaginer l’ampleur de la tragédie qui se prépare, on peut se demander si l’on ne va pas regretter notre Zinochet…
(Source : le blog « Chakchouka tunisienne » rédigé par  « des journalistes tunisiens et français ayant demandé et obtenu l’asile électronique chez « Bakchich »..), le 27 octobre 2009)
Slim BAGGA
Source :  http://www.bakchich.info/Guerre-des-tranchees-a-Carthage,09096.html

Publié dans ESPACE INFO

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Abdelnour 15/01/2011 19:23



je tiens à dire, qu'aujourd'hui 15 Janvier 2011, CE BLOG N'EST PLUS CENSURÉ EN TUNISIE, BEN ALI en fuite avec Leila, IMED TRABELSI présumé mort, SERIATI Arreté, CHIBOUB  etc etc etc  La révolution des
jasmins, la révolution Tunisienne a eu lieu !!!