Tunisie: grève de la faim controversée d'un opposant emprisonné

Publié le par AFP

AFP, samedi 16 février 2008
TUNIS - La famille d'un opposant emprisonné, Aderrahmane Tlili, a affirmé samedi qu'il poursuivait une grève de la faim commencée le 16 janvier alors que les autorités tunisiennes assurent que ce détenu s'alimente normalement.
"Mon fils continue de jeûner et sa santé s'est extrêmement détériorée", a indiqué par téléphone à l'AFP Fatma Tlili, la mère octogénaire du prisonnier, se déclarant elle-même en grève de la faim "jusqu'à sa libération".
"Contrairement à ses allégations, M. Abderrahmane Tlili n'est pas en grève de la faim (et) il continue à recevoir des aliments de la part de sa famille, en plus des repas qui lui sont servis trois fois par jour" en prison, a affirmé samedi à l'AFP une source judiciaire.
M. Tlili, 63 ans, fondateur de l'Union démocratique unionniste (légale) et candidat malheureux à l'élection présidentielle en 1999, est en grève, selon sa famille, pour dénoncer des "atteintes à ses droits de détenu" et "les mauvais traitements infligés en général aux prisonniers politiques".
Selon la source judiciaire, l'état de santé de M. Tlili est "normal".
"Les antécédents médicaux du détenu ne suscitent aucune inquiétude et font l'objet d'un suivi régulier de la part de l'équipe médicale de l'administration pénitentiaire et de médecins spécialistes des hôpitaux publics", a-t-on assuré.
La grève annoncée du détenu n'est qu'"une manoeuvre visant à détourner l'opinion publique sur le véritable statut de M. Tlili", affirment les autorités, qui rappellent que celui-ci avait été "condamné pour détournement de fonds publics et blanchiment des fonds (...) par l'acquisition de plusieurs biens immobiliers à l'étranger".
Abderrahmane Tlili, qui se dit victime d'un "procès fictif", a été condamné en 2003 à neuf ans de prison notamment pour "détournement à son profit de fonds" de l'Office de l'Aviation civile et Aéroports qu'il dirigeait.
Selon les autorités, il se refuse à restituer à cet office l'équivalent des fonds détournés, soit 6,8 millions de dinars (3,8 millions euros).

Ses proches ont fait état de requêtes du bâtonnier français Mario Stasi auprès de Tunis pour la libération conditionnelle du prisonnier "atteint de maladies incurables".

Publié dans ESPACE INFO

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