Bruits de botte: Belhassen Trabelsi rencontre des militaires tunisiens en cachette

Publié le par TUNISIE STOP TORTURE

par Slim BAGGA, 12 octobre à 15h36

Le frère de Leila Ben Ali, Belhassen Trabelsi, rencontre des haut-gradés de l’armée tunisienne en cachette et se brouille avec le colonel Kadhafi.

Va-t-on vers 7 novembre-bis ? L’information qui a agité le landerneau politique tunisien en fin de semaine dernière ne laisse guère de doutes sur les intentions du clan de la première dame Leila Trabelsi.

Le chef de clan et frère de Zinochette — et jusque-là celui qui apparaissait le moins pourvu d’ambitions politiques, Belhassen Trabelsi — a été convoqué par le président Ben Ali pour s’expliquer sur les soirées très discrètes qu’il organise depuis quelque temps avec de hauts gradés de l’armée.

Dans le même temps, ces officiers ont été longuement interrogés sur le sujet et l’on s’attend, à quelques jours de la parodie présidentielle du 25 octobre prochain, à ce que des têtes tombent, même si le tyran tunisien, affaibli physiquement, semble avoir perdu la main sur les clans dont il s’est entouré depuis 20 ans.

Le livre « La Régente de Carthage » fait une première victime

Il faut dire que ces clans évoluent déjà dans l’après-Ben Ali. Et dans les faits, c’est une Régente Leila qui est aux commandes d’un Etat à la dérive, à l’image de son chef cerné de toutes parts par des forces avides de pouvoir et d’argent qu’il a lui-même créées de toutes pièces. Dans un régime qui parle plus de transparence et de démocratie qu’il ne les exerce, comme pour se donner bonne conscience devant ses excès, de grandes purges sont annoncées pour qui essaie encore de sauver les formes.
Le premier officiel touché a été, samedi dernier, le ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Rafaä Dkhil. Il a été limogé sans aucune explication à la veille de l’ouverture officielle de la campagne électorale, dimanche 11 octobre. Dans les milieux informés, deux raisons essentielles sont invoquées : l’organisation d’un tirage au sort pour l’ouverture de la campagne ne donnant pas le RCD, le parti-Etat au pouvoir, en première position. Raison qui vient s’ajouter aux propos du ministre Dekhil du temps où il dirigeait Tunis Air et rapportés par les auteurs de l’ouvrage « La Régente de Carthage ». Selon ces propos, Rafaâ Dekhil dit « s’être couvert par des instructions de son ministre de tutelle concernant le désossement de Tunis Air par la compagnie Kartago », propriété de Belhassen Trabelsi.

Le colonel Kadhafi veut se venger de Belhassen Trabelsi

Ce même frère de Leila Ben Ali vient par ailleurs de démontrer que le chef Zine el Abidine est plus que jamais isolé et a perdu tout contrôle sur la famille de sa dulcinée. Belhassen a récemment vendu deux hôtels sur l’île de Djerba à l’agité libyen Kadhafi pour une somme plus que modeste de 80 millions d’euros. Le colonel a même commencé à payer 50 % de la transaction. Et patatras boum boum, Belhassen a subitement mis un point d’honneur à disposer dans ces hôtels respectivement d’un grand appartement et d’une villa. Un caprice qui a déplu au Guide libyen qui a tout simplement annulé la transaction et tenté de récupérer son argent.

Or, rembourser les gens est une pratique voire un terme qui n’existe pas chez les Trabelsi. L’envoi d’un émissaire libyen auprès du président Ben Ali et l’intercession de ce dernier auprès de son gendre pour rendre à Kadhafi ce qui appartient à Kadhafi est aujourd’hui dans l’impasse. Déjà, le bouillonnant colonel jure de ne pas en rester là…

Entre panier de crabes et marigot, la Tunisie offre une triste fin de règne et une non moins triste mainmise d’un clan de ripoux dans l’entourage immédiat de « La Régente de Carthage »…

Slim BAGGA
"Bakchich", Chakchouka tuniienne
12 octobre 2009, à 15h36


Publié dans ESPACE INFO

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