TUNISAIR-CARTHAGO : Les nouveaux magouilleurs du ciel ou la danse du loup

Publié le par Marwan Ben Mustapha

 

20 ans de Benalisme ont parachevé tout ce qui restait et nous rattachait encore à la Tunisie de point de vue institutionnel, politique, économique, social et éthique. Aux valeurs morales, délaissées, mais universellement reconnus, de sincérité, vérité, condamnation du vol, franchise, honnêteté, bravoure, bannissement de la corruption, aide, entraide, loyauté …, la société tunisienne, sous le règne de Ben Ali, a cédé la place et épousé les valeurs de mensonge, vol, hypocrisie, traîtrise, corruption, égoïsme, opportunisme, fraude, prostitution …

 

A l’image de son chef, la vitrine est rose mais le jardin secret est gris, voire obscur. N’est-ce pas Sartre qui disait un jour : « le système de valeurs (d’une société) reflète sa structure … ».

 

Si jamais les 7 familles qui pillent la Tunisie ont vite fait une grosse fortune, c’est grâce à l’aide directe d’une frange du peuple tunisien, qui s’est dépêché, pour quelques sous de plus, un avantage, un privilège quelconque, une notoriété fortuite ou un fauteuil de PDG d’une entreprise publique ou celui d’un ministre sans scrupules. Tout un chacun s’est vu se précipiter pour « un jour meilleur », même le petit sorcier (« Azzam ») du coin de la rue.

 

L’étude du cas des magouilleurs du ciel se présente comme l’illustration parfaite de ces propos.

 

A l’image de leurs prédécesseurs aînés, ces minables n’ont pas inventé la lune. La règle est simple : tu offres tes services gratuitement à l’une des familles qui pillent la Tunisie, la plus influente du moment, et tu grimpe rapidement tous les échelons jusqu’à la plus haute sphère du pouvoir.

 

Ils sont tous les deux ingénieurs en aéronautique de formation. Ils sont originaires de la région Gabès et se partagent la même haine envers les sahéliens. Le premier est natif de Hamma et fils d’un flic; le second, son complice, est natif de Metouia. Ils se nomment, respectivement Nabil Chettaoui et Mohamed Cherif. Le premier est PDG de Tunisair, tandis que le second est PDG de l’OACA.

 

aircraft_carthago_airlines.jpgComment cette paire est arrivée aux commandes de ces deux boites ? La magouille comme devise.

Bel Hassen Trabelsi, PDG de la compagnie Karthago Airlines, n’a jamais monté sa compagnie aérienne sans l’aide directe et gratuite offerte par Nabil Chettaoui, du temps où ce dernier était Directeur Général de l’Aviation Civile.

 

En effet, le montage d’une  compagnie aérienne n’a jamais été monnaie facile. Il vous faut un agrément ; des cadres expérimentés en opérations aériennes, planification et plans de vol, revenue management, techniques de vente ; des logiciels, des applications et des connexions avec les T.O., des représentants à l’étranger, une tour de contrôle des opérations aériennes, des réservations quotidiennes de slots d’enregistrement aux aéroports …

 

Tous ces services de base ont été offerts gratuitement par Nabil Chettaoui et son complice Mohamed Cherif à Bel Hassen Trabelsi et à sa compagnie Karthago Airlines.

 

N’empêche, cette compagnie ne fera un jour de bénéfices si l’on ne rajoute pas d’autres services offerts par nos deux entreprises nationales Tunisair et l’OACA gratis, c’est-à-dire aux frais de la princesse, pour les « beaux yeux » de Bel Hassen Trabelsi. En effet, sachez que les repas à bord sont offerts par Tunisair Catering, les services sont offerts par Tunisair Handling, les frais d’entretien, de maintenance et d’Engineering des moteurs des avions sont à la charge de Tunisair Technics, à telle enseigne que les 6 appareils, propriété de Karthago Airlines, ont le privilège d’être entretenue en priorité, quotidiennement, avant ceux de Tunisair, sur instruction personnelle de Nabil Chettaoui (Plus que ça, il arrive, le plus souvent qu’en cas de rupture de stock des pièces de rechange chez Tunisair, la pièce recherchée sera démontée de l’appareil de Tunisair flanqué au sol et remontée dans le moteur de l’avion de Karthago Airlines) et ce, afin de rentabiliser au plus le nombre d’heures de vol des appareils de Karthago Airlines aux dépens de ceux de Tunisair ; étant signalé que Tunisair n’a qu’un seul hangar pour l’entretien et la maintenance de ses appareils qui se trouve à l’aéroport de Tunis-Carthage et qui ne se suffit que pour un seul avion. Il arrive le plus souvent que l’appareil de Karthago Airlines s’opère (en GVT ou PVT) en 4 ou 6 heures (avec des équipes de mécaniciens de renfort) et deux ou trois, voire quatre appareils appartenant à Tunisair en attente de 2 à 4 mois flanqués au sol, allant jusqu’à la location annuelle d’une moyenne de 2 à 3 appareils pendant la haute saison.

 

Tous ces frais, je le répète, sont gratis. Ajoutés à cela l’exonération de paiement des taxes de stationnement à l’aéroport et des frais de slots d’enregistrement, offerts par l’OACA.

 

Le privilège accordé aux avions de Karthago Airlines touche, également, la planification du Plan de vol, offerte, aux dépens des PPV de Tunisair, par la Direction de la logistique et des opérations de Tunisair.

 

Le laxisme a frappé (et frappe toujours) de plein fouet dans la gestion quotidienne des affaires de Tunisair. Deux mois à peine installé dans son fauteuil, une vidéo pornographique a circulé dans des milieux lumineux montrant un acte sexuel complet photographié par un appareil GSM entre un passager suisse et une hôtesse de l’air tunisienne dans les toilettes du vol TU0814 reliant Le Caire à Tunis.

 

A peine débarqué à Tunisair, Nabil Chettaoui a ramené avec lui sa maîtresse, du nom de R…B (une blonde, cadre de l’OACA et qui travaille à l’heure actuelle au Salon d’honneur de l’aéroport de Tunis-Carthage).

 

Une circulaire émanant du 1er Ministère obligeant les grosses boites à renforcer leurs structures internes de contrôle et de rajouter un deuxième commissaire aux comptes.

 

Contrairement à  ces instructions et en vue d’avoir les mains libres sur les deniers publics, Nabil Chettaoui a vidé la Direction Centrale de contrôle de ses cadres et a nommé à sa tête un ingénieur en aéronautique.

 

A l’issue d’un appel d’offre pour le choix d’un deuxième commissaire aux comptes, 2 bureaux ont été qualifiés et leurs noms ont été communiqués au Ministère de la Tutelle pour choisir le mieux disant, comme le stipule la réglementation.

 

Deux semaines après, et lors du déroulement du Conseil d’Administration de Tunisair, et à la grande stupéfaction de ces membres, Nabil Chettaoui leur a demandé d’entériner sa proposition de nommer le Bureau de Raja Ben Ismaïl, comme adjudicataire mieux disant, un bureau qui ne figure même pas parmi la liste des 3 bureaux soumissionnaires.

 

Si on vous dévoile qui est cette Raja Ben Ismaïl, toute l’énigme se comprend. Elle est propriétaire de la société AMTA qui offre ses services de sous-traitance de cadres depuis des années à Tunisair. Elle est, également, membre de l’Association Besma. Inutile de se tromper d’adresse, on est loin des règles de la bonne gouvernance. Au lieu de se concentrer sur l’avènement des compagnies Low-Cost (à l’image de Transavia.com, filiale d’Air France) qui envahissent le ciel tunisien profitant de la politique des ciels ouverts  (la 5ème liberté) et de la problématique de la hausse fulgurante des prix du carburant, notre « brillant » PDG s’enfiche éperdument. On est là dans un Etat de non-droit.

 

Les frasques de Nabil Chettaoui ne s’arrêteront jamais. Il lui est arrivé à détromper le Président en lui assignant qu’il a été élu à l’unanimité Président de l’Union arabe des transporteurs aériens. Absolument faux.

 

En effet, le  Secrétaire général de l’AACO n’est autre que Mr. Abdul Wahab Teffaha et le Directeur du Comité exécutif est Mr. Atef Abdelhamid (pour un mandat chacun de 6 ans).

 

A tour de rôle et d’une manière biannuelle, le congrès de cette organisation panarabe se tiendra dans un pays et la présidence honorifique sera donnée systématiquement à la compagnie aérienne hôte de ce pays. Le tour étant arrivé à la Tunisie pour le congrès de 2008 (pour seulement 2 jours), et voilà que, Nabil Chettaoui saute sur l’occasion pour bombarder les média par une information mensongère et dénuée de toute vérité en se présentant comme l’heureux élu Président de l’Union arabe des transporteurs aériens avec en plus tous les honneurs et les félicitations du Président et les journaux de la place.

 

avion-TNSR.jpgUn vrai loup dans la peau d’un petit Chaperon Rouge. Tel est le vrai visage de ce grand magouilleur. Il  a inauguré son règne à Tunisair par un grand mensonge titré à la Une de Jeune Afrique / L’intelligeant : « Commandant Chettaoui ». Rappelant qu’il est ingénieur de formation et non un commandant de bord, on pourrait lui décerner amplement mérité le titre de Commandant en chef des magouilleurs de ciel. Il aura certainement à ses côtés Mohamed Cherif comme Lieutenant dans ses œuvres humaines. Ce ridicule singe se voit à l’heure actuelle plus fort que son ministre de tutelle et lui tient la tête. Pourquoi ne pas l’être si on s’occupe des affaires particulières des gendres du Président à leur arrivée à l’aéroport d’Orly comme le fait souvent Nabil Chettaoui, qui, plus encore danse sur deux cordes : il déjeune quotidiennement le jour avec Mohamed Sakr Fehd El Matri et dîne la nuit avec Bel Hassen Trabelsi

 

Jamais dans l’histoire de la Tunisie indépendante, deux PDG d’entreprises publiques ne se sont infortunés dans un laps de temps jamais égalé et autant que cette paire. Un recoupement des placements financiers effectués par ces deux PDG dès la date de leurs nominations et une étude minutieuse de l’acheminement de ces transactions nous a amené à des sommes d’argent blanchi colossales (des milliards de millimes) et à des comptes secrets à l’étranger.

 

Sous le règne de Rafâa Dkill, Tunisair a été vidé de 1206 cadres (les meilleurs de leur moment) au profit de Karthago Airlines. La même personne a externalisé les plus importants services de Tunisair en 7 filiales (à savoir : Tunisair Catering, Tunisair Handling, Tunisair Technics, Amadeus Tunisia, ATCT, Tuninter, SCI Essafa). L’objectif ultime était simple : faire profiter Karthago Airlines de leurs services dans un premier stade et les vendre par la suite à Bel Hassen Trabelsi.

 

Le premier acte de cette « restructuration » a été accompli par Rafâa Dkhil qui a obtenu en récompense son ascension au poste de Ministre, étant signalé au passage que durant cette période (2000-2004), Tunisair a accusé un déficit de 128 MD. Quant aux comptes personnels Rafâa Dkill, ils sont bien garnis avec 4 villas de luxe d’au moins un milliard de nos millimes chacune, à côté d’un centre commercial grandiose sis à Nouackchott (en Mauritanie).

 

Le second acte se joue à l’heure actuelle sous le règne de Nabil Chettaoui et sera couronné incessamment.

 

Les actes de pillage de Tunisair au profit de Karthago Airlines ne suffisent pas aux soldes de Nabil Chettaoui. La liste se complète par des dépenses pharamineuses de prestige, de sponsoring, de publicité, de placements d’argent dans des banques douteuses, la vente de deniers publics sans consentement des pouvoirs publics, le vol des recettes commerciales (Agence de Gabès, Représentation  de Tunisair  à  Jeddah, Représentation de  Tunisair  à Amsterdam … ); et la liste n’est pas exhaustive.

 

Aux dernières nouvelles, et sûrement pas la dernière, sentant que l’étau se resserre autour de lui et que ses magouilles et frasques ont été livrés au grand jour, Nabil Chettaoui a lâché son Secrétaire général, qui porte le nom de Khaled Lâadhari, sacrifié comme bouc-émissaire, larguant qu’il a été à l’origine de tous les maux de la compagnie, à la grande surprise de tout le personnel qui sait pertinemment que ce même  Khaled Lâadhari s’est opposé à maintes reprises aux dépenses pharamineuses engagées par son patron et ses proches collaborateurs. Vous vous rappelez certainement à ce titre de la journée de fête et de spectacle non-stop livrée par la déesse Asma Neifer, représentante de Tunisair à Nice, fraîchement débarquée à ce poste (sans aucun niveau scolaire, cumulant que des échecs là où elle passait ; d’ailleurs l’incompétence frappe tous les bras droits de Nabil Chettaoui à l’image des marionnettes S. F, I. A, et S. M; et des guignols A. G, M. D et M. B), défrayant la chronique ce jour là, invitant tout le monde de show-biz de la côte d’Azur et s’accompagnant d’une armada de journalistes venant directement de Tunis, pour assister à un spectacle de folklore, danse orientale et goûter toutes sortes de repas et délices purement tunisiennes.

 

La pilule de changement du Secrétaire général aurait été bien avalée par le personnel de Tunisair n’eût été leur parfaite connaissance de son successeur, qui porte le nom de Abderrahman Kochtali, reconverti d’un jour à l’autre, d’un simple Contrôleur d’Etat en un Secrétaire général, généreux esclave aux services de son patron, pour quelques sous de plus. Ce dernier a tout le temps donné son consentement le jour aux appels d’offre de location des divers restaurants, cafés, salons d’honneur et autres (propriétés de Tunisair et OACA) aux membres de la famille Trabelsi pour divulguer leurs noms et critiquer leurs magouilles la nuit. S’agit-il d’une nouvelle carte que Nabil Chettaoui est en train de jouer ou d’un futur bouc-émissaire ? Les prochains jours nous aideront certainement à comprendre au mieux ses magouilles.

 

Je ne me suis pas attelé longuement sur l’apprenti de Nabil Chettaoui qu’est Mohamed Cherif. Dans une prochaine édition, je vous fais foi de son dossier, notamment son renversement de son chef hiérarchique, Mr. Mohamed Ettaieb, ex-Directeur Général de l’aviation civile, qui peine, aujourd’hui, à retrouver ses facultés intellectuelles et physiques suite à la dépression qu’il a subi depuis son éviction. Sachez, tout simplement, qu’à l’heure où je fais ce témoignage, 34 directeurs de l’OACA sont à bout de souffle des pratiques frauduleuses de cet apprentis sorcier et qu’ils le menacent d’envoyer la pétition qu’ils ont rédigé et signé à l’unanimité à la Présidence de la République, s’il ne corrige pas sa copie.

 

Si cette omerta a perduré, c’est que tout le monde a trouvé (et trouve encore) son compte, même le côté syndicaliste. En effet, les deux fils du Secrétaire général de la Centrale ouvrière, Abdelsalem Jrad, travaillent à Tunisair pour les beaux yeux de leur père (puisqu’ils occupent des postes et touchent des honoraires sans même se soucier de signaler leur présence physique au sein de la compagnie). Idem pour le Secrétaire général de la Fédération nationale des transports, Mokhtar El Hili dont le fils continue ses études aux USA sur fonds directs de notre compagnie aérienne (et qui est en plus en train de parachever la construction de sa villa de luxe à El Manar sur fonds de corruption auprès des employés du secteur des transports qu’il prétend faussement défendre leurs intérêts).

 

Inutile d’attendre la dépêche du prochain remaniement, je pari que Nabil Chettaoui sera le futur Ministre des transports et que Mohamed Cherif sera le nouveau PDG de Tunisair.

 

Magouille ! Magouille ! au sol, dans le ciel ! Il reste toujours des places dans la haute sphère du «changement ».

 

Marwan Ben Mustapha

Publié dans ESPACE INFO

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amira ben mahmoud 07/10/2011 06:29



ya si marwan ou sont tes ecrits quant lezaba ben ali est ici arrete de culpabiliser les gens comme ca nous sommes tous coupable de cette corruption



amira ben mahmoud 07/10/2011 06:17



pourquoi pas



attia leila 27/01/2011 02:28



nebil chetaoui recevait des instructions de moncef et belhassen trabelsi , quant à med cherif 9alleb el vista, quand il est arrivé à la tete de l'OACA, il avait un compte débiteur, il
arrivait mal à achever la construction de sa villa et il demandait l' interventionn du directeur financier aupres de sa banque qui à ce moment là etait la biat charguia pour
rallongement d'échéancier et éventuel prets, il faisait appel à la générosité de l'amicale du personnel pour des preeeets et des sejours gratis dans des hotels luxueux.  


 


 


 


 



chaieb 18/01/2011 15:15




J'ai de plus amples informations à propos des agissements de Nebil Chettaoui quand il était Directeur Général de l'Aviation Civile. J'ai travaillé avec lui en tant qu'Ingénieur de l'Aviation
Civile chargé du service des accords aérien bilatéraux. Chaieb Abdelawaheb . 




Ali 12/10/2008 02:25

Quelques rectifications:
Nabil Chettaoui est bien le Président de l’Union arabe des transporteurs aériens.
Nabil Chettaoui n'a pas de maitresse, malgre les apparences
Nabil Chettaui est loin d'entretenir les relations decrites dans cet article avec les figures politiques citees dans l'article

Conclusion: L'auteur devrait verifier ces sources ou s'abstenir de mener de tels jugements et accusations