Zakia Dhifaoui violée et torturée Ben Ali doit être jugé par la Cour Pénale Internationale

Publié le par Mondher SFAR

Nous venons d'apprendre avec colère et consternation les sévices sexuels dans les geôles de Ben Ali dont a été victime une journaliste militante membre du Forum démocratique pour le travail et la liberté (FDLT), et membre de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie (ALTT) suite aux manifestations de soutien aux syndicalistes du bassin minier de Gafsa.
Dans une interview accordée au quotidien suisse Le Temps, quelques heures après sa libération, Madame Dhifaoui a eu le courage de parler avec pudeur de son calvaire : «J'ai passé trois mois et dix jours à la prison de Gafsa. Au début, j'ai été violée. Aujourd'hui, je suis en bonne santé, mon moral est bon et je n'ai qu'une idée en tête: continuer mon travail de journaliste et de politicienne. Mais je ne sais pas si j'aurai le droit de le faire.» (Voir Le Temps du 7 novembre 2008, et Tunisnews, même date, interview accordée à Isolda Agazzi, InfoSud).
Nous savons que la plupart des autres détenus dans la même affaire ont aussi été torturés, comme l'ont été et le sont encore une importante proportion des prisonniers politiques depuis l'accession du général Ben Ali aux affaires en 1984.
La torture et le viol pratiqués à grande échelle en Tunisie benalienne constituent selon les critères de l'ONU un crime contre l'humanité. Ils constituent aussi des armes faciles mais efficaces entre les mains du règime pour semer la terreur dans tout le pays. Ben Ali l'a compris depuis qu'il a pris ses fonctions de premier flic en 1984. La torture est pour lui la baguette magique qui fait de tout Tunisien un mouton, parce que humilié et terrorisé.
Nous demandons que ces crimes qui perdurent depuis 24 ans en Tunisie – pour ne compter que le règne benalien - soient dénoncés et combattus avec la dernière énergie par tous les Tunisiens.
Nous demandons que le premier responsable de ces crimes et donneur d'ordre le général Ben Ali soit arrêté et jugé avec ses complices et exécuteurs devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité.
Nous demandons aux militants de se mobiliser sérieusement contre ces fléaux que sont la torture et le viol des femmes qui gangrènent toute notre société et qui sont la clé de voûte de tout le système de terreur policière.
Nous exprimons à Madame Zakia Dhifaoui les sentiments de notre solidarité et nous lui apportons notre sympathie pour ce qu'elle a subi de la part de brutes inhumaines, et nous l'encourageons à porter plainte auprès de la Cour pénale internationale contre ses bourreaux et contre leurs donneurs d'ordres.

Le Bureau
Paris, le 9 novembre 2008

Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe
1 rue Cassini – 75014 Paris – Tél . 01 43 29 68 98

 

Publié dans ESPACE INFO

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