QUI EST LE PROFESSEUR MARZOUKI

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MONCEF MARZOUKI est citoyen tunisien, né le 7 juillet 1945, père de deux filles.

Un triple engagement

Docteur en médecine de la faculté de medecine de Srasbourg (France-1973),ancien interne des hopitaux, ex assistant la faculté de Strasbourg, spécialiste en médecine interne, en neurologie et en santé publique ; il est depuis 1981 professeur en médecine communautaire la faculté de medecine de Sousse en Tunisie

Outre ses activités d'enseignement et de recherche, il a dirigé la tête d' une équipe multidisciplinaire une expérience pilote d'intervention médicale intégrée auprès de populations défavorisées de sa région.

Il assure la formation post-graduée des médecins géneralistes qui veulent se perfectionner dans cette discipline fortement encouragée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Ecrivain bilingue, il a publié douze livres en Arabe et trois en Français, traitant de médecine communautaire, d'éthique médicale et surtout de ses préoccupations majeures :les droits de l'Homme et le problème de la démocratisation dans les pays Arabo-musulman.

Militant des droits de l'Homme connu en Tunisie et dans le monde Arabe de 1989 à 1997 membre du comité directeur de" l'Organisation Arabe des Droits de l'Homme" (OADH - basée au Caire) ; co- fondateur en 1981 et vice président de l'"African Network for Prevention of Child Abuse and Neglect "(ANPCAN - basée Nairobi).

Il est membre actif de la section tunisienne d'Amnesty International (AI), et de l'"International Society of Child Abuse and Neglect" (IPSCAN - basée Chicago).

En 1998, il a été désigné président de la Commission Arabe des Droits de l’Homme et le porte-parole du Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT) du 10 Décembre 1998 au 16 février 2001.

Son engagement a débuté en 1980 en tant que simple militant à la ligue tunisienne pour les droits de l'Homme(LTDH).

Née en 1977, la Ligue est la première association de défense des droits de l'Homme, indépendante à la fois du pouvoir et des partis politiques d'opposition, à voir le jour dans le Monde Arabe.

Comptant quatre mille adhérents faisant partie de l'élite du pays, répartis en quarante sections à travers tout le pays, la Ligue restera jusqu'à sa quasi destruction par le pouvoir en 1994 un modèle pour les nombreuses associations similaires qui se multiplient dans les pays arabes.

En 1985 M.MARZOUKI est élu par le troisième Congrès membre de son comité directeur.

En 1987 il est désigné par cette direction collégiale au poste de vice-président chargé de l'éducation du public et de la formation des militants.

C'est à ce titre qu'il présente au ministre des l'enseignement les doléances de la Ligue concernant le sexisme latent des exercices de grammaire (Il travaille - elle fait le ménage) le racisme et l'esprit d'intolérance de certains textes. Tous les programmes scolaires seront revus mais malheureusement dans un contexte de répression et d'instrumentalisation politique qui va totalement pervertir l'esprit initial de la démarche.

En 1989 il est élu à l'unanimité président de la LTDH pour un mandat qui s'annonce facile mais qui s'averera en faît le mandat le plus périlleux de toute la jeune Histoire de la Ligue.

Un contexte dramatique

A l' Europe de l'Est, l'Amérique Latine et certains pays d 'Afrique noire, connurent à partir des années 80, une poussée démocratique impressionnate qui laissait présager une amélioration de la situation des droits de l'homme dans le monde.

Les pays Arabo-musulmans restèrent dans l'ensemble à l'écart de ce mouvement si prometteur en dépit de quelques embellies ça et là notamment en Tunisie.

Les régimes de ces pays, de type parti-unique, issus de l'indépendance, sclérosés impopulaires et fortement corrompus, n'étaient pas en mesure d'évoluer par des mécanismes internes vers des réformes devenues urgentes et nécessaires.

Ils semblaient condamnés par l'Histoire à l'instar de leurs homologues communistes et latino-Américains.

Cependant à la différence de ces derniers, ils purent retrouver une nouvelle jeunesse et une nouvelle légitimité dans le combat contre la vague Islamiste qui déferlait sur tous les pays situés entre l'Atlantique et les nouvelles républiques de l'Asie centrale.

L'Islamisme s'est développé de façon rapide dans tous ces pays dont la Tunisie en réponse, la confiscation des libertés publiques et privées par des régimes qui se sont mis au dessus de toutes les lois dont celle de l'alternance et surtout comme protestation à connotation fortement morale contre le premier fléau : la corruption.

Son impact sur le plan des idées notamment chez les jeunes s'explique par l'apparition d' une vacuité idéologique dans laquelle il a pu s'engouffrer dés le début des années 70.

Cette vacuité idéologique était le résultat de deux phénomènes concommitants et synergiques:

- la perte de toute crédibilité du discours nationaliste confisqué par des régimes impopulaires.

- la débacle du discours de gauche dominant dans les années 70, lié à celle des régimes communistes à la même époque.

C'est dans ce contexte difficile qu'a dû se développer le mouvement tunisien et arabe des droits de l'Homme.

Le dilemme auquel il devait faire face était redoutable. D'un côté une contestation populaire légitime en tant qu'elle exprimait le refus de la corruption et de l'injustice sociale, mais inacceptable de par son discours simpliste et le danger potentiel qu'elle présentait pour la démocratie balbutiante et des droits fondamentaux comme ceux de la femme.

De l'autre côté des régimes autoritaires brusquement autoproclamés défenseurs de la modernité contre "l'obscurantisme" et qui trouvèrent pour mener une guerre sans merci contre l'Islamisme un appui inéspéré chez les pays occidentaux et dans les couches les plus favorisées de la population plus effrayés par l'Islamisme que par la dictature.

La confrontation entre les deux forces déboucha en Syrie en 1981 sur le massacre de "Hama".Elle se solda en Algérie par plus de quatre-vingt mille morts entre 1992 et 1996 .

Durant la même période on déplora en Egypte des centaines de morts . Une répression féroce envoya des milliers d'Islamistes en prison en Tunisie .

Ce pays semblait pourtant le plus en mesure de réussir sa transition démocratique et de donner l'exemple. Mais à l'instar de l'Algérie voisine, de l'Egypte pour ne pas parler de pays comme la Syrie, l'Irak, l'Arabie Saoudite et le Soudan, le pays sombra de nouveau dans une forme "soft" de dictature.

Il faut rappeler qu'en 1987 le nouveau pouvoir issu de l'éviction du président BOURGUIBA s'était engagé à promouvoir l'Etat de droit.

Très vite le pays déchenta. Les réformes étaient démagogiques et superficielles. La situation des libérés allait progressivement s'aggraver et atteindre le fond du gouffre avec la confrontation pouvoir - Islamiste entre 1991 et 1994, mettant la Ligue et son président devant des graves défis.

La situation était à la fois dramatique et confuse du faît de la confiscation et l'instrumentalisation du discours des droits de l'homme par le régime autoritaire du Général Ben Ali. C'est ainsi que les commissariats affichaient ostensiblement la "Déclaration Universelle" de1948 alors que la torture y était monnaie courante. Plus les droits de l'Homme étaient violés plus il y avait de colloques séminaires et discours officiels à Tunis sur la question.

Cette discordance entre le verbe et la pratique finit par faire de la Tunisie un véritable "cas" surlequel se penchaient les grandes organisations des droits de l'Homme comme "AMNESTY INTERNATIONAL" inquiétes de l'exportation d'un" modèle tunisien" ou les dictatures pourraient violer les droits de l'Homme tout en se faisant passer, au prix d'une habile politique de communication , pour leurs plus grands protecteurs .

Les militants tunisiens comme tous les militants arabes pris dans une guerre civile non déclarée entre la et l'Islamisme étaient partout sommés choisir leur camp c.a.d. de femer les yeux sur les exactions dont étaient victimes les Islamistes, de taire leurs critiques face à la dérive sécuritaire et à l'aggravation de la situation des libertés publiques et privées et ce au nom d'une sainte alliance contre "l'ennemi commun".

M. MARZOUKI incarna en Tunisie un choix plus périlleux:
- S'opposer activement à la dérive autoritaire du régime et à toutes les violations des droits de l'Homme que leurs victimes soient des islamistes ou non.

- Remplir la dangeureuse vacuité idéologique des annéés 70 et lutter contre l'instumentalisation et la perversion officielles des idées démocratiques par un travail permanent d'écriture et de fondation d'une véritable culture des droits de l'Homme.

Une position de principe

Une dangeureuse bipolarisation est entrain de s'installer dans les pays arabes et musulmans creusant un fossé d'incompréhension, de ressentiment et de peur entre les "modernistes" et les "Islamistes".

Cette situation de fracture sociale et idéologique où il y a de moins en moins de place pour les opinions modérées a été entre autres dérives cause de l'alignement paradoxal de beaucoup de démocrates sur des régimes dictatoriaux. Préférant pactiser avec "l'adversaire" totalitaire mais moderniste, pour se protéger contre "l'ennemi" Islamiste ils ont aggravé la confusion et le discrédit dont est victime la démocratie assimilée par la jeunesse une idéologie hypocrite et manipulée pour servir les intérêts des pays occidentaux.

M.MARZOUKI, conscient du formidable potentiel de violence d'une telle situation, est l'un des rares intellectuels arabes à militer contre l'exclusion mutuelle.

Il a adopté dans écrits et dans son action à la tête de la LTDH et comme dirigeant de l'OADH une position constante de principe en trois points:

- Il s'est démarqué de la façon la plus nette de l'idéologie Islamiste notamment en ce qui concerne son refus de la peine capitale et des chatiments corporels (pronés par la "CHARIA"), de toute atteinte aux droits de la femme ou la liberté de conscience . Il s'est élevé publiquement contre la violence des groupes terroristes en Algérie plusieures reprises notamment lors du massacre des sept moines trappistes en 1996.

Refusant néanmoins l'amalgame et la diabolisation , il s'est opposé toutes les exactions dont les Islamistes ont éte l'objet. Il n'a cesse de dénonçer la torture les sévices physiques et moraux dont ils sont victimes et toutes les violations de leurs droits tels que stipulés par la Déclaration universelle .

Dans son oeuvre théorique M.MARZOUKI distingue, L'Islam( cément culturel et mode d'accés et d'exploration du moral et du sacré d'une partie de l'Humanité), de l'expression politique , profane et parcourue par des courants divers qui s'en réclame :l'Islamisme .

l'Islam ne peut ni ne doit être mis en cause mais il n'est pas question de traiter de la même façon l'Islamisme.

La critique de fond qu'il adresse ce dernier est qu'il est une protestation légitime contre l'injustice et la corruption mais de type ethique . Or la nature de mal comme la solution est essentiellement d'ordre tehnique c.a.d. institutionnelle . Seule la démocratie détient aujourd'hui, malgré ses nombreux défauts, les meilleurs outils pour faire face aux maux dénoncés.

L'injustice et la corruption sources premières de la violence civile sont des fléaux éternels. La démocratie elle même ne peut en venir bout . Mais elle peut par leur dénonciation permanente par sa press libre, leur sanction régulière par sa justice indépendante et par ses élections honnetes en limiter les méfaits.

Or nul ecosystème politique n'est plus propice la prolifération de l'injustice et de la corruption que le régime autoritaire quelque soit son ideal de référence.L'Islamisme qui ne posséde pas les éléments de contôle ,de régulation d'évaluation et de correction que seules permet l'exercice des libertés publiques et privées est condamné comme le commuisme a remplacer une dictature corrompue par une autre dictature appeléé tôt ou tard a se corrompre sans possibilité interne de guérison.

- M.MARZOUKI s'est démarqué de L'Etat totalitaire et de sa politique , largement responsble d'aprés lui, par sa corruption et sa confiscation de la souveraineté populaire , de la flambée Islamiste et de son entretien.

Il a développé dans son livre "l'Homme sacré" l'idée que l'Etat modene peut tirer sa force des moyens de puissance habituels, de l'histoire, du sol, de la population, etc.. mais sa légitimité ne peut plus être fondée que par et sur la nouvelle loi édicteé par le "législateur universel"

Ce "Legislateur Universel" est constitué par les milliers d'hommes et de femmes, qui toutes races, religions et idéologies confondues, développent depuis 1945, les règles communes toute l'humanité.

La nouvelle table des lois est constituée par la" Declaration Universelle des droits de l'homme" et par les centaines de conventions internationales qui en ont découlée et qui ont été ratifieés par la grande majorité des Etats du monde.

le" légilateur Universel" a édicté les lois qui doivent régir les rapports des etats entre eux ainsi que ceux de l'Etat a ses propres citoyens.

Ces lois font que ce dernier n'est plus le propriétaire d'un pays mais l'administrateur d'une population selon un"cahier de charges"qui spécifie tous les droits d'une communauté et d'une personne humaine, et qu'il a l'obliguation de promouvoir, protéger et restaurer.

Un Etat qui viole les droits de l'Homme n'est donc pas seulement coupable de "rupture de contrat". Il détruit sa propre légitimité.

M.MARZOUKI répond la grave question posée par la violence qui s'etend de plus en plus dans les pays arabes du faît de l'affrontement Dictature -Islamisme.

Pour lui l'Etat a le devoir de se défendre contre le terrorisme quelque soit son origine et sa justification. Mais Il doit le faire par l'élargissant des espaces de libertés et l'association de la sociéte civle la défense d'une communauté nationale plurielle tolérante et démocratique. Il doit surtout en luttant contre la violence respecter strictement et en permanence, ses propres lois sans parler des conventions internationales qu'il a ratifiées et en premier lieu "La Convention internationale contre la torture"

-M.MARZOUKI appelle le Monde Arabe a donner ses chances la démocratie
Elles sont certes faibles du faît d'une formidable conjonction de"mauvais astres": récupération du discours démocratique par des régimes profondément anti-démocratiques, alignement de certains démocrates sur la dictature,marginalité des tendances démocratiques dans les mouvement Islamistes. L'appui aux régimes arabes antidémocratique des Etats occidentaux (qui s'accomodent assez bien des dictatures de droite, leurs foudres étant réservés exclusivement aux dictatures de gauche) ne fait qu'aggraver une situation dramatique.

Néanmoins pour aussi impossible a réaliser qu'elle puise paraitre ,elle est l'absolue urgence parcequ'elle est la seule alternative la guerre civile patente comme en Algérie et en Egypte ou larvée et en germe comme dans tous les autres pays.

Pour lui le Monde Arabe n'a le choix qu' entre organiser la reconnaissance mutuelle, la confrontation pacifique de toutes ses composantes naturelles dont l'islamique ou sombrer dans la dictature et/ou la guerre civile permanente.

Il n'a cessé de lutter en tant qu'intellectuel et surtout en tant que président de la ligue pour ces idées et leur cocrétisation.

Un combat inégal

La ligue observa avec une inquiétude croissante le reniement de toutes ses promesses de démocratisation qui avaient été avancés par le nouveau régime pour justifier la mise à l'ecart de l'ancien président BOURGUIBA en Novembre 1987.

A l'occasion de la guerre déclarée par le régime au mouvement Islamiste "ENNAHDA" s'amorça une dangeureuse dérive sécuritaire et autoritaire qui s'est à toute forme d'opposition et qui finit par faire de la TUNISIE "un Etat policier" selon la formule de PATRICK BAUDOIN le president de la "FEDERATION INTERNATIONALE DES DROITS DE L'HOMME".

Un conflit trés grve éclata alors entre la ligue et le pouvoir sur tous les problèmes concernant les libertés publiques et privées .

Dans une serie de communuqués, de réunions publiques ,de démarches auprés des autorités elle se prononça ,au grand déplaisir du pouvoir sur tous les problèmes de l'heure

La torture: la ligue denonça en 1991 la mort de neuf Islamistes sous la torture et stigmatisa l'effroyable extension du phénomène dans tous les centres de détention du pays.

Les conditions d'arrestation de détention et d'interrogatoire: elles furent des préoccupation majeures de la ligue entre1991 et 1994 tant elles étaient arbitraires et illégales et courantes.

la situation de la liberté de la presse :Elle fût une pomme de discorde permanente au vu du muselement systématique de toute libreté d'opinion.

Les executios capitales: la ligue s'opposa avec détermination et par principe l'exécution de plusieurs Islamistes en 1992.

La liberté d'association: la ligue dénonça les entraves l'execice de ce droit et l'emprise croissante del'Etat sur toute la société civile.

l'instrumentalisation des droits de l'Homme: la ligue fut la première a donner l'alerte sur cette nouvelle tactique d'un Etat autoritaire faisant du discourpermanent sur les droits de l'Homme le pravent d'une pratique aux antipodes. Elle condamna dans de nombreux communiqués le fossé entre les professions de foi du pouvoir sur son attachment des principes foulés au pied avec cynisme.

Le pouvoir réagit tres violemment cette opposition de principe.
Les critiques et l'indépendance de la Ligue ne pouvaient plus être tolérées et ce au moment même où (derriere une habile politique de communnication qui a fini par ne plus tromper personne) il prenait le contrôle des partis politiqes dits d'opposition , des associations ,de la presse , et instaurait un Etat policier et totalitaire de type inconnu jusque l en Tunisie.

ll attaqua partir de 1991 sur trois fronts.
-Il fit du départ du président en exercice un préalable a toute relation avec la ligue identifiant juste titre M. MARZOUKI comme le chef de file d'une tendance" radicale " au sein du comité directeur et le promoteur de cette politique sans concessions qui le gênait tant notamment au niveau de son instrumentalisation des droits de l'Homme.

-Il s'efforça de diviser la direction et y réussit en jouant de la carotte et du bâton

-Il décida de s'emparer de la Ligue en l'infiltrant par les membres du Parti au pouvoir. Celle-ci recrutant ses membres par cooptation ,il fit édicter au parlement en Mars 1992 ,une nouvelle modification de la loi sur les associations faisant de l'adhésion toute association ,un droit que peut invoquer tout citoyen jouissant de ses droits civiques.

la ligue fût sommée d'accepter cette loi tailée sur mesure . l'adhésion massive de milliers de personnes téléguidées dont le seul objectif est de s'emparer démocratiquement de la direction de la ligue ne pouvait que menacer mortellement sa fonction de contre-pouvoir indépendant .C'est d'ailleurs ce qui a fini par arriver en partie.

M Marzouki préconisa la résistance cette loi anticonstitutionelle .Il fût suivi en cel par le conseil National . Le jour même de cette décision -le 14 juin 1992- La ligue fût dissoute par le gouvernement.

Commença alors la première phase de clandestinité.
M.MARZOUKI constitua en 1993 avec dix sept intellectuels le "COMITE NATIONAL POUR LA DEFENSE DES PRISONNIERS D'OPINION".

Les membres du comité furent tous arrétés le même jour et le comité déclaré illégal. L'affaire sera classée par la justice. Il réunit alors un petit noyau informel de militants pour la re -naissance de la Ligue.

Cette action obligea le pouvoir a la relégaliser en Mars 1993 mais il exigea en échange le départ du président et de ses amis ainsi que la soumission à la nouvelle loi sur les associations.

Les éléments pro-pouvoir au sein de la Ligue prenant pour argent comptant la promesse du gouvernement selon laquelle le départ de M.MARZOUKI ouvrirait une nouvelle page et ameliorerait les rapports entre les deux parties; poussèrent l'acceptation d'un compromis suceptible leurs yeux de sauver ce qui pouvait être sauvé de la Ligue.

M.MARZOUKI préfera alors quitter la Ligue et annonça lors du congrés de Fevrier 1994 étroitement encadré par la police et qui accepta la nouvelle loi, sa décision de ne plus briguer aucune fonction dans une Ligue entravée et contrôlée .

Paradoxalement, cette loi acceptéé par le congrés fut déclaréé inapplicable la Ligue en 1995 par le tribunal administratif.

Le pouvoir accentua comme cel etait prévisible sa pression sur une Ligue affaiblie et discréditée.

La premiere et la plus prestigieuse association arabe des droits de l'Homme se décomposa lentement et silencieusement. Ses sections se désagrégèrent aprés le congrés . Son comité directeur réduit une totale impuissance ,abandonné par la majorité de ces membres ne fera que végéter. Ses rares communiqués et ses rapports on ne peut plus modérés seront systématiquement censurés. Aujourd'hui la LTDH n'est plus que l'ombre d'elle même.

Une protestation symbolique

En 1994 le pouvoir achève avec la reddition du dernier bastion de la démocratie qu'était la ligue , le processus de mise au pas de toute la société civile et le parachèvement de la dictature .

Les "élections" presidentielles prévues pour mars 1994 devaient être pour le Général BEN ALI un plébiscite . Du faît d'une loi électorale unique au monde rendant impossible toute candidature non gouvernementale, il était la caricature même du l'étrnel dirigeant arabe seul candidat sa propre succession, élu dans l'enthousiasme des foules reconnaissantes par 99,99 % des voix.

M.MARZOUKI considérant ces farces éléctorales comme insultantes pour la démocratie et le peuple ,décide dans un ultime acte de protestation de présenter sa candidature sur un programme de réformes démocratiques.

C'est la consternation dans les cercles du pouvoir habitués des scénarios plus maîtrisés et choqués par ce qui passe dans les dictatures arabes pour un crime de lèse majesté ou une folie dangeureuse.

M.MARZOUKI est arrété dans la rue et détenu par la police quelques heures pour l'empêcher de tenir une conférence de presse programmeé. Son télephone est coupé. Sa candidature n'est même pas reçue. L'appel de cent cinquante intellectuels pour son droit la candidature n'a aucun écho dans une presse cachant l'information aux citoyens qui suivront cette affaire travers les médias étrangers.

La farce électorale se déroule selon le scénario prévisible. Le Général BEN ALI est élu dans une atmosphère de peur générale et d'enthoisiasme factice par l'éternel score de 99% et M.MARZOUKI est jeté en prison deux jours seulement aprés le "plébiscite".

Un environnement difficile

M MARZOUKI n'a pas seulement affronté l'Etat. Il a dû faire face a deux graves crises qui ont germé au sein de la sociéte elle même. Ces deux affaires l'ont convaincu que la lutte pour les droits de l'Homme n'est pas un simple conflit avec un Etat autoritaire à propos des libertés fondamentales, mais l'enracinement de nouvelles valeurs dans une société rétive et en mutation.

Farouche opposant la peine de mort ,il mène en 1984 une campagne véhémente dans la presse indépendante contre la condamnation mort de dix jeunes, accusés de pillage et de déprédations lors des émeutes du pain de la même année Il participe une vaste protestation des intellectuels qui oblige le président BOURGUIBA a gracier les dix condamnés.

EN 1989 AMNESTY INTERNATIONAL l'envoit dans le cadre d'une vaste campagne mondiale contre la peine capitale l'Ile MAURICE pour plaider la vie sauve six condamnés et pour convaincre le gouvernement Mauricien de rejoindre les pays abolitionnistes.

Tel est le projet de M.MARZOUKI pour son p.Aussi fait-il de cette question une priorité de son mandat. Il organise avec la section tunisienne d'AMNESTY une campagne nationale contre la peine capitale qui semblait être bien acceuillie tant par le public que par l'Etat.

Malheureusement la découverte d'une sordide affaire impliquant un pédophile qui avait réussi a violer et assassiner quatorze enfants pendant des années horrifia juste titre toute la Tunisie et retourna complètement l'opinion . Sommé de donner son opinion M MARZOUKI maintint même pour ce cas le refus de la peine de mort ,ce qui déchaina contre lui la colére des journaux populaires et une agression physique dans la rue.

La crise du Golfe et ses répercussions.
Les peuples arabes démunis d'Egypte et du Maghreb , blessés par l'arrogance de leurs fréres riches des états du Golfe ( considérés comme de véritables protectorats des puissances occidentales et notamment des USA), acceuillirent trés favorablement l'annexion du Koweit par Saddam Hussein le 4 Août 1990.

Ils virent dans le dictateur Irakien le nouveau champion de leurs causes tant de fois perdues.

Tunis connut cette période les seules manifestations populaires massives de son histoire moderne, toutes appuyant la cause Irakienne, surtout partir du moment ou les Etats occidentaux décidèrent de mettre l'Irak au ban des nations de lui faire le guerre (et plus tard d'imposer sa population un cruel embargo).

Dans l'ensemble tous les Arabes étaient révoltés par la politique occidentale accusée d'être injuste et hypocrite baptisée "la politique des deux poids deux mesures"

Ils acceptaient mal en effet que l'on mobilisât tant de forces pour libérer les Koweitiens riches et que l'on ne fasse rien pour les Palestiniens pauvres annéxés depuis 1967.

Ils étaient surtout scandalisée par le faît qu'on invoquât contre le dictateur Irakien les principes des droits de l'Homme alors que jamais ces principes n'avaient été brandis contre les régimes de leurs alliés et protégés du Golfe pourtant figurantparmi les régimes les plus répressifs et les plus rétrogrades de la planète.

Il se développa ce moment d'un bout l'autre du Monde Arabe une grande méfiance et parfois une profonde hostilité contre les idées des droits de l'homme assimilées par des populations chauffées blanc par la propagande ultra-nationaliste une idéologie géometrie variable, utilisée pat les occidentaux des fins de pénétration culturelle et de domination politique.

C'est dans ce contexte passionel et dangeureux que la LTDH fût la seule grande association de la société civile en Tunisie et dans le Monde Arabe a adopter une position basée sur les seuls principes des droits de l'Homme.

Tout le long de la crise, elle s'éleva dans une série de communiqués, contre l'annexion du KOWEITt, les violations des droits de l'Homme dans tous les pays de la région , toute instrumentalisation des pricipes de la Declaration Universelle la logique de guerre des puissances occidentals , l'embargo imposé au peuple Irakien et ne cessa de plaider pour une solution pacifique du conflit

Cette approche de la crise défendue et symbolisée par M.MARZOUKI, prenait rebrousse poils non seulement l'opinion publique, mais beaucoup de cadres et de militants de la Ligue elle même pour qui la question nationale prenait soudain le pas sur le vernis des droits de l'Homme affiché jusque l..

M.MARZOUKI publia en Mars 1991, une libre opinion dans un grand magazine de Tunis ou il a essayé d'évaluer le bilan et les responsabilités d'une aventure militaire dont le dénouement plongea les populations arabes dans un profond abattement.

Dans cet article, il condamna la guerre et la politique "deux poids deux mesures" des puissances occidentales' mais condamna tout aussi sévèrement l'annexion et la politique "deux poids ,deux mesures" de la grande majorité des intellectuels arabes qui oublièrent les exactions de Saddam Hussein contre son propre peuple acceptèrent et justifierent la disparition par la force d'un pays souverain tout en dénonçant la logique de la force chez les autres.

Il montra le lien entre la nature dictatoriale du régime Irakien et l'aventeurisme de SADDAM HUSSEIN et fustigea enfin le rôle néfaste joué par la presse populiste qui n'a cessé de présenter le dictateur comme le nouveau "Saladin" qui allait apporter aux Arabes d'illusoires revanches.

CE fût alors le tollé général. La presse nationaliste traina dans la boue pendant trois mois l'iconoclaste. On publia dans l'un d'eux une pétition en prmière page de soi-disant porte parole des citoyens de "Douz" dont M.MARZOUKI est originaire et reniant officielement le "renégat".

Le plus grave fût la réaction au sein de la Ligue elle même.Le prmier vice-président, ex membre du parti "Baas" de Saddam Hussein rconverti sur le tard aux droits de l'Homme , publia un article exigeant la démission du président du la LTDH pour trahion. Un autre vice président, en campagne pour la presidence du barreau de Tunis, jela pour se concilier les voix des avocats nationlistes toutes ses activités la Ligue. Il lança de plus un véritable appel au meurtre contre M.MARZOUKI en déclarant un journal de la place que "la nation arabe n'a rien éspérer tant que vivront en son sein des gens comme MARZOUKI". La crise s'installa dans la ligue et celle ci en fût paralyséé pendant des mois.

Le débat déborda le problème de la démission de M.MARZOUKI pour questionner et mettre en doute l'Universalité des droits de l'Homme, pour opposer ces droits aux... droits des peuples.

C'est cette période d'intense contestation des droits de l'Homme dans la société comme au sein de l'association la plus censée les incarner , que M.MARZOUKI comprit l'urgence d'enraciner les droits de l'Homme non seulement dans une tradition de militantisme ,mais aussi et surtout dans une tradition culturelle et que le combat devait d'abord être gagné sur le plan ds idées.

Seule la brusque aggravation de la situation des droits de l'homme en Tunisie fit taire momentanément les dissensions internes car c'était existence de la ligue toutes tendances confondues qui était pour la premiére fois en jeu

Un projet culturel

Le dédiement à la cause des droits de l'Homme de M.Marzouki est parti de l'observation qu'il a fait de l'expérimentation occulte pratiquée sur les malades dans les hopitaux universitaires ou il exerçait. Il en fera son sujet de thèse de médecine en 1973 et publiera Paris en 1979 un livre sur la question (L'arrache -corps ou l'epérimentation en médecine)

Ce livre écrit en français (traduit en Espagnol en 1981)décrit les graves violations dont sont victimes certaines catégories de malades. Il démontre que les cobayes appartiennet toujours des groupes discriminés ethniquement, politiquement et socialement. Il dénonce comme dérive inacceptable une pratique occulte qui subordonne l'intérét d'une personne concrète souffrante a celui d'entités abstraites comme la "Science" la "Societé" ou l'"Etat". Le livre est un plaidoyer pour circonscrire un phénomène plus courant qu'on le croit et pour la stricte protection du droit des patients disposer librement de leur corps.

Parrallelement son engagement professionnel dans la Medecine communautaire, M.MARZOUKI est interpéllé par la gravité de la crise politique de son pays.

Il s'implique fond dans les batailles d'une société civile naissante pour s'émanciper du corset où elle était tenue prisonnière, par un régime de culte de la personnalité et de parti unique, qui était la fin des années 70 le lot d tous les pays arabes.

L'observation de type quasi- médicale de la dictature fut le sujet d'un livre publié en Arabe Tunis en 1985 et intitulé "laisse s'eveiller mon pays",titre reprenant un vers du celebre poète Benguali "Tagore". Dans ce livre M. Marzouki montre en quoi la dictature est l'un des élements clé expliquant et perpétuant le sous -développement des pays arabes. Il décrit son effroyable coût humain. il explique en quoi elle rend impossible les mutations nécessaires dûes auxnouvelles technologies.

L'affrontement idéologique en cours dans le Monde Arabe entre une pensée Marxiste sur le déclin et une pensée Islamiste en plein essor fait réflechir Moncef Marzouki sur ce qu'il appelle la pensée dogmatique et lui consacre son livre

"La raison enchainée ou du rêve de liberation au cauchemar de l'arbitraire" publié Tunis en 1990. Dans ce livre il analyse les traits communs toutes les pensées dogmatiques et décrit leur lente émergence comme formes intellectuellement dégradées et politiquement manipulées de révoltes anciennes et d'éspérances trahies.il analyse le lien entre la violence dans la théorie (la certitude d'avoir raison) et la violence politique (justifiée par la certitude que l'autre a tort).

L'alternative cette pensée grosse de toutes les intolérances et donc de toutes les violences c'est la pensée des droits de l'Homme que MONCEF MARZOUKI va présenter dans un livre -presque publié- Tunis en 1993 intitulé: "les droits de l'Homme une nouvelle perspective" .Ce livre est une redéfinition des concepts litigieux comme le progrés ,l'identité culturelle,l'universalisme, et la politiqu partir des princies de la Déclaration Universelle de 1948.

Une approche plus philosophique est tentée dans un ouvrage publié au Maroc intitulé "l'Homme sacré ou Esai sur la Declaration Universelle"

M. Marzouki analyse la naissance de cette derniere en tant qu' évenement unique dans l'Histoire de l'Humanité.C'est le premier texte fondateur de lois et de morale vocation universelle . A la fois transculturel, négocié,

consensuel et rationnel, il est le fondement de l'Humanisme modene radicalement différent de celui du dix -huitiéme siecle occidental, L'Hommen'est plus le statut- privilege du mâle de la culture dominante mais celui de toute personne humaine.

M.MARZOUKI opère une lecture complexe du texte. Il essaye de montrer qu'il est la fois une exellente description du malheur d'être homme quand les trente articles sont lus négativement (tous les hommes n'ont pas le droit la liberté, a la santé, l'intégrité physique etc....).

lu positivement le texte peut ëtre interprété la fois comme une série d'objectifs identiques pour la premiére fois toute l'Humanité, comme une "Déclaration Universelle des devoirs de l'Homme" ou comme un consensus sur une définition opérationelle de ce qu'est un homme. En lisant les articles sur le mode sousjacent de l'interdit (tu ne tortureras point.. Tu ne prendra pas d'esclave etc..) L'auteur démontre la permanence de l'esprit religieux qui fait de l'Homme un être "haram" c'est dire en Arabe la fois sacré et interdit.

La guerre civile en Algérie amène M.MARZOUKI a proposer aux lecteurs arabes une réfléxion sur les rapports entre violence et l'absence de démocratie. Dans son livre publié Beyrouth en 1996 intitulé "La seconde Indépendance ou pour un Etat democratique Arabe" il montre en quoi la democratie est la seule alternative la guerre civile larvée ou patente. Elle est est pour lui une guerre symbolique ou la violence est évacuée et médiatisée par le verbe, la seule arme autorisée,par les affrontements électoraux par les "victoires" et les "défaites" les mises mort symboliques des chefs qui perdent le pouvoir sans perdre la vie. .M .Marzouki plaide pour l'instauration d'un état démocratique arabe qui seul pourrait transmuter la violence physique en violence symbolique et réaliser la seconde indépendance ,celle de la société civile ,la premiere n'ayant été que celle de l'Etat national.

Moncef Marzouki a sillonné la Tunisie depuis le début des années 80 pour parler dans le villes et les villages les plus reculés des droits de l'homme et ce jusqu'a ce qu'il en a eté empéché partir de1990- 91.

Il a publié sur quinze années dans la presse tunisienne et notamment dans un journal, qui fût jusqu'a sa disparition en 1987, le porte parole des démocrates tunisiens "ERRAi" (l'Opinion") ; un grand nombre d'articles remarqués sur sa grande problématique: Comment ancrer dans la culture séculaire ce nouvel et magnifique apport qu'est la pensée et la pratique des droits de l'Homme.

Une priorité dans la priorité

Le glissement qui a amené M.MARZOUKI de la médecine aux droits de l'Homme s'est fait progressivement par la réflexion sur les problèmes éthiques de sa profession et surtout par son action en faveur de l'enfance.

M. Marzouki s'est investi dès son retour en Tunisie en 1979 dans de multiples actions dont l'objectif était d'améliorer la santé des petits tunisiens.

Préférant agir dans les villages pauvres du pays, il a quitté les hopitaux universitaires de la capitale pour diriger une expérience de santé communautaire dans une région desservie par la faculté de medecine de Sousse (KALA KBIRA). Son action consistait a élaborer et implanter des programmes de vaccination, de surveillance des grossesses, d'éducation sanitaire et de participation communautaire dans une région défavorisée.

C'est dans ce cadre qu' il va se consacrer à la lutte contre la mortalité infantile et surtout contre le handicap chez l'enfant.

Dans un travail de recherche primé en 1981 par le "Congrès Médical du Maghreb" Il a analysé les causes de la trop grande fréquence des handicaps chez l'enfant au "Maghreb" et a proposé des programmes de prevention qui ont été appliqués en Tunisie à partir de 1983. Président de l'association d'aide aux handicapés moteurs(AGIM) de Sousse , Il sera avec les autres militants des associations à l'origine d'une loi nationale de protection des handicapés. En 1984 il est membre de la commission nationale chargée d'appliquer certaines des dispositions de la loi.

Il a écrit pour les enfants une histoire illustrée de la médecine et des fascicules d’éducation sanitaire traitant des sujets les plus importants pour chaque tranche d'âge.

Il s'est intéressé à partir de 1983 aux problèmes très mal connus en Tunisie, de la maltraitance, la négligence et des sévices subis par les enfants. Il publie dans l"international journal" de l'IPSCAN, la première étude sur ce sujet menée dans une société Arabo-musulmane.

En 1984, il fonde avec des universitaires africains un réseau pour la prévention de la maltraitance et la négligence de l'enfant en Afrique (ANPCAN).

Le réseau a essayé d'implanter dans toute l'Afrique ,parfois avec l'aide de l'UNICEF, des sections nationales pour évaluer la situation des enfants et constituer avec les autres associations de la societé civile une force de lobbying en leur faveur. L'intérét spécifique du réseau s'est focalisé autour des problèmes tels que les enfants de la rue, les enfants exploités et les mutilations sexuelles chez la petite fille.

En 1989 il a participé à Addis Abeba - sous l'égide de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA)- un groupe de travail spécial chargé de l'élaboration de la charte africaine des droits de l'enfant et à une consultation africaine concernant le projet de" la Convention Internationale des droits de l'enfant" du 30 novembre 1990.

En novembre 1991 pour féter le premier anniversaire de la "Convention", et en sa qualité de president de la Ligue tunisienne, il a organisé à Tunis un congrès african des associations des droits de l'Homme du continent, pour discuter de leur rôle dans l'application et le suivi de la convention.Nelson Mandela enverra à ce congrès une lettre très chaleureuse d'encouragement.

En 1996 l'"IPSCAN" décerne au Dr Marzouki le prix "Henri kempe Memorial lecture" pour son action en faveur de l'enfance africaine. Interdit de quitter le pays, c’est sa fille Nadia qui ira à Dublin en août 1996, recevoir le prix à sa place et c'est la présidentede l'IPSCAN qui lira son discours.

Auparavent en 1994, c'est sa fille ainée Myriam qui est allée à New York pour la même raison, recevoir le prix que décerne annuellement "Human Rights Watch" aux militants des quatre coins du monde.

En septembre 2000 il est élu à Durban en Afrique du sud président du Résau Africain pour les enfants négligés et maltraités d’t le siege est à Nairobi et qui comprend 19 sections dans autant de pays Africains essentiellement anglophones.

Un cap maintenu

A sa sortie de prison en juillet 1994 et au vue de la situation de la Ligue, Marzouki battit le rappel des rares militants décidés à continuer la lutte.

Il anima pour la deuxiéme fois un groupe informel de défense des droits de l'Homme dans des conditions de quasi-clandestinité et continue à le faire jusqu'à ce jour.

Ce groupe se charge depuis trois ans de coordonner les activités de défense des prisonniers politiques, essaye d'apporter un soutien moral aux familles. Il collecte les informations sur les victimes, alerte les organisations internationales telles qu'Amnesty International. Il assure le suivi de certains dossiers symboliques comme celui de Néjib Hosni, avocat connu pour sa défense des prisonniers politiques de tous les bords et incarcéré plus de deux ans à cause de cette activité. Il continue surtout à suivre le problème prioritaire de la torture.

Le pouvoir empêcha M.Marzouki de participer à deux conférences internationales sur le sujet où il était invité (Athènes en juin 1996 - Stockolm en septembre 1996). Il s'est fait représenter par un avocat membre du groupe.

En sa qualité de médecin, Il assure personnellement le traitement et l'orientation des victimes de la torture qui, en secret, font appel à lui.

Pour le 10 décembre 1995 le groupe rendit public un appel signé par 126 intellectuels pour l'amnistie générale et la réconciliation nationale.

C'est toujours ce groupe traqué coordonné pa M.Marzouki qui s’est chargé de la dangeureuse mission de défendre les droits de l'Homme face à un régime policier qui les insulte doublement en les bafouant et en s'en réclamant.

C’est avec ce groupe qu’il a fondé le Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT) qui est aujourd’hui le fer de lance de la lutte pour la Démocratie en Tunisie.

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