LE GENERAL & DICTATEUR ZINE EL ABIDINE SE VENGE DU JOURANLISTE SLIM BOUKHDHIR

Publié le par Luiza Toscane

Le calvaire de Slim Boukhdhir, journaliste emprisonné

Le 1er février dernier, l'Observatoire pour la protection des Droits de l'Homme (1), évoquant la situation de Slim Boukhdhir, se félicitait que « ses conditions de détention aient été récemment améliorées », mais déplorait « que M. Boukhdhir soit maintenu à l'isolement ». Car depuis qu'il a été écroué à la prison de Sfax, les autorités pénitentiaires s'acharnent sur ce prisonnier : brimades infligées par ses codétenus, cellule insalubre, visite de son avocat, maître Mohammed Abbou, empêchée en décembre dernier à la veille de son procès en appel, et le 24 janvier 2008, sa famille n'a pu lui rendre visite.

Pour autant, le répit constaté par l'Observatoire aura été de bien courte durée. Certes, Slim Boukhdhir a de nouveau droit aux visites de sa famille, chaque jeudi, mais le harcèlement a repris de plus belle : les visites au parloir sont très brèves, parfois ne dépassant pas les cinq minutes. Des agents sont présents qui enregistrent tous les propos échangés et terrifient les enfants du prisonnier, un garçonnet de six ans et une fillette d'un an et demi, quand ce n'est pas le directeur de la prison lui-même qui s'invite au parloir. Début février, Slim Boukhdhir a menacé de faire une nouvelle grève de la faim si ces conditions ne s'amélioraient pas, insistant également sur le fait que le couffin apporté par sa famille lui parvient… vidé de certains aliments, systématiquement.

Jeudi dernier, il a eu pour la première fois droit à recevoir un couffin intact et a renoncé à sa grève de la faim. Toutefois, il s'est plaint de ses conditions d'incarcération : cellule exiguë et insalubre, avec des toilettes à l'intérieur de la cellule, dégageant une puanteur insupportable dans la pièce, laquelle ne dispose d'aucune source d'aération. Slim Boukhdhir présenterait même certains symptômes de l'asthme.

Chaque jeudi, accompagnez par vos pensées Dalenda, son épouse, qui se rend à la prison de Sfax avec ses enfants.

Écrivez à Slim Boukhdhir : N° 27312, prison civile de Sfax, Tunisie

Pour rappel, Slim Boukhdhir est un journaliste indépendant, correspondant d'El Qods Al arabi et du site Internet de la chaîne satellitaire Al Arabiyya, et qui publie aussi des articles sur Tunisnews et Kantara (médias en ligne); après des années de persécutions dues à ses écrits (licenciement du quotidien Echchourouk, agressions sur la voie publique, menaces de mort, privation de passeport pendant trois ans,) il a été interpellé le 26 novembre 2007, lors d'un contrôle d'identité de passagers d'un louage Sfax-Tunis. Le taxi collectif avait été suivi depuis son départ de Sfax par une voiture banalisée. Slim Boukhdhir se rendait au poste de police de Khaznadar pour récupérer le passeport que les autorités s'étaient engagées à lui restituer, après qu'il eût mis fin à une grève de la faim. Alors que ce contrôle était présenté comme « routinier », il fut apostrophé par son nom par les agents en civil accompagnant ceux de la garde nationale !
Il refusa de présenter ses papiers d'identité, déniant à des personnes en civil le droit de l'interpeller.

Le tribunal cantonal de Sakiet Ezzit (gouvernorat de Sfax) le condamna le 4 décembre 2007 à huit mois d'emprisonnement pour « outrage à fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions », quatre mois d'emprisonnement pour « atteinte aux bonnes mœurs » et à cinq dinars d'amende pour « refus de présenter sa carte d'identité aux forces de l'ordre », soit un an d'emprisonnement, condamnation confirmée lors de son procès en appel le 18 janvier 2008.

Les procédures d'arrestation, de garde à vue et d'interrogatoire ont été entachées de vices et d'irrégularités criantes et lors de son procès, suivi par de nombreuses ONG et des représentants de chancelleries étrangères, il n'a pu bénéficié de la confusion des peines, écopant d'une sentence particulièrement disproportionnée, politique en somme.


Luiza Toscane

(1) l'observatoire est un programme conjoint de la Fédération Internationale des ligues des Droits de l'Homme (FIDH) et de l'organisation Mondiale contre la Torture (OMCT).

 

Publié dans ESPACE INFO

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LE VESCERIEN 19/02/2008 20:26

Certes,l'injustice est Reine partout où les hommes sans nul mérite sont Rois !Que ceci se passe dans un pays du Maghreb ou dans un autre pays arabe, cela n'étonne point.Ni DEMOCRATIE ni EXPRESSION LIBRE ne sont tolérés par des Gouvernants qui n'ont rien de Gouvernants.Osons espérer n'empêche un prompt rétablissement du droit de M. SLIM BOUKHDHIR.==========================LEMILITANTSANSFRONTIERES==========================