50 ans de farce républicaine, 50 ans de monarchie absolue de fait !!

Publié le par Me Kamel CHAABOUNI

 Le 25 juillet 2007, la Tunisie a commémoré un demi siècle de soi-disant république. Nul n’est dupe, cette pseudo république voulu, imposé et confectionné  par et pour Habib Bourguiba, s’est révélée une monarchie de fait, une monarchie absolue et  tyrannique. Le peuple tunisien n’a pas été consulté par référendum pour l’abolition de sa monarchie beylicale séculaire. Le régime beylical a été qualifié de tous les torts, enduis de tous les maux de la Tunisie par Bourguiba et sa clique destourienne afin d’abolir une institution qui malgré ses défauts et ses erreurs symbolisait l’âme de la Tunisie.

Que nous as-t-il offert et servi Bourguiba et son hypocrite parti destourien pendant 30 ans et ses successeurs pendant les 20 suivantes, la pire des républiques, une fausse république, hypocrite et tyrannique qui a étouffé cyniquement toute velléité démocratique dans le pays. Durant un demi siècle, et sans nier les avancées économiques, le peuple tunisien n’a eu droit qu’à la répression sociale et politique. Aucune liberté politique n’a été accordée, aucun droit de l’homme n’a été respecté. Durant 50 ans, le peuple tunisien a été traité en mineur incapable. Ses militants youssefistes puis gauchistes et enfin islamistes et démocrates on été réprimés, torturés, certains tués, condamnés à tort et incarcérés durant de longues années.

N’en déplaise aux anticolonialistes, le colonialisme avait respecté tant de libertés et élargis tant d’autres. Sans la semi démocratie de l’ère coloniale dont jouissait le peuple tunisien dont la liberté relative de la presse et la droit de réunion, Bourguiba et son parti destourien n’auraient pu agir contre la France.   Il n’y a qu’à les lire les articles rédigés par Bourguiba dans la presse tunisienne de l’époque pour se rendre compté à quel point la Tunisie coloniale était libre par rapport à la Tunisie d’après 1956. Certains des articles de Bourguiba ne seraient pas publiables aujourd’hui, tellement ils regorgent de critiques, de liberté de ton à l’égard de la France.

C’est Bourguiba et sa clique destourienne qui sont responsables de notre calvaire républicain de cette illusion de bonheur indépandiste transformée en cauchemar tyrannique. Je vous accuse M. Bourguiba, d’avoir trahi nos pères et mères, je vous accuse d’avoir trahi le peuple tunisien par votre république bidon, je vous accuse, vous qui êtes dans des sépultures royales ordonnées de votre vivant, je vous accuse et je vous en veux d’avoir aboli notre monarchie séculaire, symbole de notre identité de notre fierté et de lui avoir substitué une fausse république qui plus est antidémocratique. Vous auriez pu M. Bourguiba substituer votre dynastie et celle de votre famille à celle de Sidi Lamine Bey, j’aurai compris, j’aurai même approuvé, mais pas nous trahir avec des illusions républicaines sans lendemain. Vous auriez pu M. Habib Bourguiba, et sans abolir le beylicat, le réformer en monarchie démocratique, constitutionnelle avec pour vous comme premier ministre durant 30 ans à titre exceptionnel.

Aujourd’hui, alors que vous reposez en paix je l’espère, dans votre mausolée digne des Beys, plus grandiose même que la « tourbat al-bey », le peuple tunisien se retourne dans une prison à ciel ouvert, sans dignité, sans liberté et sans horizon clair quant à son avenir politique, merci Bourguiba de nous avoir laissé dans ce merdier !!!

Les dirigeants de la Tunisie d’aujourd’hui devraient en toute honnêteté mettre fin à cette farce républicaine et par référendum nous rendre notre régime monarchiste réformé. Il ne s’agit nullement de remettre sur le trône de la Tunisie les descendants de feu Sidi Lamine Bey, et je ne verrai aucun inconvénient à ce que le président Ben Ali soit déclaré nouveau Bey de Tunisie à la seule condition que cette nouvelle monarchie soit une monarchie démocratique, constitutionnelle et laïque. A part avoir le droit de grâce,  être le chef des armées, et nommer le ministre de l’intérieur à titre de garantie, Zine al-Abidine Ben Ali, « le nouveau » Bey de Tunisie, ne devrait exercer aucun pouvoir politique qui serait dévolu à un premier ministre démocratique élu.  Une telle réforme révolutionnaire, permettra à M. Ben Ali de veiller à l’application d’un plan de démocratisation discuté et établi avec une nouvelle assemblée constituante, redorer le blason de l’actuel président et donner de l’espoir à un peuple trahi.

Merci de lire mon "Projet libéral pour une nouvelle monarchie démocratique et laïque en Tunisie" in http://www.reveiltunisien.org/article.php3?id_article=2016

Me Kamel CHAABOUNI

Le 25/07/2007

Publié dans CHRONIQUE

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