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Mercredi 11 novembre 3 11 /11 /Nov 16:23

REPORTERS SANS FRONTIERES

COMMUNIQUE DE PRESSE
09.11.2009

TUNISIE
Le journaliste Taoufik Ben Brik fête ses 49 ans aujourd’hui en prison

« C’est le premier anniversaire que Taoufik ne passe pas avec nous. Cette situation nous attriste beaucoup, notamment les enfants », a déclaré, très émue, Azza Zarrad, la femme de Taoufik Ben Brik, à Reporters sans frontières. « Son avocat a pu lui rendre visite aujourd’hui à la prison de Mornaguia. Il est comme un lion en cage. Nous refusons ce procès de droit commun. S’il gêne, Taoufik doit avec un procès politique, pas le procès d’un vulgaire criminel. Mais je sais qu’il ne pourra jamais survivre à la prison », a-t-elle ajouté.
 
« Le cœur n'est pas à la fête pour la famille et les collègues du journaliste indépendant Taoufik Ben Brik qui va aujourd'hui fêter ses 49 ans, isolé dans une cellule d’une prison de la banlieue de Tunis. Rien n'y fait, les autorités tunisiennes s'obstinent à traiter Taoufik Ben Brik comme un criminel après avoir monté de toutes pièces une affaire d'agression, et sans prendre en compte son état de santé inquiétant », a déclaré Jean-François Julliard.
 
Ce 9 novembre 2009, Taoufik Ben Brik a 49 ans. Il s’était présenté le 29 octobre 2009 au commissariat, suite à une convocation pour la prétendue agression d’une femme dans la rue la semaine précédente. Le 30 octobre, le procureur de la République de Tunis a ordonné son placement sous mandat de dépôt, pour “atteinte aux bonnes mœurs“, “diffamation“, “agression“ et “détérioration des biens d’autrui“. Il risque jusqu’à cinq ans de prison ferme. Les autorités lui font ainsi payer ses articles pour les médias français (Nouvel Observateur et Mediapart). Son procès devrait commencer le 19 novembre. Taoufik Ben Brik est atteint du syndrome de Cushing, maladie chronique qui lui ôte toute immunité.

« L'obstination des autorités à punir ceux qui ont joué leur rôle de journalistes avant et pendant les élections controversées d'octobre dernier s'abat également sur notre collègue Slim Boukhdhir. Depuis près d'une semaine, son domicile est encerclé par des dizaines de policiers. Ce siège a pris un tournant inquiétant le 7 novembre, lorsque la police a interdit aux proches du journaliste, pendant plus de 36 heures, de venir lui rendre visite pour lui apporter les produits de première nécessité. Nous appelons à la levée totale de l'état de siège autour du domicile de Slim Boukhdhir qui a été violemment agressé juste après l’élection présidentielle », a ajouté l'organisation.
 
Le 7 novembre dans l’après-midi, les policiers, situés autour du domicile de Slim Boukhdhir à Tunis, ont interdit l’accès du domicile à toute personne qui venait rendre visite à la famille. La pression a été partiellement levée le 9 novembre au matin, avec l’autorisation à nouveau de visites pour le couple, qui a été privé de nourriture et de médicaments pendant plus de trente-six heures.

« Je suis en convalescence et ma fille de trois ans et demi est malade, mais les policiers ne laissaient pas mes amis venir me voir pour m'apporter de l'eau, de la nourriture et des médicaments. Hier, ils étaient une trentaine de policiers en civil et en tenue qui interdisaient l'entrée de ma maison. J’étais coupé du monde. Et pour la première fois, ils ont même installé des barrières en fer dans la rue. Mon épouse a peur de ce qui pourrait nous arriver, et ma fille est malade en raison du stress qui touche toute notre famille », a expliqué le journaliste à Reporters sans frontières, depuis son domicile.
 
Par ailleurs, Slim Boukhdhir reçoit, la nuit, des appels anonymes provenant de numéros tunisiens et la propriétaire de son logement vient de lui signifier qu'il devait quitter les lieux dans les meilleurs délais

Par RSF - Publié dans : ESPACE INFO
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Jeudi 5 novembre 4 05 /11 /Nov 21:46

Un communiqué vient d'être mis sur le site de Tunisnews appelant les exilés à renoncer à leur statut de réfugiés, à se rendre auprès des consulats tunisiens et à se ranger dans la légalité du régime de Ben Ali.
Je dénonce cette initiative qui cherche à pactiser avec la maffia tunisienne au moment où elle vient de faire une démonstration de force, publique et ostentatoire, exhibant son mépris pour les moindres principes de la dignité humaine et des droits citoyens, au point de pousser ses plus grands soutiens comme Bertrand Delanoé à prendre leurs distances vis-à-vis d'un régime longtemps détesté et rejeté par dix millions de Tunisiens.
Je mets en garde mes compatriotes sur les graves conséquences de la renonciation à leur statut de réfugiés, statut qui est un droit légitime de protection contre la torture et toutes autres formes d'atteinte à la dignité humaine qui sont massivement pratiquées par le régime du général Ben Ali, et qui viennent de connaître une grave recrudescence.
En outre, renoncer à son statut de réfugié, ne nuit pas seulement à la protection des réfugiés, mais aussi au droit de protection de tous ceux qui ont des demandes en cours ou futures, car ce geste de renonciation pourrait être interprété par les organes habilités à juger des demandes d'asile comme la preuve d'un allégement de la dangerosité du régime tunisien, et de moindre risque de torture en Tunisie, ce qui est évidemment totalement faux. On imagine aisément que ce serait là un prétexte inespéré pour la France, par exemple, pour une application encore plus restrictive du droit d'asile pour les Tunisiens qui sont sous examen ou futurs requérants. Ce serait ruiner les efforts des ONG partout dans le monde qui oeuvrent pour le droit d'asile des Tunisiens, droits mis à mal par notamment par une Europe réactionnaire en matière des droits humains y compris pour ses propres citoyens.
Plus inquiétant encore, l'appel à l'opposition à se rendre armes et bagages à la dictature, ne peut être perçu par le régime que comme un signe de faiblesse de l'opposition et ne peut par conséquent que l'inciter à reboubler sa répression non seulement contre les opposants mais aussi contre le peuple tunisien d'une façon générale.
Nous avons tous une grande responsabilité historique face à un régime criminel et maffieux : c'est d'oeuvre ensemble pour le mettre hors d'état de nuire. Pour cela la Tunisie a plus que jamais besoin de tous ceux qui ont choisi - ou qui se trouvent- en exil. Il leur incombe d'être eux aux avant-postes dans le combat et la lutte contre les bourreaux et tortionnaires de notre peuple pris en ôtage par une poignée d'aventuriers sans foi ni loi.


A bas la dictature, à bas la maffia de Carthage, et vive la lutte jusqu'à la libération de la Tunisie de ses despotes oppresseurs et criminels.


Paris, le 5 novembre 2009
Mondher.Sfar@club-internet.fr

Par MONDHER SFAR - Publié dans : ESPACE INFO
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Jeudi 5 novembre 4 05 /11 /Nov 00:34
Kalthoum Kennou a bien montré que la résistance est possible contre ceux et celles qui bafouent la justice et ne veulent pas qu'elle soit indépendante et ceux et celles qui empêchent les femmes et les hommes, magistrats de leur profession, de s'organiser comme il convient de le faire dans une association pro...fessionnelle pour défendre leurs intérêts. Malgré tout ce qu'a enduré cette femme magistrate, ainsi que ses camarades, comme privations et humiliations ; elle demeure debout, la tête haute, fière de son apport pour la construction d'un Etat de droit au sens le plus strict. Elle vient d'être privée de justice, elle, qui toute sa vie professionnelle durant, n'a fait que rendre justice, selon sa conscience, aux citoyens ayant subit les injustices. Elle l'a fait et continue de le faire pour servir ses concitoyens et contribuer à instaurer les valeurs éthiques d'équité dans son pays qui lui est cher. Se battre en Tunisie pour une cause si noble ne se fait qu'en payant le prix et Kennou vient de le payer parce qu'elle est une vraie militante du droit.
Par TUNISIE STOP TORTURE - Publié dans : ESPACE INFO
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Mardi 3 novembre 2 03 /11 /Nov 23:54

Quand les Trabelsi se réunissent en conclave, c’est pour voir comment faire la peau aux opposants. Charmant. Ben Ali ne l’a jamais osé, Leïla est en passe de le concrétiser. Il s’agit des liquidations politiques. En 22 ans de règne policier et brutal, Amnesty International a enregistré quelques quarante morts sous la torture, en particulier des islamistes. Par ailleurs, d’autres organisations de défense des drois de l’homme, tunisiennes ou étrangères, ont recensé des milliers d’exactions, d’agressions et de bavures policières de la part de la flicaille du président Ben Ali. Mais hormis la tentative d’assassinat du journaliste Ryadh Ben Fadhl en 2000, au lendemain de sa publication d’un article pourtant mesuré dans les colonnes du « Monde diplomatique », la Tunisie n’est pas connue pour franchir le pas et assassiner ses opposants comme on a pu le voir au Maroc ou en Syrie. Pourtant, c’est de cela que l’on a récemment discuté au sein du clan Trabelsi. Nos informateurs sont formels, catégoriques : l’hypothèse de liquidations politiques est plus que retenue. Selon nos sources, « chez les Trabelsi, la seule hypothèse qu’ils n’aient pas envisagée est de laisser le pouvoir leur échapper et leurs milliards volés partir en fumée. Ils ne tiennent en aucune façon à revenir là où ils étaient avant que Ben Ali ne leur confie les coffres de l’Etat et les richesses du pays. Pour cela, ils sont prêts à tout. De plus, ils ne raisonnent pas en politiques, ils raisonnent en clan menacé ». Voilà qui a le mérite d’être clair. Ainsi, au cours des conclaves du clan Trabelsi qui n’ont pas échappé à plusieurs observateurs avertis du régime tunisien qui voient le pays partir à vau-l’eau, Belhassen Trabelsi, le frère préféré de Leila qui est en contact permanent avec sa Zinochette de soeur, a considéré qu’« assassiner un activiste servira d’exemple et calmera le plus grand nombre face à la contestation qui s’élargit. La presse étrangère qui ne nous est pas acquise gueulera, et tout le monde oubliera vite ». Un clan trop nerveux De l’avis de tous, les Trabelsi sont très nerveux en ce moment. Trop nerveux. Et ils flirtent avec la ligne rouge. La conduite de Leïla Ben Ali pendant la “campagne” pour les dernières élections présidentielles a laissé entrevoir sa crispation et son énervement à la suite de la publication à Paris du livre « La Régente de Carthage ». L’ouvrage a d’ailleurs coûté son poste au ministre de la Communication, Rabeh Dekhil. Il en est de même des menaces présidentielles à la veille du scrutin, menaces suivies d’effet puisque pas moins de cinq journalistes ont été déjà tabassés ou incarcérés depuis le 26 octobre. Quelques jours auparavant, la sauvage agression du secrétaire général du parti ouvrier communiste tunisien (POCT), Hamma Hammami, et le sabotage de la voiture du numéro 2 du CPR, Abderraouf Ayadi, où l’on a mis un produit inflammable dans son réservoir, ôtent tout doute sur les intentions du clan et sur la frilosité du régime. Pour ce qui est d’opérations éventuelles en dehors de Tunisie, les services européens ont été avertis à Londres et Paris notamment. Et, semble-t-il, prennent au sérieux cette thèse de graves agressions sur leurs sols… Bras de fer entre Ben Ali et Leila Dans ce contexte, les proches de Ben Ali (particulièrement ses premières filles et son ministre de la Défense, Kamel Morjane, bien vu des Américains) ont entamé un tour de force pour le dissuader de laisser les mains libres à Zinochette. L’objet de leur courroux : les calculs de Leila pour faire nommer le patron des patrons, Hedi Jilani, le 14 novembre prochain, à la présidence de l’Assemblée nationale. Si d’aventure le président Ben Ali venait à décéder, c’est cet homme, valet des Trabelsi, qui assurerait alors l’intérim… Le chef de l’Etat, épuisé, a déjà demandé à l’actuel Président de l’Assemblée, Foued Mebazza, de rester en poste. Ce que ce dernier ne semble pas souhaiter, essayant de pousser en avant l’actuel maire de Tunis, Abbes Mohsen. Une ambiance électrique règne donc au sommet de l’Etat où la mafia règle ses comptes par elle et pour elle, ignorant que onze millions de Tunisiens sont concernées par ce jeu de massacres qui se déroule en coulisses. Quand Sakhr Materi évoque « La Régente de Carthage » sur ses deux quotidiens Quelle mouche a donc piqué Sakhr Materi, le gendre de Ben Ali et Leila, pour laisser évoquer le livre « La Régente de Carthage » dans les quotidiens du Groupe Essabah sur lequel il a mis la main ? C’est en tout cas la question qu’a posée le 8 octobre Ben Ali en personne. Comment ? En téléphonant furieux à son ministre de la Communication, Rabeh Dekhil. Ce dernier a alors répondu qu’il n’avait aucune emprise sur les quotidiens de Dar Essabah. Ce qui n’est pas faux : le gendre gominé du Président bénéficie d’un traitement particulier. Fou de rage, Ben Ali a insulté le ministre comme son gendre avant de raccrocher le téléphone. Lorsque Sakhr Materi est rentré de voyage peu de temps après, Rabeh Dekhil a alors fait part à l’héritier de la colère de son beau-père. C’en était trop. Ben Ali l’a limogé sur le champ, le samedi 10 octobre. Il aura fallu tout le tact de notre gominé pour calmer l’ire présidentielle. Résultat : Rabeh Dekhil sera envoyé dans les prochains jours comme ambassadeur à Berlin, en Allemagne. Voilà comment on limoge un ministre et comment on nomme un ambassadeur en Tunisie. Avec Zinochet et Zinochette, on n’a pas fini de découvrir des recettes pour gouverner un pays….

Slim BAGGA www.bakchich.info chakchouka tunisienne 3/11/2009, 18h 27

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Lundi 2 novembre 1 02 /11 /Nov 23:48
Ben Ali emprisonne 
les journalistes tunisiens
 
À peine élu avec près de 90% des voix, le potentat, félicité par Nicolas Sarkozy, 
s’en prend aussitôt à tous ceux qui critiquent ses pratiques antidémocratiques.
Zine El Abidine Ben Ali, pourtant réélu président de la république tunisienne avec près de 90 % des suffrages – c’est en tout cas ce qu’a officiellement annoncé la commission électorale – n’est peut-être pas si sûr de sa victoire, si ce n’est en arithmétique, en tout cas dans le cœur des Tunisiens. Trois journalistes, Taoufik Ben Brik, Slim Boukhdir et Mouldi Zouabi, viennent de subir la colère de celui qui se comporte plus comme un monarque que comme un président élu.
Nos trois confrères n’ont pas ménagé leurs critiques à l’occasion de la campagne pour l’élection présidentielle de dimanche dernier. Il est vrai aussi qu’à la veille du scrutin Ben Ali avait stigmatisé ceux qu’il avait qualifiés de « minorité infime de Tunisiens qui dénigrent leur pays en s’appuyant sur des parties étrangères ». La vieille ficelle pour museler l’opposition, surtout de gauche et démocratique. Ce n’est sans doute pas pour rien si une bonne partie des islamistes tunisiens soutiennent maintenant Ben Ali.
Le 29 octobre 2009, Taoufik Ben Brik, journaliste et membre fondateur du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), a été écroué dans un centre de détention. Hier, il a été transféré à la prison de Mornaguia à 20 km au nord de Tunis. La veille, Slim Boukhdir, journaliste et membre fondateur de l’association de défense des libertés Liberté et équité, a été victime d’un enlèvement devant chez lui par des inconnus en civil, qui lui ont bandé les yeux, l’ont forcé à monter à bord d’un véhicule puis l’ont conduit sur la colline du Belvédère où ils l’ont passé à tabac. Le même jour, des inconnus ont tenté à trois reprises de forcer la porte du domicile de Mouldi Zouabi, correspondant d’un journal panarabe basé à Londres, Al Quds Al Arabi.
Rien d’étonnant à cela lorsqu’on sait de quoi est capable le régime tunisien. Notre consœur Florence Beaugé en a récemment fait les frais, interdite d’entrée sur le territoire et victime d’une campagne de calomnies de la part d’une presse aux ordres. Plus surprenante en revanche est la réaction des autorités françaises, au lendemain de la présidentielle. Nicolas Sarkozy a immédiatement adressé ses « plus vives félicitations » à Ben Ali, lui souhaitant « succès et réussite » et exprimant sa satisfaction pour « le niveau excellent atteint par les relations tuniso-françaises ».
Pierre Barbancey
(Source: "L´ Humanité" (Quotidien - France) le 31 octobre 2009)
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Dimanche 1 novembre 7 01 /11 /Nov 22:47

Reporters sans frontières condamne fermement la décision, le 30 octobre 2009, du procureur de la République de Tunis de placer Taoufik Ben Brik sous mandat de dépôt, pour “atteinte aux bonnes mœurs“, “diffamation“, “agression“ et “détérioration des biens d’autrui“.

« Cette affaire est montée de toutes pièces pour que Taoufik Ben Brik croupisse en prison. Alors que cette voix dissidente a besoin de soins médicaux réguliers pour traiter le syndrome de Cushing dont il est atteint, les autorités choisissent la politique du pire. Nous demandons sa libération pour des raisons humanitaires dans l’attente de son procès », a déclaré l’organisation.

Taoufik Ben Brik est atteint du syndrome de Cushing, maladie chronique qui lui ôte toute immunité. Cette pathologie grave nécessite qu’il prenne des médicaments à heures fixes et régulières, sans quoi son état de santé risque de se détériorer rapidement. Dépourvu de toute immunité, il est indispensable qu’il soit placé dans un endroit propre et chauffé.

Face au silence du ministre tunisien de la Communication, M. Romdhani, Reporters sans frontières a saisi aujourd’hui les autorités pénitentiaires tunisiennes afin qu’en attente de sa libération, Monsieur Ben Brik puisse prendre ses médicaments et ce aux heures fixées par ses médecins, et que ses conditions de détention soient en adéquation avec son état de santé très fragile. L’organisation a également saisi sur cette affaire le ministre français des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, l’ambassadeur de France en Tunisie et l’ambassadeur des Etats-Unis à Tunis.

Taoufik Ben Brik s’était présenté la veille à 10h au commissariat, suite à une convocation pour la prétendue agression d’une femme dans la rue la semaine passée. Le journaliste a été transféré à la prison de Mornaguia à 20 km au nord de Tunis. Il risque jusqu’à trois ans de prison ferme. Son procès devrait commencer le 19 novembre.

 L’organisation rappelle la violente agression de son correspondant Slim Boukhdhir  le 28 octobre 2009. Le même jour, des inconnus ont tenté à trois reprises de forcer la porte du domicile de Mouldi Zouabi, correspondant en Tunisie du journal panarabe basé à Londres Al-Quds Al-Arabi, du site Internet de la chaîne satellitaire Al-Arabiya. En outre, Zouhair Makhlouf, incarcéré depuis le 21 octobre 2009 à la prison de Mornaguia, comparaîtra devant le tribunal de première instance de Grombalia le 3 novembre 2009.

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Dimanche 1 novembre 7 01 /11 /Nov 22:40

Quelques jours après la réélection de Zine El Abidine Ben Ali pour un cinquième mandat, le journaliste opposant au régime tunisien, Ben Brik a été arrêté et jeté en prison.

La raison invoquée : un incident de la circulation aux circonstances curieuses. Selon l’avocat du journaliste, Me Ahmed Néjib Chebbi, son client « était dans sa voiture en stationnement avec sa fille quand un véhicule l’a percuté par l’arrière. La conductrice l’a insulté et accusé d’avoir endommagé son véhicule et a porté plainte pour violences et insultes ».
Régulièrement harcelé pour ses articles critiques, Taoufik Ben Brik paie-t-il encore pour ses positions et ses écrits, notamment sur la dernière élection présidentielle ? La réponse vient du journaliste lui-même : « Ben Ali a menacé tout le monde, surtout ceux qui livrent le pays en pâture à l’étranger. Mes contributions à des médias étrangers – Nouvelobs.com, Mediapart, Rue 89, Courrier international – l’énervent. » D’après l’ONG internationale Reporter sans frontières, Taoufik Ben Brik a été transféré à la prison de Mornaguia, située à 20 km au nord de Tunis. Il encourt une peine de prison qui peut aller jusqu’à 18 mois de prison ferme. Pour RSF, l’affaire pour laquelle Ben Brik a été arrêté relève d’une « manipulation » du régime tunisien pour faire payer au journaliste ses positions critiques à l’endroit notamment du président Ben Ali. RSF appelle ainsi la communauté internationale à réagir pour mettre un terme à « ces agissements dignes d’un gouvernement mafieux ». Accompagné d’une vingtaine d’avocats et amis, Taoufik Ben Brik s’était rendu de lui-même au poste de police, jeudi dernier, répondant à une convocation au sujet de l’incident susmentionné.
L’avocat de Ben Brik s’est inquiété, par ailleurs, du sort d’un correspondant d’un journal en ligne en grève de la faim depuis son arrestation le 20 octobre. Il s’agit de Zouhaïer Makhlouf qui comparaîtra le 3 novembre pour usurpation du titre de journaliste après avoir tourné un reportage dans une zone industrielle à Nabeul (nord-est), a indiqué à la presse l’avocat. Un autre journaliste, Slim Boukhdhir, fondateur de l’association Liberté et Equité, a été agressé à Tunis. Plusieurs associations internationales ont dénoncé l’arrestation de Ben Brik et d’une manière générale la répression qui s’abat sur les journalistes et autres opposants en Tunisie. Taoufik Ben Brik n’est pas à ses premiers démêlés avec la justice. Le régime de Ben Ali l’a fait plusieurs fois traîner devant les tribunaux. Il avait fait en 2000 six semaines de grève de la faim pour protester contre les atteintes aux droits de l’homme dans son pays. Le gouvernement tunisien ne s’est nullement exprimé sur cette arrestation. Mais l’avocat de Ben Brik reste convaincu que « la seule explication se trouve dans la série d’articles publiés récemment par le journaliste dans la presse française ». Dans le dernier rapport de RSF sur l’état de la liberté de la presse dans le monde, la Tunisie figurait en 154e position sur 175 pays figurant dans le classement. Ainsi, la chape de plomb continue d’étouffer la presse tunisienne.
Par M. A. O
(Source: "El-Watan" (Quotidien - Algerie) le 31 octobre 2009)

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Dimanche 1 novembre 7 01 /11 /Nov 22:31

LOOS,BAUDOUIN, Vendredi 30 octobre 2009
Tunisie Deux journalistes pris comme cibles

Le président Ben Ali n’a pas de patience : à peine réélu, dimanche dernier, voilà qu’il ouvre la chasse aux intrus. Mercredi et jeudi, deux journalistes tunisiens connus pour leur impertinence ont été les premières victimes de ce serrage de vis. C’est l’organisation Reporters sans frontières qui a sonné l’alerte.
Notre confrère Slim Boukhdhir, qui venait de donner une interview à la BBC dans laquelle il avait dénoncé l’impossibilité, pour les journalistes indépendants, de faire leur travail, a été agressé par cinq hommes mercredi soir : roué de coups et déshabillé, il a été abandonné dans le plus simple appareil, raconte-t-il, avec une fracture du nez, une altération de la vision de l’œil gauche, des hématomes sur le visage, les côtes, aux épaules, dans le dos et aux jambes.
Son confrère Taouffik Ben Brick, qui avait largement animé la campagne électorale sur le net (notamment sur le site du Nouvel Observateur) a, lui, été arrêté jeudi matin alors qu’il avait répondu à une convocation de la police après la plainte d’une femme pour une prétendue agression dont il se serait rendu coupable dans la rue.
Connu pour son caractère irrévérencieux – et la très médiatique grève de la faim qu’il avait observée au printemps 2000 –, Ben Brik connaissait la menace qui pesait sur ses épaules, il nous en avait parlé le 19 octobre dans son appartement de la banlieue de Tunis. « Que voulez-vous que je fasse, nous avait-il dit. Ils veulent que je me barre. J’ai répondu dans mon dernier livre. » Au titre en effet clair : Je ne partirai pas.
(Source: "Le Soir" (Quotidien - Belgique) le 30 octobre 2009)

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Dimanche 1 novembre 7 01 /11 /Nov 01:06

LE MONDE | 31.10.09 | 13h25 • Mis à jour le 31.10.09 | 13h25

Nul besoin d'épiloguer longuement sur les résultats des élections présidentielle et législatives tunisiennes du 25 octobre. En s'accordant un score inférieur à 90 % des voix - officiellement de 89,62 % -, le président Ben Ali a cherché à éviter les sarcasmes que lui avaient valus les scores à la soviétique des précédents scrutins (99 % et 95 % des suffrages).


On ne répétera jamais assez à quel point le "pluralisme" politique mis en avant par le palais de Carthage à l'intention de l'étranger est une mascarade. Le chef de l'Etat tunisien choisit soigneusement ses opposants. Il dessine lui-même la carte politique de la Tunisie, sur laquelle le parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), doit garder l'absolue mainmise par le biais d'un clientélisme et d'un maillage policier difficilement imaginables. Ben Ali élimine par avance, à coups d'amendements électoraux taillés sur mesure, tous ceux qui pourraient lui faire de l'ombre, quand bien même ces derniers ne risqueraient pas une seule seconde de l'emporter. Il récompense les uns, humilie les autres, alors que la situation plutôt prospère de la Tunisie et sa stabilité pourraient l'amener, au contraire, à ouvrir l'espace politique et instaurer une véritable démocratie.

Toutes les grandes figures de l'opposition ont ainsi été écartées de la course à la présidence. Le seul "vrai" candidat de l'opposition, qui ait été autorisé à concourir, Ahmed Brahim, du parti Ettajdid, un homme sans charisme mais à la réputation d'intégrité, s'est vu attribuer le score ridicule de 1,57 % des suffrages. En revanche, deux autres prétendants à la magistrature suprême, totalement inconnus du grand public, se sont vu décerner respectivement 5,01 % et 3,80 % des voix. Il faut dire qu'en dépit de leur statut officiel d'"opposants", ils avaient fait campagne en faveur du président Ben Ali !

Il faut cesser de se laisser prendre au langage du palais de Carthage, selon lequel la Tunisie de Ben Ali est /"une démocratie émergente et perfectible"/. Un argumentaire soigneusement mis au point à Tunis, où l'on sait que ce ton bonasse, faussement modeste, a toutes les chances de séduire les visiteurs occidentaux.

Si elle est performante en matière économique - mais pas autant qu'elle le pourrait, compte tenu de l'inhibition des entrepreneurs face au comportement prédateur des proches du pouvoir -, la Tunisie de Ben Ali ne progresse en rien sur la voie de la démocratie, et n'en a nulle intention. Quiconque émet une voix discordante est systématiquement combattu, et voit sa vie rendue infernale par une série de représailles dont on n'a pas idée en France : Agressions physiques graves ; filatures collantes ; courriers électroniques détournés ; domiciles assiégés ; asphyxie alimentaire, suite aux interdits professionnels ; campagnes de presse diffamatoires, et souvent même obscènes quand il s'agit de femmes. Et cela, en toute impunité...

Car porter plainte contre ces méthodes de voyou est inutile : les plaintes sont systématiquement classées sans suite. La justice tunisienne est totalement instrumentalisée. On ne compte plus les obscures procédures déclenchées contre tel ou tel opposant ou militant des droits de l'homme, qui se voit soudain écroué ou interdit de quitter le territoire tunisien, au motif qu'il est l'objet d'une plainte, opportunément déposée ou exhumée, mais entièrement ignorée de l'intéressé.

"Etat de droit", "démocratie", "multipartisme" et "transparence" font partie du vocabulaire préféré du régime tunisien. On ne peut exclure que le président Ben Ali, qui commence donc un cinquième mandat après vingt-deux ans de pouvoir sans partage, finisse par croire à ces mots totalement vides de sens dans son propre pays. Mais les capitales européennes, elles, ne peuvent pas être dupes. Elles savent bien que l'espace des libertés ne grandit pas en Tunisie, contrairement à ce qu'affirmait M. Sarkozy lors de sa visite officielle à Tunis, en avril 2008.

Les Tunisiens eux-mêmes sont lucides. Un certain confort matériel, la peur de représailles ainsi que la crainte de l'inconnu les poussent à s'accommoder d'un régime, qu'en privé, les uns et les autres avouent exécrer, en particulier pour la façon dont il pille sans vergogne les richesses du pays. Dans le moindre petit village reculé de Tunisie, il se trouve toujours un intellectuel, instituteur ou autre, pour rappeler avec ironie et amertume les propos de Nicolas Sarkozy, le jour de son installation à l'Elysée, le 16 mai 2007 : /"Je ferai de la défense des droits de l'homme /(l'une des deux) /priorités de l'action diplomatique de la France dans le monde."/

En continuant à soutenir aveuglément le président Ben Ali, en le félicitant pour sa /"victoire"/ comme elle l'a fait il y a quelques jours, et en l'assurant de son entier /"soutien"/ sans la moindre distance critique - à la différence des Etats-Unis -, la France pratique une politique à courte vue. Et cela au nom d'intérêts économiques, de lutte contre le terrorisme et l'immigration clandestine ou de la relance d'une Union pour la Méditerranée moribonde. Un jour viendra où il faudra pourtant rendre des comptes. La France s'apercevra alors qu'elle a perdu l'essentiel de son prestige et de sa crédibilité.

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Courriel : beauge@lemonde.fr


*Florence Beaugé*
Article paru dans l'édition du 01.11.09

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Dimanche 1 novembre 7 01 /11 /Nov 00:21
Journalistes tunisiens sauvagement brutalisés; Mohamed Soudani, disparu depuis le 22 octobre.
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