LE DICTATEUR BEN ALI SERAIT- IL LE PYROMANE??

Publié le par DEPECHE ASSOCIATED PRESS

AP - Vendredi 31 août, 15h15

TUNIS - Le cabinet de l'avocat tunisien Ayachi Hammami, un opposant radical notoire au régime, a été sérieusement endommagé vendredi matin par un incendie, a constaté l'Associated Press.

Le feu a été peu après maîtrisé par les agents de la protection civile intervenus à l'appel de l'avocat dont le cabinet est situé au centre de Tunis.

Deux ordinateurs ont été endommagés, de même que le bureau et le siège ainsi que de nombreux documents qui s'y trouvaient.

Selon l'avocate, l'unité centrale des ordinateurs contenait un rapport sur l'indépendance de la justice qu'il devait présenter lors d'une conférence prévue les 8 et 9 septembre à Paris, à l'initiative du Réseau euroméditerranéen sur les droits de l'homme.

Lors d'une conférence de presse improvisée, Me Ayachi a accusé "les parties officielles" d'être derrière cet acte qualifié de "criminel" par plusieurs responsables de partis d'opposition et d'associations présents sur les lieux.

"C'est clair que ce n'est pas un vol ordinaire, mais un acte destinée à m'empêcher de présenter ce rapport et à ne pas parler de la situation dans le pays, s'agissant surtout de l'indépendance de la justice, un sujet d'une sensibilité particulière", a déclaré l'avocat.

"J'accuse le ministère de l'Intérieur d'être à l'origine de cet incendie, parce que c'est lui qui est responsable de la sécurité des gens et ce sont ses agents qui cernent mon cabinet nuit et jour", a-t-il martelé.

En octobre 2004, le cabinet de Me Ayahi avait abrité une grève de la faim observée pendant plus d'un mois par sept personnalités de la société civile à la veille du sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) pour réclamer le respect des droits de l'homme et des libertés civiques.

Plusieurs acteurs de la société civile dont un dirigeant du parti démocratique progressiste (PDP/opposition), Me Néjib Chebbi, et le président de la ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), Me Mokhtar Trifi, ont mis l'accent sur "la gravité" de cet acte "sans précédent".

Tout en exprimant leur "solidarité agissante" avec leur confrère, ils ont préconisé la mise sur pied d'une "commission vérité et justice" pour faire la lumière sur cette affaire et en poursuivre les auteurs en justice.

Dan un communiqué, les autorités indiquent que le parquet a ordonné l'ouverture d'une enquête pour rechercher les causes de l'incendie. Le juge d'instruction s'est rendu sur les lieux et a réquisitionné des agents de la protection civile, de la police technique et de la société tunisienne d'électricité et de gaz pour procéder aux investigations

Selon les éléments préliminaires, aucune trace d'effraction n'a été relevée, ajoute le communiqué.

Les autorités font état de leur "étonnement" face aux déclarations du plaignant qu'elles qualifient d'"infondées et irresponsables". AP

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