Examen du rapport de la Tunisie à l'ONU

Publié le par ATS

   Genève (ats) La Tunisie a pris mardi, devant le Conseil des droits de l'homme, l'engagement d'inviter les rapporteurs spéciaux de l'ONU. Le ministre tunisien de la justice Béchir Tekkari n'a cependant pas donné de date.
 
   Le ministre n'a pas non plus précisé, ni devant le Conseil, ni devant la presse, quel rapporteur de l'ONU sera invité en premier, en principe cette année.  
 
   Lors de la présentation du rapport de la Tunisie au cours de la deuxième journée de l'examen périodique universel (EPU), Béchir Tekkari a cherché à réfuter les critiques sur le respect des droits
de l'homme dans son pays. Il a affirmé que le droit tunisien interdit tout acte de torture.
 
   Selon lui, seuls les sites internet incitant à la violence, à des actes terroristes ou à la pédophilie sont fermés en Tunisie. La réforme du code de la presse est en bonne voie, la liberté d'expression est complète, les défenseurs des droits de l'homme exercent librement leurs activités, sauf s'ils commettent des violences ou des délits de droit commun.
 
Les ONG "choquées"
 
   Les militants des droits de l'homme se sont par contre déclarés "choqués" par les débats au Conseil. Devant la presse, le directeur de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) Antoine Madelin a affirmé que "les avancées" louées par plusieurs pays sont en totale contradiciton avec la situation en Tunisie.
 
   "L'auto-évaluation conduit à l'auto-absolution", a fait remarquer le responsable de la FIDH. Les débats du Conseil sont en outre en porte-à-faux avec les conclusions du comité des droits de l'homme de l'ONU, dont les experts ont examiné il y a deux semaines le rapport de la Tunisie.
 
   Selon la FIDH, l'ambassadeur de Tunisie auprès de l'ONU a transmis à certains Etats des propositions de questions.  
 
   Pour l'avocate Radhia Nasraoui, "la torture est une méthode de gouvernement" en Tunisie. Elle a fait état de 30 cas récents d'arrestations et de mauvais traitements.
 
   Pour l'opposante Sihem Bensedrine, la Tunisie est un "Etat de non-droit". Elle a déploré "le nivellement par le bas" du Conseil des droits de l'homme.
 
   Le président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme Moktar Trifi a rappelé que son site internet est interdit, de même que celui de la section tunisienne d'Amnesty International, contrairement aux dires du minstre. "L'examen du rapport de la Tunisie a été surréaliste", a-t-il confié aux journalistes.
 
   Les trois pays membres de la troïka chargés du rapport de la Tunisie, désignés par tirage au sort, soit la Bosnie, l'Ile Maurice et la Chine doivent rédiger d'ici jeudi leurs conclusions. Le rapport final sera adopté en juin par le Conseil des droits de l'homme.
 
(Source: www.romandie.com , le 8 avril 2008)

Publié dans ESPACE INFO

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