LE JUGE REBELLE MOKHTAR YAHYAOUI

Publié le par TUNISIE STOP TORTURE

Juriste Tunisien, avocat auprès du barreau de Tunis. Magistrat révoqué suite à une lettre adressée au Général Ben Ali, président du CSM revandiquant un statut d’indépendance de la justice. Président du Centre Tunisien pour l’Indépendance de la Justice (CTIJ) et membre de l’Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques (AISPP). Militant indépendant pour un État de Droit en Tunisie. Persécuté et interdit de quitter le pays depuis Juillet 2001.

*************************************************************************************************************************************** Le 6 juillet 2001, le juge Mokhtar Yahyaoui adressait au Général Zine el-Abidine Ben Ali, une lettre ouverte qui lui a valu, sa révocation des cadres de la justice tunisienne. Voici cu-dessous un large extrait.

 Monsieur le président, je vous adresse cette lettre pour vous faire part de ma condamnation et de mon refus de la situation catastrophique à laquelle est parvenue la justice tunisienne. Les choses en sont arrivées, en effet, au point que l'autorité judiciaire et les magistrats ont été dépossédés de leurs prérogatives constitutionnelles et qu'ils ne sont plus à même d'assumer leurs responsabilités au service de la justice en tant qu'institution républicaine indépendante.

Les magistrats tunisiens sont frustrés et exaspérés, à tous les niveaux, par l'obligation qui leur est faite de rendre des verdicts qui leur sont dictés par l'autorité politique et qui ne sont susceptibles de faire l'objet d'aucune prise de distances ou de critique. Cela aboutit à des jugements qui, le plus souvent, ne reflètent que l'interprétation que le pouvoir exécutif veut bien donner de la loi.

Soumis à un harcèlement des plus contraignants, les magistrats tunisiens n'ont plus aucune marge pour tenter de mener leur mission de façon équitable. Traités de haut, dans des conditions de peur, de suspicion et de délation, ils sont confrontés à des moyens d'intimidation et de coercition qui entravent leur volonté et les empêchent d'exprimer leurs véritables convictions. Leur dignité est quotidiennement bafouée et leur image négative au sein de l'opinion publique se confond avec la crainte, l'arbitraire et l'injustice, au point que le seul fait d'appartenir à notre corporation est dégradant aux yeux des opprimés et des gens d'honneur.

La justice tunisienne est soumise à l'implacable tutelle d'une catégorie d'opportunistes et de courtisans qui sont parvenus à constituer une véritable justice parallèle qui se situe hors de toutes les normes de la légalité et qui a accaparé le Conseil national de la magistrature et la majorité des postes sensibles dans les différents tribunaux. (...) Cela a engendré un véritable sentiment d'écœurement chez les véritables magistrats impartiaux. (...)

Cette catégorie de magistrats aux ordres fait commerce de son allégeance pour imposer l'esprit de dépendance et de soumission contrecarrant toute idée de changement et d'adaptation créatrice et s'identifiant avec zèle au régime politique en place. Leur objectif est de systématiser la confusion entre le régime et l'Etat en accaparant toutes les institutions. (...)

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Dr FASSIH mazen 19/01/2011 03:07



Mon très cher,


les hommes comme vous sont très rare, grâce à votre détermination et amour de votre pays les chaines vont se briser , merci de votre courage et dévoument pour la tunisie et le monde arabe ,l
'histoire retiendra votre action comme acte de resistance au tyran ben ali .


dr fassih mazen


 la guadeloupe