Deux livres dénoncent le clan de la première dame de Tunisie

Publié le par TUNISIE STOP TORTURE

Par Dominique Lagarde, publié le 03/10/2009 11:06

 

Pour la première fois, un livre dénonce la cupidité de la belle-famille du président Ben Ali. Il fera réagir.

Le dernier livre de Nicolas Beau et Catherine Graciet (La Régente de Carthage. Main basse sur la Tunisie. Ed. La Découverte, 177 p, 14 €) devrait déplaire à Tunis. Les deux journalistes y racontent en effet comment le "clan" de Leïla Trabelsi, l'épouse du président Zine el-Abidine Ben Ali, aurait réussi, en quelques années, à mettre la main sur des pans entiers de l'économie tunisienne.

Leïla Trabelsi avait demandé l'interdiction de ce livre au Tribunal de grande instance de Paris, mais elle a été déboutée le 30 septembre, et condamnée à verser 1500€ à la maison d'édition du livre. La Régente de Carthage est donc sorti comme prévu le 1er octobre.

Le président tunisien et sa femme, en octobre 2004.

REUTERS/TAP/Pool

Le président tunisien et sa femme, en octobre 2004.

Outre Leïla Trabelsi, le récit met en scène trois personnages principaux: son frère Belhassen, spécialisé dans l'achat à bas prix de terrains classés au patrimoine historique et revendus à prix d'or après avoir été déclarés constructibles; son neveu Imed, soupçonné par la justice française de s'être approprié un yacht volé dans le port de Bonifacio; Sakhr el-Materi, enfin, époux de Nesrine, l'une des filles du couple Ben Ali.

Ce dernier possède plusieurs sociétés, vient de prendre le contrôle du dernier groupe de presse indépendant du pays et rêve de succéder à son beau-père. Pas sûr, cependant, qu'il y parvienne: selon les auteurs, Leïla Trabelsi ambitionnerait, alors, de conserver le pouvoir pour elle, avec l'aide de quelques hommes de paille.

Il arrive cependant que des hommes -et des femmes- résistent. A la tête de plusieurs établissements scolaires, dont le lycée Louis-Pasteur, Mohamed et Madeleine Bouebdelli ont toujours refusé d'accorder des privilèges aux enfants des membres du clan.

Ce fut, aux yeux de Leïla, leur premier tort. Leur second était d'occuper un terrain de 10000 mètres carrés, qui vaut de l'or, au centre de Tunis. Ils ont été contraints de fermer leur lycée. Mohamed Bouebdelli vient de publier, à compte d'auteur, un livre (Le jour où j'ai réalisé que la Tunisie n'est plus un pays de liberté. Disponible sur www.bouebdelli.com ou www.bouebdelli.org). Il y appelle les Tunisiens à se mobiliser pour la démocratie.

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