La Tunisie sur la sellette devant le Comité de l'ONU contre la torture

Publié le par AFP

GENÈVE, 23 nov 2007 (AFP)

 Le Comité de l'ONU contre la torture a condamné la Tunisie pour le passage à tabac d'un militant des droits de l'Homme et a déclaré recevable la plainte pour torture et

mauvais traitements d'une franco-tunisienne, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

 

M. Ali Ben Salem, âgé à l'époque de 67 ans, a été roué de coups le 26 avril 2000 dans un commissariat de Tunis après avoir été arrêté alors qu'il accompagnait des journalistes venus soutenir leur confrère Tawfik Ben Brick. Celui-ci menait une grève de la faim pour protester contre la confiscation de son passeport.

 

M. Ben Salem, fondateur du Conseil National pour les Libertés de Tunis (CNLT) et de l'Association Tunisienne de Lutte contre la Torture (ALTT) avait été aspergé de gaz lacrymogène et roué de coups

jusqu'à ce qu'il perde connaissance. Des examens médicaux avaient ensuite diagnostiqué de graves lésions de la colonne vertébrale, un traumatisme crânien et des contusions.

 

Réuni en session à Genève jusqu'à vendredi, le Comité contre la torture, composé de dix experts indépendants, a estimé que les violences infligées au sexagénaire constituaient un acte de torture, selon un document auquel l'AFP a eu accès.

 

Les experts de l'ONU ont demandé à la Tunisie de mener une enquête immédiate et de punir les coupables.

 

Mme Saadia Ali, une franco-tunisienne habitant à Paris, âgée de 47 ans à l'époque des faits, a porté plainte devant le Comité de l'ONU pour avoir été rouée de coups jusqu'à l'évanouissement par un garde dans les geôles du tribunal d'instance de Tunis le 22 juillet 2004 après une altercation avec un fonctionnaire du tribunal.

 

Amenée ensuite de force devant une juge, celle-ci lui avait notifié une peine de trois mois d'emprisonnement avec sursis. Une fois libérée, Mme Ali avait constaté qu'elle avait été délestée de son argent et d'une bague. Un médecin urgentiste avait relevé de multiples ecchymoses et contusions ainsi qu'un traumatisme crânien, selon un document qu'a pu se procurer l'AFP.

 

Le Comité de l'ONU contre la torture a donné deux mois aux autorités tunisiennes pour enquêter sur les faits.

 

 

Publié dans ESPACE INFO

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