Ben Ali, Leïla et la densité de la bêtise

Publié le par SLIM BAGGA

Les défenseurs de Ben Ali, de son épouse et de son régime corrompu ne manqueront pas encore une fois d'accuser "L'Audace" de s'opposer systématiquement à tout ce qui se décrète à Carthage. Ils tenteront aussi de prétendre que nous nous contredisons en prenant aujourd'hui la défense de Souha Arafat, la veuve de l'ex-président palestinien, qui a été déchue de sa nationalité tunisienne début août, de manière aussi soudaine que brutale. Mais que nous importeront les élucubrations des flagorneurs de tous poils, dignes disciples du manipulateur en chef. Car quoi qu'il en fût dans cette macabre affaire de séparation entre le couple présidentiel tunisien et la veuve palestinienne, c'est un problème de morale qui nous interpelle le plus. La morale, justement...cette règle de conduite absolument étrangère à l'esprit de notre Général-Président et de sa compagne, Leïla Trabelsi.

Voilà, en effet, une épouse palestinienne de Yasser Arafat, qui ne dédaigne pas l'argent ni faire commerce avec des personnes peu scrupuleuses pour ne pas dire sans scrupule. Elle se lie d'amitié avec Leïla, son miroir. Et cette alliance motivée par les intérêts pécuniaires va prospérer des années durant sur fond de braconnage de marchés publics et privés comme ceux de la téléphonie mobile (ORASCOM, entre autres).

Souha Arafat appartient alors désormais au cercle intime qui hante le Palais, et notre bienveillant Général-Parrain la prit sous son aile, ainsi que sa fille, et leur attribue il y a tout juste un an la nationalité tunisienne. Le fait que la nouvelle direction palestinienne considéra ce geste d'un mauvais oeil ne le gêna pas outre mesure. Et puis, en matière de protection des mafieux, des riches  veuves et orphelins et des personnes traînant toutes sortes de casseroles, Ben Ali sait y faire. Depuis l'implication à Paris, dans les années 90, de son propre frère Moncef dans un tristement célèbre trafic de drogue, il n'en est pas à son premier coup d'essai. D'autant que dans le cas qui nous intéresse, la veuve éplorée a pour "marraine" Leïla Trabelsi elle-même, la puissante et incontestée Pharaone de Tunis.

Soutien de Leïla, donc, mais pas seulement. Le Tout-Tunis évoquait depuis de longs mois déjà la liaison "amoureuse" entre le chef de gang des Trabelsi, Belhassen, dont le couple n'a jamais cessé de battre de l'aile depuis son mariage imposée à l'aînée des Jilani, avec la veuve Souha. Il ne faut là non plus chercher une quelconque flamme rapprochant les deux tourtereaux, car la seule motivation est l'argent et les affaires...

Le dernier scandale auquel sont mêlées Leïla Ben Ali et Souha Arafat est la fermeture préméditée du lyçée privé Louis Pasteur, qui dispense depuis de longues années un enseignement français de qualité, dans le but de récupérer les élèves, enfants de nantis, au sein d'une autre école privée à Carthage appartenant à ce duo de femmes d'enfer, improvisées elles-mêmes pédagogues du jour au lendemain. Ainsi, et de la sorte, les mauvaises langues qui soutenaient que dans une autre vie, Leïla vendait du jasmin devant une gare parisienne n'en seront que discrédités et mettront un terme au colportage de leurs rumeurs insignifiantes et motivées par la hargne. Notre Pharaone Leïla I est, pour ceux qui l'ignorent encore, une pédagogue de première classe, licenciée ou même docteure en Droit (à vérifier auprès de son porte-parole Abdelaziz Ben Dhia). Par conséquent, même si ce coup bas contre le lyçée Louis Pasteur est préjudiciable à la coopération franco-tunisienne en matière d'enseignement et de culture, cela n'a que peu d'importance car ce que la Pharaone Leïla I veut, Dieu Ben Ali le veut...

Reste à expliquer les raisons qui ont amené Ben Ali à déchoir ad nutum Souha Arafat de la nationalité tunisienne. Inutile de chercher: c'est une affaire de fric, d'argent sale et de comportement mafieux de Leïla Ben Ali contre son amie et hôte. ('voir les détails dans les infos page 5 et suivantes).
Il fut un temps où la Tunisie était gouvernée par des hommes politiques responsables et réfléchis. Il est lamentable de constater que depuis deux décennies, notre pays est géré par les sautes d'humeur et les comportements voyous d'un couple et d'une famille qui font fi de toutes les règles morales et de bienséance...

Evoquant Bourguiba, on parle toujours à l'étranger de la densité de l'homme; évoquant Ben Ali et ses proches, l'on ne peut amèrement penser qu'à la densité du racket et de la bêtise humaine...

(Source : "L'Audace" (Mensuel tunisien– France), N° 151, septembre 2007)

 

Publié dans CHRONIQUE

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