Le journaliste Slim Boukhdhir victime d’une machination juridico-policière

Publié le par CNLT / TUNISIE

Tunis le 28 novembre 2007 
Le journaliste Slim Boukhdhir comparaîtra le 4 décembre prochain devant le tribunal cantonal de Sakiet Ezzit à Sfax (Seconde ville de Tunisie, située à 270 km de la capitale) pour répondre de charges « d’outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions », « d’atteinte aux bonnes mœurs » et de « refus de présenter sa carte d’identité aux forces de l’ordre ».
Slim Boukhdhir est un journaliste freelance qui a choisi de collaborer avec des journaux étrangers après avoir été licencié de son journal pour avoir osé critiquer un proche de Ben Ali. Il n’a cessé depuis, de faire face à une série de harcèlements et d’agressions multiples de la part de la police politique.
Privé arbitrairement de son passeport, il a été contraint de faire une grève de la faim de15 jours pour obtenir son droit au passeport au début de ce mois. Le 25 novembre, il avait reçu une convocation pour venir chercher son passeport au poste de Khaznadar (banlieue de Tunis) où il résidait. Le 26 à l’aube, il avait pris un taxi collectif de Sfax où se trouve sa famille, pour se rendre à Tunis. A 04.30 du matin, la voiture était arrêtée par la garde nationale (gendarmerie) pour « contrôle ». Mais Slim est apostrophé par son nom par des policiers en civil qui le suivaient depuis la veille et qui accompagnaient les agents de la garde nationale lui demandant de présenter sa carte d’identité. Ce dernier refuse en déniant aux « Civils » la qualité de l’interpeller. Très vite le ton monte et Slim est arraché de force de la voiture et conduit au poste de police de Sakiet Ezzit, localité où était arrêté le taxi collectif. Il est passé à tabac par les policiers, puis placé sous mandat de dépôt illégalement alors que le parquet, qui était saisi par ses avocats, ignorait son arrestation.
Le 27 au matin, il est présenté devant le tribunal cantonal du même district dans une procédure de flagrant délit et accusé d’avoir agressé verbalement les agents de police. Le juge a refusé de le laisser parler, axant son interrogatoire uniquement sur le refus de présenter sa carte d’identité, un délit mineur, puni par une amende de 5 DT (3 euros). Slim Boukhdhir risque pour les autres charges une peine d’un an et demi de prison ferme.
En contre partie, toutes les plaintes en justice déposées par Slim Boukhdhir pour les différents abus dont il a été victime de la part de la police, sont restées sans suites.
Cette nouvelle affaire ressemble à une provocation cousue de fil blanc, visant à priver un journaliste indépendant et audacieux non seulement de son droit au passeport, mais également de sa liberté.
 
Le CNLT
Exige la libération immédiate de Slim Boukhdhir et l’arrêt des poursuites contre lui.
Il exige l’ouverture d’une enquête sur les mauvais traitements dont il a été l’objet au poste de Sakiet Ezzit et la sanction judiciaire des agents coupables de l’atteinte à son intégrité physique.
Pour le Conseil
La porte-parole
Sihem Bensedrine

Publié dans ESPACE INFO

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