Les magouilles des Ben Ali, Trabelsi, Materi and Co. (vu bk)

Publié le par bakchich.info

C’est de notoriété publique : la Tunisie est pillée sans vergogne par la voyoucratie qui règne à Carthage. « Bakchich » exhume ses archives qui récapitulent les derniers méfaits des clans Ben Ali, Trabelsi et Matéri. Terrible !
 
Les exploits des Trabelsi
 
Imed, Belhassen… Honnis par les Tunisiens, ils ont en commun de s’appeler Trabelsi, d’aimer bâfrer et d’être apparenté à Leïla, l’épouse du président Ben Ali.
 
Patrimoine historique : Belhassen Trabelsi y fait ses emplettes
Le frère de Leïla, première dame de Tunisie, Belhassen Trabelsi, a encore fait de jolis achats. Il a mis la main sur un terrain de Sidi Bou Saïd, jadis propriété du Mufti de Tunis, et sur lequel il veut bâtir une vilaine bicoque de deux étages. Autre conquête immobilière de cet incorrigible : un jardin public de Tunis où il a fait construire un showroom pour les automobiles Ford, dont il est le représentant en Tunisie. Il faut le comprendre : depuis que les Émiratis ont investi dans le secteur immobilier, les prix se sont envolés…
 
Cerise sur le gâteau, Belhassen Trabelsi a également acheté pour la très modique somme de 60 000 dinars un lopin de terre de huit hectares situé dans une zone classée monument historique par les Nations Unies. Et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit du site archéologique des Citernes de Carthage. Ni une ni deux, Trabelsi a fait déclasser son lopin avec l’approbation du ministère tunisien de la Culture. L’Unesco a eu beau protester, rien n’y a fait.
Mais il n’y a pas que le patrimoine historique tunisien que Belhassen siphonne. La compagnie aérienne nationale, Tunisair, en fait aussi les frais puisque cet indécrottable glouton utilise gratuitement ses différents services (réparation, catering, entretien des avions…) pour assurer la survie de sa propre compagnie, Karthago Airlines.
 
Imed Trabelsi : du yacht volé aux casinos, tout est bon à prendre !
 
Officiellement, Imed Trabelsi est le fils de Moncef Trabelsi, frère aîné de la première dame Leïla Ben Ali. Ceux qui savent soutiennent qu’il n’est pas le neveu de la pharaonne Leïla mais son propre fils issu d’un autre lit. Méfiance toutefois ! L’affaire est sensible et a valu à des courageux ayant ouvert cette boîte de Pandore d’être embastillés. Cet imbroglio familial n’empêche pas pour autant le rejeton Trabelsi de mener ses affaires comme il l’entend. Un joli mandat d’arrêt international a d’ailleurs été délivré contre lui par la justice française dans la truculente affaire du yacht volé du patron de la banque d’affaires Lazard Frères (relire un article de Bakchich ici).
 
Qu’importe, cela n’empêche guère Imed Trabelsi de faire cracher les chefs d’entreprises tunisiens ! Tous les jours, à 8 heures pétantes, il téléphone à plusieurs d’entre eux et leur dit en substance : « Je suis le gendre du président Ben Ali. Il va effectuer un déplacement vers chez vous. Je vous propose un abonnement de 3 000 dinars (2 000 euros) pour préparer les banderoles de bienvenue. Je vous envoie tout de suite quelqu’un chercher le chèque. »
 
Autre épisode de la vie du rejeton Trabelsi qui en dit long sur ses mœurs : celui du Manhattan. Aaah, le Manhattan… L’an dernier, pour fêter l’anniversaire de sa fille, le consul des États-Unis à Tunis a réservé cette discothèque bien connue d’Hammamet. Faisant fi des portiers qui lui refusaient l’entrée arguant qu’il s’agissait d’une soirée privée, Imed Trabelsi parvient à s’imposer. N’est-il pas le gendre du président Ben Ali ? Sauf qu’à force de draguer lourdement les invitées américaines, italiennes et françaises présentes, Imed a fini par énerver le consul, l’obligeant à passer un coup de fil salvateur. Quelques minutes plus tard, l’intrus se trouvait sous bonne garde dans un 4x4 qui l’a ramené à Tunis. Le président Ben Ali n’a pas jugé utile de protester.
 
Sakher Materi, chef de gang
 
En 2004, Sakher Materi a épousé l’aînée de Leïla et du président Ben Ali, Nesrine, d’où son sobriquet de Monsieur Gendre. Ce jeune homme n’est pas un inconnu de la famille Ben Ali. Il est le fils de l’officier Moncef Materi, un ami de promo de Ben Ali, du temps de Saint-Cyr, qui avait tenté de renverser Bourguiba en 1962. Une amitié de longue date que Ben Ali s’est empressé d’oublier, du temps de Bourguiba, puis de renouer une fois aux commandes du pays. Pour le plus grand bonheur de Sakher qui bâfre sans retenue. Un seul exemple : voulant mettre le grappin sur la Banque du Sud (plombée par des créances douteuses) au moment de sa privatisation, il a tout bonnement emprunté à ladite banque l’argent nécessaire pour acquérir des parts avant de les revendre au prix fort, et d’investir ses 17 millions d’euros de plus-value chez le fournisseur officiel de voitures de la smala au pouvoir : Enakl, représentant exclusif de Volkswagen, Audi et Renault véhicules industriels. Sans parler des marinas qu’il a construit dans la banlieue de la capitale tunisienne.
 
Dans le gang des Materi, Sakher n’est pas le seul à dérailler. Ainsi, son oncle, le puissant hommes d’affaires franco-tunisien Tahar Materi, qui préside entre autres les laboratoires pharmaceutiques Adwya, vient d’être mis en examen en France par le juge Ramaël pour « atteinte à la vie privée » et « usage de faux » dans une sale affaire d’ordre privée avec son épouse. La pauvre avait été jetée quelques temps en prison en Tunisie.
 
Les Ben Ali pas en reste
 
La sœur du Général-Président, Najet Ben Ali, a raflé plus de 60% du marché tunisien de la friperie. N’étant pas de ce milieu, elle a décidé de « vendre » cette concession à des professionnels triés sur le volet et qui, moyennant finances, revendent les fripes en question. Il leur est toutefois formellement interdit de mettre la main sur les vêtements de luxe (soieries, fourrures…) qui représentent en moyenne 10 % de la marchandise. Celles-ci sont réservées à sœur Najet qui les asticote et les revend au prix fort (et du neuf) dans les sept boutiques de luxe qu’elle possède en Europe.
 
Lien : http://www.bakchich.info/article3558.html

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