Tunisie: examen "grotesque" du Conseil des droits de l'homme, selon des ONG

Publié le par AFP

GENÈVE -  AFP 

 Des associations internationale et tunisiennes ont vivement dénoncé mardi l'évaluation de la Tunisie par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, estimant "grotesques" les avancées évoquées par certains pays.
"Nous avons été choqués d'entendre des délégations décrire des avancées en matière de droits de l'homme absolument grotesques" en Tunisie, s'est indigné Antoine Madelin, de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), au deuxième jour de l'Examen périodique universel (EPU).
"J'ai été particulièrement choqué par la description du Japon qui a dit que la Tunisie était un modèle de démocratie, alors que le président Ben Ali a été élu à plus de 90% des voix, en étant le seul candidat", a-t-il poursuivi.
De son côté, le ministre tunisien de la Justice et des Droits de l'homme, Béchir Tekkari, s'est lui félicité devant la presse que "les Etats (aient) salué les avancées du pays en matière de droits de l'homme" lors de cet examen.
Pour Khadija Chérif, présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates, "la déception était telle, que je n'ai pas pu rester dans la salle".
"Ce nouveau mécanisme (du Conseil) a complètement échoué dès le départ", a pour sa part estimé Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme. "Les Etats se disent qu'il faut être gentils avec les autres Etats pour qu'ils ne soient pas critiqués lorsque viendra leur tour d'être évalués", a-t-il ajouté.
Le Conseil a adopté en juin 2007 le principe de vérification périodique. Il prévoit, pour la première fois de l'histoire de l'ONU, que chaque pays y soit soumis une fois tous les quatre ans.
Le Conseil actuel a été mis en place l'an dernier en remplacement de la Commission des droits de l'Homme, qui s'était, de l'avis général, discréditée.
Le régime du président Zine El Abidine Ben Ali est accusé par les ONG de défense de droits de l'Homme et des opposants d'avoir imposé un "Etat de non droit" où la torture est pratiquée et les médias sont censurés.
Sur ce dernier point, le ministre tunisien de la Justice a affirmé "assumer la censure contre certains sites internet mais seulement parce qu'ils incitent à la violence ou à la pédophilie".
 

Publié dans ESPACE INFO

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