Ben Ali emprisonne 
les journalistes tunisiens

Publié le par TUNISIE STOP TORTURE

Ben Ali emprisonne 
les journalistes tunisiens
 
À peine élu avec près de 90% des voix, le potentat, félicité par Nicolas Sarkozy, 
s’en prend aussitôt à tous ceux qui critiquent ses pratiques antidémocratiques.
Zine El Abidine Ben Ali, pourtant réélu président de la république tunisienne avec près de 90 % des suffrages – c’est en tout cas ce qu’a officiellement annoncé la commission électorale – n’est peut-être pas si sûr de sa victoire, si ce n’est en arithmétique, en tout cas dans le cœur des Tunisiens. Trois journalistes, Taoufik Ben Brik, Slim Boukhdir et Mouldi Zouabi, viennent de subir la colère de celui qui se comporte plus comme un monarque que comme un président élu.
Nos trois confrères n’ont pas ménagé leurs critiques à l’occasion de la campagne pour l’élection présidentielle de dimanche dernier. Il est vrai aussi qu’à la veille du scrutin Ben Ali avait stigmatisé ceux qu’il avait qualifiés de « minorité infime de Tunisiens qui dénigrent leur pays en s’appuyant sur des parties étrangères ». La vieille ficelle pour museler l’opposition, surtout de gauche et démocratique. Ce n’est sans doute pas pour rien si une bonne partie des islamistes tunisiens soutiennent maintenant Ben Ali.
Le 29 octobre 2009, Taoufik Ben Brik, journaliste et membre fondateur du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), a été écroué dans un centre de détention. Hier, il a été transféré à la prison de Mornaguia à 20 km au nord de Tunis. La veille, Slim Boukhdir, journaliste et membre fondateur de l’association de défense des libertés Liberté et équité, a été victime d’un enlèvement devant chez lui par des inconnus en civil, qui lui ont bandé les yeux, l’ont forcé à monter à bord d’un véhicule puis l’ont conduit sur la colline du Belvédère où ils l’ont passé à tabac. Le même jour, des inconnus ont tenté à trois reprises de forcer la porte du domicile de Mouldi Zouabi, correspondant d’un journal panarabe basé à Londres, Al Quds Al Arabi.
Rien d’étonnant à cela lorsqu’on sait de quoi est capable le régime tunisien. Notre consœur Florence Beaugé en a récemment fait les frais, interdite d’entrée sur le territoire et victime d’une campagne de calomnies de la part d’une presse aux ordres. Plus surprenante en revanche est la réaction des autorités françaises, au lendemain de la présidentielle. Nicolas Sarkozy a immédiatement adressé ses « plus vives félicitations » à Ben Ali, lui souhaitant « succès et réussite » et exprimant sa satisfaction pour « le niveau excellent atteint par les relations tuniso-françaises ».
Pierre Barbancey
(Source: "L´ Humanité" (Quotidien - France) le 31 octobre 2009)

Publié dans ESPACE INFO

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