Ben Ali: Mon nom est complot

Publié le par SLIM BAGGA

Un proverbe bien de chez nous, Tunisiens, veut qu'un fils s'adressa un jour à son paternel en ces termes: "Oh, mon père, quand deviendrons-nous des gens respectables et honorables?" Et le père de répondre: "Lorsque les vieux du quartier, qui nous connaissent fort bien, auront disparu". Sages paroles qui s'adaptent parfaitement aux familles Ben Ali-Trabelsi qui règnent sur la Tunisie d'une main de fer sur le plan politique, et comme des mafieux de la pire engeance pour ce qui est de tout le reste...

 

Dans mon article paru sur Tunisnews lundi dernier, j'avais prévenu le Général et promis un article quotidien s'il ne tenait en laisse ses chiens. Et voilà que le 21 février, un torchon à sa solde du nom de "Biladi" s'attaque de nouveau à "L'Audace" et moi-même. Alors, allons-y: tous ceux qui me connaissent savent que je tiens ma parole, et que j'ai si peu de considération pour cette mafia que je n'hésiterais jamais à en dévoiler les frasques ni lui rappeler de quels bas fonds elle est issue.

 

undefinedCommençons par les Trabelsi. Un ami de passage à Paris me rappelait à juste titre récemment: "Le peuple tunisien n'a rien compris à cette famille. Il est vrai qu'il montre depuis quelque temps son exaspération devant certaines de ses pratiques, mais que pouvait-on espérer d'un Moncef Trabelsi, qui ramassait par terre les mégots de cigarettes et qui, 20 ans plus tard, brasse des milliards accumulés grâce au racket, au vol, aux détournements et à la contrebande? Que pouvait-on attendre d'un Imed Trabelsi, voyou, né de nulle part (en tout cas on ne sait d'où)  et qui grâce  au feu vert de sa  vraie mère Leïla, à l'obséquiosité de ministres de la République, de Pdg d'entreprises et de l'Administration, se permet de circuler dans une grosse cylindrée immatriculée "IT", non assurée,  probablement volée  comme tantr d'autres en Europe, et  qui malmène des  familles entières et les honnêtes gens sans histoire?"  Tout cela pour plaire à Leïla.  Le Général  est fou amoureux de cette dernière, et  quand on aime on ne compte pas. En l'occurrence, pour ce Général-policier sans envergure, c'est tout un peuple qui ne compte plus, dès lors que ce que la Pharaone veut, Ben Ali le veut...

 

Et Ben Ali lui-même, maintenant. Voilà un homme qui n'a réussi qu'une chose en 20 ans de règne tyrannique; donner d'un petit pays autrefois respecté grâce à la modération de son peuple et à l'aura de Bourguiba une image carrément aux antipodes: celle d'un Etat quotidiennement épinglé par les Organisations de défense des droits de l'homme, et celle de son chef , la risée de ses pairs dans le monde...

 

undefinedOn a beau chercher une seule caractéristique propre à Zinochet, qui soit à la hauteur des espérances. Niet! Nada! On n'y décèle qu'un piètre agent de renseignement, un dictateur qui ferait retourner dans leurs tombes Staline, Idi Amin  et Bokassa réunis. Sinon comment expliquer que du complot de Gafsa en 1980, à l'attentat contre la synagogue de Djerba en 2002 et jusqu'à l'affaire des salafistes de Soliman en décembre 2006, celui qu'on présente comme un rempart contre la violence n'y avait vu que du feu ou n'avait rien vu venir.

 

Ceci expliquant cela, voilà pourquoi l'encensement quotidien à travers la presse pour vanter les mérites du "lider minimo" tunisien. Car un homme qui a autant de vertus n'a pas besoin d'autant d'étalage. Sauf s'il veut rivaliser avec un certain Kim Il Jong...

 

La   vérité est que Ben Ali est l'homme de deux caractéristiques: le complot, et la fuite devant ses adversaires politiques dont il règle le compte par presse de caniveau interposée, et non par des arguments les yeux dans les yeux.

 

Pour exceller dans la conduite la plus répréhensible à l'image d'un pays, il sait y faire...

 

Rappelons-nous: en 1974, au lendemain de l'Union avortée avec la Libye, celui qui n'était encore que le Commandant Ben Ali, patron de la Sécurité militaire dut être limogé sur instruction de Bourguiba, sur l'insistance aussi de Wassila Ben Ammar et  du ministre de la Défense de l'époque, feu Hédi Khefacha. Et pour cause, dans la liste des ministres composant le gouvernement de l'Union, figurait "l'inconnu" Ben Ali en tant que ministre de la Sécurité sur proposition... du Colonel Kaddafi. C'est dire s'il n'y avait pas anguille sous roche.

 

Ben Ali sera donc muté en tant qu'attaché militaire à l'ambassade de Tunisie à Rabat, Rabat où précisément l'hôtel Hilton se souviendra toujours de ses frasques, et où de nombreux restaurants huppés se souviendront de ses notes impayées...

 

Il en fut de même au lendemain de son limogeage suite au complot de Gafsa. Envoyé en tant qu'ambassadeur auprès d'un autre Général de triste mémoire, Jaruzelsky, il brilla par ses beuveries en public. Pour un espion, futur président de surcroît, avouons qu'il y a de quoi avoir honte.  Alors lorsqu'il fait traiter ses opposants de traitres ou d'ivrognes, cela ne rappellerait-il une célèbre théorie: la projection du coupable?

 

Cher collègue, au nom des traitres à la Patrie, n'est ce pas parce qu'ils ne vous ont pas suivi dans ce que vous savez le mieux faire, que Khemais Chammari, Mokhtar Trifi, Moncef Marzouki, Sihem Bensedrine, Néjib Chebbi, Omar S'Habou, Ahmed Bennour ou moi-même (et j'en oublie) sommes traités d'agents de l'étranger, du Mossad, d'El qaïda, bref de ce qui devrait figurer dans votre propre CV?

 

Voilà un aperçu hebdomadaire sur ce que je me ferais un plaisir de publier chaque fois que vos chiens s'en prennent à moi. Et c'est loin d'être fini. En attendant de publier certaines photos non truquées dont le peuple tunisien se régalera à leur découverte.

Alors, Un Général averti, en vaudra-t-il deux?

 

Slim Bagga

Publié dans CHRONIQUE

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