Le petit Goebbels de Carthage

Publié le par Nejib BACCOUCHI

Lettre ouverte à Borhane Bsaiess
Il a fallu attendre que la tempête de 18 octobre se calme pour t’écrire, afin que tu puisses bien m’écouter. Cette lettre est un devoir de mémoire indispensable pour tous ceux qui t’ont fait aveuglement confiance. Quelques lignes de souvenirs et de dégoût à propos d’un compagnon de route amnésique.
Depuis quelques temps, tu squattes, avec d’autres apparatchiks et prébendiers, le champ médiatique et culturel tunisien. Mais, en temps de disette les charlatans sont très prisés. Ce phénomène est révélateur de la stérilité d’un système obligé "chiner" ses porte-voix dans « la brocante » des intellectuels en solde : les Mezri Haddad, les Ridha Mellouli, les Hsouna Mesbahi, les Afif Lakhdhar ...etc.
A l’aise dans ton uniforme de fonctionnaire de la pensée, mercenaire des idées, tu n’a cessé, contre vents et marrées, de défendre un régime enfoncé dans la boue jusqu’au cou. Je me demande d’où tu as le courage de regarder ta face, que te renvoie la glace le matin, lorsque tu écris des sottises pareilles le soir.
Tu t’empêtres jour après jour dans tes mensonges télévisés. Tu as le culot de nier que la télévision, parfaitement aux ordres (TV7), a brutalement censurée le discours prononcé par le président suisse, Samuel Schmid !!! Et qu’il n’y avait pas un avion arborant les couleurs de deux pays ; Israël et la Tunisie à l’aéroport de Djerba avec a son bord une délégation israélienne !!! Et que ton maître n’était pas attablé avec Shalom autour d’un dîner présidentiel au palais de Carthage !!!
Tu fais de la surenchère sur le patriotisme et l’anti-impérialisme. A quoi sert cet orgueil révolutionnaire factice : celui qui a justifié l’invitation de criminel Sharon, puis la visite de Shalom, n’a pas le droit de reprocher aux autres la visite d’un diplomate occidental. Sache aussi que la dignité et l’amour de la patrie se conditionnent mutuellement : il vaut mieux être apatride qu’appartenir à une patrie qui crucifie ses amoureux et glorifie ces prédateurs. Notre patrie n’est pas celle des tortionnaires, des opportunistes et des convertis de la onzième heure.
Borhane
Tu as éclaboussé toute une génération qui a vécue avec toi des moments très agréables dans le mouvement étudiant. Certes Tu as tourné ta veste mais tu ne peux pas tourner ta peau : je doute fort que tu puisses affronter le regard d’un des tes anciens « fans » du temps de notre folle jeunesse, si tu le croise dans la rue par hasard. L’orateur éloquent qui défendait les causes nobles sur « la place rouge » se métamorphose en propagandiste du fait du prince sur tous les plateaux télévisés. Le tribun qui, hier, a fait rêver ses camardes, avec ses belles paroles, s’insinue aujourd’hui dans leur cauchemar. L’adepte d’Antonio Gramsci et de Pierre Bourdieu se convertit en un Goebbels au petit pied. Mais les militants qui ont la mémoire longue devinaient depuis belle lurette ton côté Janus. Tu était en représentation pour prendre date afin d’accéder aux prébendes. En choisissant le camp des maîtres du jour, tu n’as pas perdu ta liberté mais tu as gagné ta servitude.
Borhane
Dans la grammaire politique, les pires fautes sont les fautes de temps. Tu persistes à défendre un régime d’un autre temps, traînard dans l’histoire, qui n’est aujourd’hui que la somme de ses bêtises. C’est triste d’être monnayable ; la dignité est beaucoup plus chère qu’une bouchée de pain, mais dans la façon de voir, se projette la façon d’être. Je te conseil de frotter bien tes yeux pour chasser ton aveuglement, afin, de ramasser soigneusement les bouts de dignité qui t’en restent. N’oublie pas de mentionner cette lettre, dans ton curriculum vitae, en postulant à la prochaine promotion. Et bonne chance, sur la voie balisée par ton alter ego Samir Labidi*

 *( minable ambassadeur du dictateur le général Ben Ali à la Mission de la police diplomatique auprès des de l ONU à Genève )

Publié dans ESPACE INFO

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