MOHAMED MZALI A SA PART DE RESPONSABILITE DANS LE MALHEUR TUNISIEN

Publié le par Abdelmajid Haouachi

Mohamed Mzali:  “ J’étais opposé à l’augmentation du prix du pain” 
 
En tant qu’ancien Premier ministre tunisien, Mohamed Mzali figure parmi les personnalités politiques tunisiennes les plus controversées. Lorsqu’il était à la tête du gouvernement tunisien, Mzali était pris dans la tourmente de la course au pouvoir, attisée par la vieillesse et la longue maladie de l’ex-Président de la République, Habib Bourguiba.

», Mzali revient sur les épisodes les plus épineuses de ces années difficiles. Ma part de vérité « Dans ses mémoires, intitulées

Au demeurant, l’ancien Premier ministre tunisien a évoqué avec notre confrère Haqaiq certains de ces faits marquants de l’histoire contemporaine de la Tunisie dont nous reprenons ci-dessous de larges extraits.

Au commencement, Mzali a estimé que ceux qui ont écrit leurs mémoires ne lui ont pas rendu justice, à l’instar de certains d’entre eux qui ont tenu des «propos calomnieux» à son égard «en l’occurrence l’ancien ministre Tahar Belkhodja».

«Celui-ci prétend dans ses mémoires avoir œuvré, naguère, à faire ingurgiter une dose de démocratie au système tunisien en place en 1981 alors que j’étais opposé à cette démarche, oubliant qu’il y a des témoins encore en vie qui savent très bien comment j’ai ajouté un paragraphe à la faveur d’une démarche démocratique au discours de Bourguiba et que j’ai dicté à Chedli Klibi avant d’en persuader l’ex-Président de la République».

Le devoir de mémoire

Mzali a, à ce titre, déploré le fait que certains historiens ont écrit l’histoire de la Tunisie sans avoir fait mention du moindre mot sur lui. Il a rappelé à cet effet que même le Maréchal Pétain n’a pas été relégué aux oubliettes dans l’Histoire de France.

Evoquant les interventions de l’ancien Premier ministre sur la chaîne satellitaire Al Jazira, notre confrère lui a indiqué certains propos signifiant que par ces interventions, l’ancien Premier ministre a surtout tenté de s’innocenter.

Ce à quoi Mzali a répondu en rappelant qu’il s’est «totalement investi pour persuader Bourguiba de la nécessité de reconnaître le Mouvement des Démocrates Socialistes en 1983 après le Parti communiste Tunisien en 1981».

Quant à ceux qui prétendent que Mzali a vécu dans le luxe après avoir quitté la Tunisie en 1986,l’ancien Premier ministre a précisé qu’ils n’avaient, ni lui ni sa femme de compte-courant à l’étranger. Il a «sans le sou», de nuit et à rappelé l’«aventure» qui l’a conduit travers «des champs minés», en Algérie, fuyant la peine de mort dont il était, à son avis, menacé après son éviction en 1986. Et lorsqu’à son arrivée en Algérie, le responsable algérien Chérif Msaadia lui a demandé s’il n’avait pas eu peur des loups, Mzali lui a

!» : «Les loups, je les ai laissé au palais de Carthage répondu

Une fois installé à l’étranger, il a été, comme il dit, «aidé par ses amis ainsi que par les monarques de l’époque d’Arabie Saoudite et du Koweït».

Son amour pour Bourguiba

Notre confrère l’a interrogé sur son amour constant pour Bourguiba, au mépris de tout ce qu’il a enduré lors et après son éviction. A ce titre, Mzali a indiqué qu’il considérait Bourguiba comme son propre père, qu’il lui a voué une considération hors du commun et qu’il était fasciné par sa personnalité.

vieux et malade et Il a ensuite regretté le fait que Bourguiba était « qu’il traversait parfois des périodes de perte totale de mémoire. Et qu’à cause de cet état il était influençable, d’abord par son ex-femme Wassila Ben

Ammar, ensuite par sa nièce Saida Sassi».

Mzali a à cet effet estimé qu’à l’origine de tous ces maux figure «la présidence à vie».

La révolte du pain

S’agissant du mois de janvier, si porteur d’évènements qui ont entaché la mémoire collective tunisienne, Mzali a affirmé que la journée du 26 » de l’histoire contemporaine de janvier 1978 a été une «journée noire la Tunisie, tout comme le 3 janvier 1984.

Il a estimé que lui et l’ancien Premier ministre, le défunt Hédi Nouira, ont tout deux fait l’objet de complots, Hédi Nouira le 26 janvier 1978 et lui le 3 janvier 1984.

«Les comploteurs étaient menés par Tahar Bekhodja en 1978 et par Driss Guiga en 1984», dit-il.

Le 3 janvier fut, selon lui, une journée noire en raison de la révolte qui a fait suite à une augmentation sans précédent du prix du pain.

Mzali a souligné qu’il était opposé à cette augmentation tandis que Driss Guiga menait une campagne en sa faveur. Il a indiqué également que «c’est le Président de la République qui a tenu à réviser à la hausse le prix du pain” et que sous la contrainte il a obéi à sa volonté. Quant aux évènements qui s’en sont suivis, Mzali accuse le ministre de l’Intérieur de l’époque, Driss Guiga, d’avoir «vidé» les rues des forces de l’ordre, créant ainsi un climat favorable à l’anarchie. Il a tenu, à cet effet, à innocenter toute les factions de l’opposition alors de toute immixtion dans “ la sédition du pain”.
 
(Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1152 du 24 janvier 2008

Publié dans ESPACE INFO

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as2caro 30/01/2008 23:16

Mzali  a laissé des louftons  à Carthage mais maintenant ils sont devenus des loups...pour sauver sa face il a intérêt de lutter contre la 2 ème dictature, le seul héritage que l ancien dictateur  Habib Bourguiba a  laissé aux tunisiens  avec la complicité de Med  Mzali, Idriss Guiga, Foued M' Bzaa, Taher Belkhodja, Hedi Baccouche , Hamed el Karoui,  Abdelaziz Ben Dhia, le figitif Abdallah Kallel,  Adelwaheb Abdallah,  Abderrahim Zouari, Mohamed Essayeh, le général  Habib Ammar  et j en passe...Mzali c est une poule mouillée en aucun cas il  a  osé critiquer  ou au moins évoquer  la répression violente  de Zine el Abidine  Ben Ali lorsqu' était  directeur de la sûreté national avant le sinistre coup d état de novembre 1987