Tunisie: Zakia Dhifaoui en prison malgré une peine réduite en appel

Publié le par AFP

AFP  16.09.08 | 19h12

La militante tunisienne Zakia Dhifaoui a été condamnée en appel à quatre mois et demi de prison pour avoir participé en juillet à une marche de soutien au mouvement de protestation sociale dans la région de Gafsa (350 km au sud de Tunis), a-t-on appris auprès de son parti.
Ce verdict a été prononcé lundi par la cour d'appel de Gafsa, où elle avait été condamnée le 14 août en première instance à huit mois de prison ferme pour 'insubordination, troubles de l'ordre public, entraves à un fonctionnaire dans l'excercice de ses fonctions et atteinte aux bonnes moeurs'.

Une source judiciaire a confirmé mardi ce verdict et affirmé que Mme Dhifaoui, comme ses co-accusés, 'n'a pas été poursuivie en ses qualités de responsable politique et militante des droits de l'Hommes, ni pour avoir exprimé des opinions, mais bien pour des délits de droit commun dépassant les limites de la protestation pacifique'.
Arrêtée le 29 juillet à Redeyef au lendemain de la marche, Zakia Dhifaoui, responsable du Forum démocratique du travail et des libertés (FDTL, légal) à Kairouan (centre), perdra son emploi à l'Education nationale après sa condamnation à une nouvelle peine de prison.
Le chef de son parti, Mustapha Ben Jaafar, s'est dit 'choqué par ce verdict issu, selon lui, d'un procès fabriqué'. 'En fait, Zakia a reçu une sanction exemplaire pour avoir osé briser l'étau autour de Redeyef en venant soutenir les femmes de cette ville assiégée par les forces de sécurité', a-t-il dit à l'AFP.
Mme Dhifaoui a été rejugée en même temps que six autres manifestants, dont quatre enseignants et un fonctionnaire, qui ont vu leur peine réduite de moitié à trois mois de prison par la cour d'appel de Gafsa.
Ces militants ont été arrêtés et poursuivis après leur participation à une 'marche féminine de soutien aux victimes' de la répression du mouvement de protestation de juin à Redeyef, ville minière de la région de Gafsa, théâtre de troubles sur fond de chômage et de revendications sociales.
Mme Dhifaoui avait été arrêtée chez Jomaa Hajji, épouse de Adnane Hajji, leader du mouvement de protestation emprisonné et initiatrice de la marche des femmes réclamant la libération de proches détenus ou poursuivis dans le cadre de ce mouvement.
Les autorités tunisiennes avaient fait état de l'arrestation de Mme Dhifaoui et de son jugement, les manifestations de rue étant interdites de facto en Tunisie pour raison de sécurité.

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