Petite synthèse sur la situation en Tunisie du dictateur le général Ben ALi

Publié le par Omeyya Seddik

La situation en Tunisie ces derniers temps est des plus inquiétantes. Outre une conjoncture socio-économique explosive illustrée notamment par une révolte populaire dans le sud-ouest du pays contre la cherté de la vie et contre une politique déterminant un taux de chômage très fort, le nombre de grèves non contrôlées par la centrale syndicale unique est en très forte augmentation.
Face à cela le régime autoritaire du général Ben Ali investit principalement dans le sécuritaire et le répressif. Un appareil policier et judiciaire hypertrophié lui sert, à l’intérieur du pays de principal instrument de gestion du mécontentement par la peur, au niveau international il lui sert à recueillir le soutien des Etats-Unis et de l’Europe en se positionnant comme un agent zélé de la Guerre Globale contre le Terrorisme.
Pour justifier ce statut et pour diffuser la terreur dans sa population, le pouvoir multiplie les poursuites, les arrestations et les procès en lien avec une loi antiterroriste promulguée en décembre 2003. Ce type de procès, dont l’écrasante majorité est construite à partir de dossiers complètement vides, concerne maintenant des milliers de Tunisiens et de Tunisiennes. Ceux-ci sont en règle générale soumis à la torture et à toutes sortes de mauvais traitements et sont souvent condamnés à des peines très lourdes. La plupart des ONG de défense des droits humains, nationales et internationales, se sont alarmées de cette situation et ont condamné à chaque fois les procédures en question. Le procès qui fait l’objet de la pétition et de la mobilisation rapportées ci-dessous est l’une de ces mascarades.Ces derniers jours, un autre procès s’est déroulé à propos de la seule affaire (parmi des centaines) où des faits matériels constatés sont reprochés aux prévenus. Il s’agit de l’Affaire dite de « Soliman », du nom de la ville prés de laquelle des fusillades ont opposé des jeunes islamistes aux forces de l’ordre. Ce procès s’est tenu en présence de nombreux observateurs nationaux et internationaux qui, tous, ont dénoncé les violations systématiques de la procédure et des droits de la défense. Ce procès s’est conclu par une condamnation à mort confirmée en appel, plusieurs condamnations à la prison à vie et à des peines très lourdes d’emprisonnement.
La répression brutale et les mauvais traitements peuvent toucher tout le monde. La semaine passée deux femmes, mesdames Ksila et Abbou déléguées par une association de défense des droits humains et par une association de lutte contre la torture, sont allées recueillir des témoignages de familles de prévenus en vue de l’élaboration d’un rapport sur la situation judiciaire en Tunisie. Elles ont été rouées de coups par la police politique et se sont vues confisquer tout leur matériel d’enquête.
Plus largement, le pays vit une situation de blocage qui dure depuis des années. Le pouvoir de M. Zine el-Abidine Ben Ali, qui a accédé à la présidence suite à un putsch contre Habib Bourguiba le 7 novembre 1987 soutenu en sous-main par les Etats-Unis d’Amérique et par l’Italie. Il s’est construit un appareil policier énorme et omniprésent ; il a mis en place un système de clientélisme et de prédation financière et économique qui permet à quelques familles du sérail de contrôler la plus grande partie des ressources et des flux financiers du pays ; il a instauré un état d’exception permanent et non déclaré qui étouffe toute expression de contestation et qui diffuse une terreur dans la population.
Monsieur Zine el-Abidine Ben Ali a imposé un changement de la Constitution afin de pouvoir se présenter sans limite aux élections présidentielles, sachant que toutes celles qui ont précédé étaient des parodies où les résultats étaient connus d’avance (96% a été le score le moins bon du Président). Des élections présidentielles doivent avoir lieu en octobre 2009, et il semble qu’une bonne partie de l’opposition démocratique habituellement très divisée, ait l’intention de s’opposer à ce que ce soit une réédition des échéances passées. D’ores et déjà, Monsieur Ahmed Nejib Chebbi, une figure connue de l’opposition, ancien dirigeant du Parti Démocratique Progressiste, a déclaré sa candidature soutenus par des personnalités politiques, associatives et syndicales diverses. Il compte pendant les deux ans qui nous séparent de l’échéance électorale mener une campagne populaire large afin d’établir qu’il est possible de s’opposer frontalement au pouvoir en place et de défendre une alternative crédible et populaire. A suivre…
La pétition ci-dessous concerne un procès parmi tant d'autres. Il est assez représentatif de la manière dont la justice est administrée en Tunisie. Il se trouve par ailleurs qu'y est impliquée une personne très chère à l'auteur de ces lignes.
Pour toutes précisions, informations complémentaires, références ou contacts :
00 33 (0)6 87 75 74 84 ou zonegrise@yahoo.fr
Omeyya Seddik

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