A peine réélu, Ben Ali frappe déjà du poing

Publié le par TUNISIE STOP TORTURE

LOOS,BAUDOUIN, Vendredi 30 octobre 2009
Tunisie Deux journalistes pris comme cibles

Le président Ben Ali n’a pas de patience : à peine réélu, dimanche dernier, voilà qu’il ouvre la chasse aux intrus. Mercredi et jeudi, deux journalistes tunisiens connus pour leur impertinence ont été les premières victimes de ce serrage de vis. C’est l’organisation Reporters sans frontières qui a sonné l’alerte.
Notre confrère Slim Boukhdhir, qui venait de donner une interview à la BBC dans laquelle il avait dénoncé l’impossibilité, pour les journalistes indépendants, de faire leur travail, a été agressé par cinq hommes mercredi soir : roué de coups et déshabillé, il a été abandonné dans le plus simple appareil, raconte-t-il, avec une fracture du nez, une altération de la vision de l’œil gauche, des hématomes sur le visage, les côtes, aux épaules, dans le dos et aux jambes.
Son confrère Taouffik Ben Brick, qui avait largement animé la campagne électorale sur le net (notamment sur le site du Nouvel Observateur) a, lui, été arrêté jeudi matin alors qu’il avait répondu à une convocation de la police après la plainte d’une femme pour une prétendue agression dont il se serait rendu coupable dans la rue.
Connu pour son caractère irrévérencieux – et la très médiatique grève de la faim qu’il avait observée au printemps 2000 –, Ben Brik connaissait la menace qui pesait sur ses épaules, il nous en avait parlé le 19 octobre dans son appartement de la banlieue de Tunis. « Que voulez-vous que je fasse, nous avait-il dit. Ils veulent que je me barre. J’ai répondu dans mon dernier livre. » Au titre en effet clair : Je ne partirai pas.
(Source: "Le Soir" (Quotidien - Belgique) le 30 octobre 2009)

Publié dans ESPACE INFO

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