POURQUOI LE DICTATEUR BEN ALI A MIS ZAKIA EN PRISON

Publié le par JOURNAL Mouwatinoun

Zakia Dhifaoui est en prison. Militante de la premiere heure au FDTL, responsable au sein de la fédération régionale à Kairouan où elle est correspondante du journal Mouatinoun, elle est aussi très active dans le champ associatif ( LTDH, ATFD et AI) et syndical ( UGTT).
C’est pour tout cela qu’elle a été arbitrairement arrêtée quelques heures après avoir couvert dans la ville de Rdeyef une manifestation pacifique qui a rassemblé plusieurs certaines de femmes en solidarité avec les familles des militants emprisonnés à la suite du mouvement de contestation sociale qui s’est développé dans la région du bassin minier de Gafsa tout au long du premier semestre de 2008.
La suite, on la connait. Un interrogatoire musclé dans les locaux de la poBVV lice à Gafsa suivi d’un simulacre de procès semé d’irrégularités touchant aussi tien la procédure que le fond et aboutissant, le 14 Août 2008, à une condamnation à huit mois de prison ferme qui par sa sévérité a surpris tous les observateurs et en premier lien les avocats venus en grand nombre pour révéler le vide juridique et dénoncer le non droit.
L’instrumentalisation de la justice pour régler ses comptes avec les opposants est une pratique coutumière du pouvoir. C’est l’acharnement contre Zakia et la sanction «  exemplaire » dont elle est victime qui suscitent surprise et indignation.
L’explication est dans la frilosité extrême du autorités à propos de tout ce qui touche la situation dans le bassin minier. Une frilosité qui frise l’obsession, et suscite toute sorte de dérapages allant jusqu’à extorquer des aveux sous la menace de viol...
Les autorités en veulent à tous les activistes. C’est un fait établi et les exemples ne manquent pas. Elles ont tout fait pour isoler Rdeyef, la ville la plus remuante. Elles en veulent à Zakia d’être venue «  d’ailleurs »  et d’avoir franchi l’infranchissable frontière cadenassée de Rdeyef. Comment expliquer autrement qu’elle fut seule à être arrêtée parmi les centaines de femmes présentes à la manifestation du 27 juillet ?
Il y a aussi le « crime de solidarité » avec ceux et celles que le pouvoir a décidé de combattre. Là aussi Zakia a enfreint la règle imposée du chacun pour soi dans un pays où le pouvoir veut décider de tout et prétend  être à la fois l’Etat et la société.
C’est aujourd’hui mercredi 10 septembre que  Zakia passe devant la cour d’appel de Gafsa. La voix de la raison et du droit finira t- elle par se faire entendre¨.

(Source : « Mouwatinoun » (Hebdomadaire – Tunis), organe du FDTL, N° 73 du 10 septembre 2008)

Publié dans CHRONIQUE

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