Dimanche 1 novembre 2009
Journalistes tunisiens sauvagement brutalisés; Mohamed Soudani, disparu depuis le 22 octobre.
Par TUNISIE STOP TORTURE - Publié dans : ESPACE INFO
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Samedi 31 octobre 2009

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) expriment leur plus vive inquiétude suite aux actes de harcèlement à l’encontre des journalistes tunisiens MM. Taoufik Ben Brik, Slim Boukhdir et Mouldi Zouabi.
Ces trois journalistes se sont particulièrement mobilisés ces dernières semaines afin de dénoncer les pratiques et actes contraires aux normes internationales qui se sont multipliés dans le contexte électoral, et nos organisations craignent que les actes de répression dont ils sont l’objet fassent partie « des mesures » annoncées par le Président Ben Ali « contre quiconque émettra des accusations ou des doutes concernant l’intégrité de l’opération électorale, sans fournir de preuves concrètes ». Le Président tunisien a par ailleurs stigmatisé, à la veille du scrutin du 25 octobre 2009, ceux qu’il avait qualifié de « minorité infime de Tunisiens qui dénigrent leur pays en s’appuyant sur des parties étrangères ».

Ainsi, le 29 octobre 2009 vers 13h00, M. Taoufik Ben Brik, journaliste et membre fondateur du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), a été écroué au centre de détention préventive de Bouchoucha, suite à sa convocation au commissariat un peu plus tôt dans la matinée. Il comparaîtra le 30 octobre devant un juge pour « agression ». Cette accusation aurait été formulée sur la base d’une plainte déposée par une femme affirmant s’être faite agresser suite à un accrochage entre son véhicule et celui de M. Ben Brik. Selon les informations reçues, l’auteure de la plainte a en réalité embouti la voiture de M. Ben Brik le 22 octobre, avant de l’insulter, de le violenter et de lui déchirer ses vêtements, cherchant manifestement à le faire réagir. M. Ben Brik ne se serait quant à lui rendu à aucun moment responsable d’actes de violence.

Par ailleurs, le 28 octobre, M. Slim Boukhdir, journaliste et membre fondateur de l’association de défense des libertés “Liberté et équité”, a été victime d’un enlèvement devant chez lui par des inconnus en civil, qui lui ont bandé les yeux, l’ont forcé à monter à bord d’un véhicule puis l’ont conduit sur la colline du Belvédère (hauteurs de Tunis) où ils l’ont passé à tabac. M. Boukhdir, dépouillé de ses vêtements, de son portefeuille et de son téléphone, a été laissé sur les lieux, souffrant d’une fracture au nez et de plusieurs hématomes.

Le même jour, des inconnus ont tenté à trois reprises de forcer la porte du domicile de M. Moudi Zouabi, correspondant du journal panarabe basé à Londres Al Quds Al Arabi, du site Internet de la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya. M. Zouabi a fait appel à la police qui s’est rendue sur les lieux, mais n’a rien constaté de préoccupant. M. Zouabi serait en outre suivi de très près par des policiers depuis plusieurs jours.

En outre, M. Zouhair Makhlouf, membre de l’association « Liberté et équité », membre dirigeant du Parti démocrate progressiste (PDP) et ancien candidat aux élections législatives du 25 octobre 2009, incarcéré depuis le 21 octobre 2009 à la prison de Mornaguia près de Tunis, comparaîtra devant le tribunal de première instance de Grombalia le 3 novembre 2009.

L’Observatoire et le REMDH dénoncent la poursuite des actes de harcèlement extrêmement préoccupants à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme tunisiens, et appellent la Délégation de la Commission européenne à Tunis ainsi que les ambassades d’Etats-membres de l’Union européenne en Tunisie à rendre visite à MM. Ben Brik et Makhlouf en détention, et à observer les audiences à leur encontre, conformément aux Lignes directrices de l’UE relatives aux défenseurs des droits de l’Homme.

Nos organisations appellent également la Délégation et les ambassades mentionnées ci-dessus à faire un rapport public, et si possible conjoint, sur les violations des règles relatives à un procès équitable et sur tout autre sujet de préoccupation constatés lors des audiences.

L’Observatoire et le REMDH demandent par ailleurs aux autorités tunisiennes de :

· Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de MM. Taoufik Ben Brik, Slim Boukhdir, Mouldi Zouabi et Zouhair Makhlouf, ainsi que de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme tunisiens ;

· Procéder à la libération immédiate et inconditionnelle de MM. Taoufik Ben Brik et Zouhair Makhlouf, arbitrairement détenus ;

· Mener sans délai une enquête indépendante, impartiale et transparente sur les actes de harcèlement et de violence mentionnés ci-dessus, et en rendre les résultats publics, afin d’identifier les responsables, de les traduire devant un tribunal garantissant un procès équitable conformément aux principes de droit international ;

· Veiller à ce qu’un terme soit mis à toute forme de menaces et de harcèlement - y compris judiciaire - à l’encontre de MM. MM. Taoufik Ben Brik, Slim Boukhdir, Mouldi Zouabi et Zouhair Makhlouf, et de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme tunisiens ;

Plus généralement, nos organisations appellent la Tunisie à se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et aux instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme et particulièrement l’article 1 de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international”.

Le 29 octobre 2009

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Vendredi 30 octobre 2009

Bruxelles, le 29 octobre 2009


Monsieur le Ministre des Affaires étrangères,
Monsieur le Ministre de la Culture,

Nous pouvons comprendre, ou ne pas comprendre, que vous ayez réagi avec une extrême rapidité et que vous vous soyez indignés à l'arrestation de Roman Polanski il y a quelques semaines. En revanche, nous ne comprenons pas votre absence de réaction et votre indifférence face aux événements récents intervenus en Tunisie:

Enlèvements de Slim Boukhdhir, correspondant de Al-arabya, Mohamed Soudani, étudiant syndicaliste,

Harcèlement et actes de violence à l'encontre de Sihem Bensedrine, rédactrice en chef de Kalima, Radhia Nasraoui, avocate et Présidente de l'Association Tunisienne de Lutte contre la Torture,

Détentions arbitraires de 38 manifestants du bassin minier de Gafsa, de Zouhair Maklouf, journaliste et reporter et enfin de Taoufik Ben Brik, journaliste et écrivain,

Interdiction d'entrée sur territoire tunisien de Florence Beaugé, journaliste au Monde.

Il est vrai, qu'il est plus facile de s'empresser de saluer le score démocratique obtenu par le Président tunisien Ben Ali ce dimanche avec 89,62%, que de défendre l'exercice de la liberté d'expression et d'opinion au sein d'un pays avec lequel, la France se targue d'entretenir des relations d'amitié basées sur des principes et des valeurs qui nous unissent.

Il est plus que temps que la France, au nom de sa relation privilégiée avec la Tunisie, cesse d'empêcher l'Union européenne d'avoir une politique ambitieuse en termes de promotion des droits de l'Homme et de démocratie. Puisque vous l'ignorez encore, force est de vous rappeler que la défense des droits de l'Homme constitue un principe fondateur devant inspirer la politique étrangère de la France et de l'Union européenne. Vendre des centrales nucléaires tout en fermant les yeux sur ces violations est une attitude indigne.

Nous, parlementaires européens, vous demandons d'intervenir avec le même zèle que dans l'affaire Polanski pour les affaires Boukhdhir, Soudani, Bensedrine, Nasraoui, Maklouf, Ben Brik et les 38 manifestants du bassin minier de Gafsa.

Cordialement,


Dany Cohn-Bendit
Président du groupe des Verts/ALE
Hélène Flautre
Présidente de la délégation UE-Turquie
Eva Joly
Présidente de la commission développement
José Bové
Vice-Président de la commission agriculture et développement rural

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Jeudi 29 octobre 2009

Mohamed Soudani a été enlevé à Tunis le soir du jeudi 22 octobre 2009 à sa sortie de l'hôtel Africa. Un groupe de flics l'attendait devant l'hôtel après avoir rencontré deux journalistes de RFI et de radio Montécarlo venues couvrir les élections de dimanche dernier. Depuis, ses proches et ses avocats n'ont aucune nouvelle de lui. Ils expriment leurs vives inquiétudes quant au risques de torture et de mauvais traitements dont il pourrait être victime. Souvent ce genre de cas de disparition s'accompagne de torture et de mauvais traitements.

Mohamed Soudani est membre du bureau fédéral de l'union générale des étudiants de Tunisie (UGET) de la faculté des sciences économiques et de gestion de Mahdia. Il a été renvoyé des études, arrêté et condamné à plusieurs reprises à cause de ses activités syndicales. Sa dernière condamnation date du 16 juin dernier, il a écopé d'une peine 2 mois de prison ferme qu'il a purgée. Il avait entamé, avec 4 de ses camarades, le 11 février 2009 une grève de la faim qui a duré 58 jours pour exiger leur réintégration dans leurs études.

A.T.

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Jeudi 29 octobre 2009
Le journaliste Slim Boukhdhir, correspondant du site internet (www.alarabiya.net) de la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabya, a été enlevé devant chez lui en début de soirée. Ses ravisseurs lui ont bandé les yeux et l'ont embarqué de force à bord d'un véhicule. Ils l'ont sauvagement tabassé, lui o...nt enlevé ses chaussures et ses vêtements avant de l'abandonner presque nu au parc du Belvédère en plein centre de Tunis. Slim Boukhdhir souffre de plusieurs blessures et d'une fracture au nez suite à cette agression.

Slim Boukhdhir a été privé de ses droits les plus élémentaires et agressé à plusieurs reprises à cause de ses articles critiques vis à vis du régime de Ben Ali. Le 4 décembre 2007, il a été condamné à 1 an de prison ferme et 5 dinars d’amende dans le cadre d'une affaire montée de toute pièces («outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions», «atteinte aux bonnes mœurs» et «refus de présenter sa carte d’identité aux forces de l’ordre»). Il a été libéré le 21 juillet 2008, soit 4 mois avant le terme de sa peine, suite à une campagne de solidarité internationale.
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Mercredi 28 octobre 2009

Une présidentielle se tenait en Tunisie dimanche. Le résultat est couru d’avance tant le général Ben Ali a pris l’habitude de se faire élire avec des scores à plus de 90%. Découvrez les vrais acteurs de la politique locale.
Alerte à la farce électorale : des élections présidentielles se tiennent en Tunisie dimanche 25 octobre. Hélas, le résultat est couru d’avance tant le général Zine el Abidine Ben Ali a pris l’habitude de se faire élire avec des scores supérieurs à 90%. Mais il fatigue, le Ben Ali, du haut de ses 73 ans, miné par une santé flageolante…
Dans l’ombre de Carthage, son ambitieuse épouse, Leila Trabelsi (de son nom de jeune fille), veille. Héritière d’un féminisme d’Etat unique dans le monde arabe, décrété par feu le président Bourguiba et cultivé par Ben Ali, elle ne cache plus son ambition : régenter la Tunisie.
Qu’il est loin le temps où cette belle femme de 53 ans débutait dans la coiffure. Si elle doit bien sûr son ascension sociale à son Ben Ali épousé en 1992 (mais fréquenté depuis le milieu des années 80), son caractère bien trempé d’arrivisme s’est révélé une aubaine.

L’épisode est largement méconnu.
Dans les années 80, Leila Trabelsi future épouse Ben Ali a été victime d’une redoutable homonymie. Elle a pâti de la vie légère d’une seconde Leila Trabelsi qui, elle aussi, était coiffeuse et possédait ses entrées au ministère de l’Intérieur. Parcours parallèles, destins croisés. D’où les amalgames et confusions qui pollueront la biographie tenue secrète de la première dame qui se rêve régente. Les bons bourgeois tunisiens ne moquent-ils pas une fille facile, voire une ancienne prostituée ?

Un sujet tabou.
Mais la “vraie” Leila saura s’émanciper de son encombrante rivale devenue, comble de l’ironie, la maîtresse du premier directeur de la Sûreté du président Ben Ali. En 1990, cet homme passé secrétaire d’Etat à la Sécurité et sa douce sont arrêtés, jetés en prison et condamnés pour « intelligence avec Israël » ! Les services secrets tunisiens demanderont avec insistance aux Français de cautionner ces allégations. En vain : le dossier était vide.
Si son amant a été libéré par Ben Ali après deux ans de prison, la seconde Leila a disparu dans les sables du désert. Personne à Tunis n’a plus de nouvelles d’elle. La triste vie de l’homonyme de Leila y est devenue un sujet tabou.

par Catherine Graciet

(Source : « Bakchich.info » (Satirique – France), le 25 octobre 2009)
Lien : http://www.bakchich.info/Ben-Ali-avait-une-Leila-de-trop,09076.html
 

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Mercredi 28 octobre 2009

A peine le président Ben Ali reconduit à la tête de l’Etat tunisien que déjà s’ouvre la guerre de sa succession. Premier épisode post-élection : la première dame Leila Ben Ali gifle le général Sériati, chef de la Sécurité du président.
Ceux qui ont écouté le discours menaçant du Général Ben Ali à la veille de la farce électorale du 25 octobre dernier n’en croient pas encore leurs yeux. Offensif, le ton solennel, Zinochet promettait alors des procès en bonne et due forme à quiconque parmi cette minorité « d’ingrats » se hasarderait à contester sans preuve les résultats issus de cette énième comédie électorale. Comme si « la preuve » n’était pas déjà apportée par ses sbires et la presse aux ordres qui fêtait son putsch avant que les résultats officiels ne soient proclamés…
Mais passons, car sur le registre des menaces présidentielles, on en a vu d’autres, et des propos aussi mussoliniens n’ont trompé personne. D’ailleurs, avant même la réélection de Zinochet une vilaine cabale médiatique de la presse aux ordres a été déclenchée contre la journaliste Florence Beaugé du quotidien Le Monde, les deux auteurs du livre « La Régente de Carthage » et tous les inféodés à l’étranger.
Et pourtant…
Pourtant le drame qui se joue à Carthage ne vient pas de l’étranger, mais de la guerre larvée qui déchire les clans gravitant autour d’un Général-policier absolument débordé sur tous les flancs.
Cette fois, Ben Ali semble avoir bel et bien perdu la main, et le premier à le savoir est son entourage immédiat. Et le premier qui risque d’en faire les frais est le patron de sa sécurité, le Général Ali Seriati.
La gifle
Cela fait déjà des mois que le torchon brûle entre « La Régente de Carthage » alias Leila Ben Ali et le chef de la sécurité présidentielle. Ce saint-cyrien dévoué à Ben Ali mène une vie de « funambuliste » ( selon ses propres dires en privé) à Carthage pour tenter de concilier les ordres présidentiels et les frasques de Zinochette et de son entourage. Il y a quelques semaines, il refusa l’accès au palais à un Général militaire proche de Madame car il n’était pas annoncé sur l’agenda des visiteurs. Leïla ne supporta pas l’affront : elle gifla le Général Sériati. La rupture est consommée…
Ce n’est pas la première fois que Leïla Ben Ali lève la main sur un proche collaborateur de son mari. Ainsi en était-il il y a quelques années déjà, lorsqu’elle a levé la main sur Larbi Aissa, le secrétaire particulier de son mari depuis une trentaine d’années et exigé avec succès son départ du Palais présidentiel. Son tort était d’avoir organisé l’entrée dans le bureau du président, en l’absence de Leila, d’une jeune femme très proche de Ben Ali, Rim Jenhani…
Cette fois, le Général Seriati ne semble pas avoir avalé la pilule comme nous l’a confié un homme du sérail parfaitement au fait de ce qui se passe dans cette cour du roi Pétaud. « Qu’est-ce que cette femme à la main légère qui gifle et humilie les hommes attachés à la sécurité présidentielle ? Ben Ali ne maîtrise plus rien. Cette femme habituée aux fessées ne peut pas continuer à écraser les commis de l’Etat et responsables sécuritaires qui ne font qu’appliquer les ordres ! » vitupère-t-il. Voilà qui promet pour l’avenir… L’on sait en effet déjà que c’est un disciple de Seriati, mais très proche de Leïla, Adel Touiri, déjà puissant au ministère de l’Intérieur, qui a les faveurs de la régente pour hériter de la sécurité présidentielle en remplacement du fidèle de Ben Ali. Donc à suivre…
Bras de fer loin du tumulte de la rue
C’est par conséquent un véritable bras de fer entre les clans Ben Ali et Trabelsi (du nom de jeune fille de la Régente) qui se déroule à Tunis. Les premières filles de Ben Ali et leurs maris sont déjà montés au front pour faire barrage à cette mainmise de leur belle-mère sur l’Etat. « Tant qu’il est encore temps », murmure-t-on dans leur entourage.
Et déjà, c’est Hedi Jilani, le patron des patrons tunisiens, et l’homme à travers lequel Leïla Trabelsi prépare un coup d’Etat à la mode du 7 Novembre, qui en fait les frais depuis hier. Ainsi, des photos intimes distillées sur Facebook, qui nous sont spécialement parvenues le présentent comme un homme à la vie multiple et vorace… L’opération vise à empêcher sa désignation en tant que président de l’Assemblée nationale car si le président Ben Ali venait à décéder, Jilani assurerait alors l’intérim. La deuxième cible n’est autre que le chef du clan, Belhassen Trabelsi, le frère de Leila, dont le Palais des Mille et une nuits est présenté au grand public dans ses moindres recoins sur internet.
La farce électorale du 25 octobre n’est même pas encore terminée que la guerre est déjà déclarée. La Tunisie est entrée de plain-pied dans l’après Ben Ali ! Et à imaginer l’ampleur de la tragédie qui se prépare, on peut se demander si l’on ne va pas regretter notre Zinochet…
(Source : le blog « Chakchouka tunisienne » rédigé par  « des journalistes tunisiens et français ayant demandé et obtenu l’asile électronique chez « Bakchich »..), le 27 octobre 2009)
Slim BAGGA
Source :  http://www.bakchich.info/Guerre-des-tranchees-a-Carthage,09096.html

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Dimanche 18 octobre 2009
 

TUNIS, (TNA) 

 

On s’embrasse, crie, hurle, siffle, se congratule, klaxonne, danse, chante : c’est une explosion de joie qui envahit les rues de Tunis. Le président Zine el-Abidine Ben Ali vient de démissionner, sous la pression du peuple. Une "révolution de jasmins" qui n’a pris que deux jours et n’a pas fait couler le sang.

"Je n’arrive pas à croire que tout cela est vrai. Quand je suis née, il était déjà directeur de la Sécurité militaire. Quand je me suis mariée, il était président de la république. Quand je suis devenue mère, il était toujours là. Je craignais qu’il ne soit là quand je serai grand-mère" : pour Mejda Rahmouni, juriste de 32 ans, "la Tunisie entre enfin dans son XXIe siècle, celui du bonheur et de la liberté".

Les Tunisiens ont oublié ce soir que Ben Ali, qui a dominé la vie politique de la Tunisie depuis 1987 et jusqu’à sa démission forcée dimanche, avait su, du temps de la guerre civile en Algérie, faire de la petite république tunisienne un îlot de bien-être, et qu’il fut l’un des principaux artisans de l’accord d’association avec l’Europe.

Ils ne gardent en mémoire que la corruption massive engendrée par son système de pouvoir et la lassitude de vivre depuis quinze ans sans liberté d’expression ni respect des droits humains les plus élémentaires.

La Tunisie se sent libérée. "Les voix, qui avaient été ignorées et volées lors des législatives, sont finalement reconnues", dit Omar, hilare. La falsification du scrutin, dénoncée par l’opposition radicale, a été l’un des principaux moteurs de la mobilisation de la population.

Et, de mémoire de Tunisiens, Tunis n’avait jamais vu une si grande manifestation que celle organisée samedi. 50.000 personnes, 100.000, et même peut-être plus. L’opposition, sans résistance des forces de l’ordre, a pris le contrôle du parlement, du palais de la présidence à Carthage, pour finalement obtenir le départ du chef de l’Etat.

"Qui va prendre votre succession ?" "Ce n’est plus mon problème", déclare Ben Ali sur la chaîne de télévision officielle Canal 7. Un écran géant installé devant le Parlement au Bardo, où des milliers de partisans de l’opposition campent depuis samedi, retransmet les images.

La foule hurle. Des feux d’artifice éclatent. Les rues se remplissent à une vitesse folle. "Vive la Tunisie sans Ben Ali". "A notre victoire". La musique éclate. Les klaxons ne s’arrêtent plus. On danse, on se promène les enfants sur les épaules, drapés dans le drapeau tunisien.

"Liberté, Fraternité, Egalité" : dans le désordre, mais en français, une banderole géante affiche le slogan sur un abri-bus. "Good Bye Zaba !", dit une autre en anglais.

Mounir Mokrani, leader du Mouvement national, qui a pris la tête de la contestation depuis trois semaines, vit "le plus beau jour de sa vie".

Il l’avait déjà dit samedi, alors que l’hymne national résonnait pour l’opposition dans le Parlement envahi par ses partisans.

Dimanche, le bonheur est à son comble. "La décision courageuse de Ben Ali restera dans l’histoire", dit-il en sortant de la résidence du président à Hammamet où il était entré peu de temps auparavant accompagné de Béchir Lahmar, un des leaders du Bloc démocratique.

Ben Ali, le vieux "super-flic" de Bourguiba, fatigué, lui, "rentre à la maison". "Ce n’est pas une tragédie", confie-t-il très dignement : "j’ai beaucoup de travail, je vais pouvoir me dédier entièrement à la préparation de mon bac".


Source . http://www.tunezine.com/article.php3?id_article=8

 
Omar Khayyâm


Omar Khayyâm
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Dimanche 18 octobre 2009
Article du journal Liberation traduit du togolais par O.K.

Désigné à la mort de son père, le président tunisien Mohamed Zine El-Abidine est incité à la démission.

Tunis, envoyée spéciale dans le futur

Quasiment inconnu avant la mort de son père, le général-président Ben Ali, Mohamed Zine El-Abidine Ben Ali apparaît aujourd’hui comme l’homme qui détient les clés de la crise en Tunisie. Avant de prendre manu militari les rênes du pouvoir, le 5 février, cet homme de 20 ans n’avait jamais fait parler de lui. Le titre de l’article consacré à son investiture dans le quotidien La Presse est à cet égard éloquent : « Faisons connaissance avec le chef de l’Etat. » Mais son règne pourrait être de courte durée. L’Union Africaine (UA) exige sa démission avant d’abroger les sanctions instaurées contre Tunis. Hier, l’Union européenne a exigé le « retour sans délai à l’ordre constitutionnel et légal » en Tunisie.

« Missions discrètes ». Quand les Tunisiens évoquent Mohamed Zine Ben Ali, c’est sans animosité contre sa personne. « Il n’est pas mauvais. Hormis la manière dont il est arrivé au pouvoir, je ne peux pas dire qu’il a démérité », souligne l’un des principaux opposants. Jusqu’à son accession au trône, Mohamed Zine El-Abidine était étudiant en télécommunications. Il partait souvent en voyage « pour des missions discrètes », explique un proche du pouvoir. Mais il était surtout chargé de gérer les affaires de son père. Autrement dit, les finances du pays. « On n’a rien contre lui, il n’a rien à faire là, c’est tout », estime un responsable de l’opposition.

Technocrate. Si l’on en croit sa biographie officielle, Mohamed Zine porsuit depuis 3 ans ses études supérieures à l’Ecole Nationale de Télécommunications et de Radiodiffusion. Ce parcours universitaire explique sa réputation de « technocrate » et de « bon gestionnaire ». Pour certains, il jouit d’une image de rassembleur en raison de son pedigree : sa mère est du clan Trabelsi de Tunis, son père du clan des Ben Ali du Sahel, et il a été élu député de Carthage à l’âge de 18 ans.

Dans les cercles du pouvoir, sa nomination est tout sauf une surprise. « Il n’est pas exagéré de dire qu’il y avait un consensus autour de son nom. Cela faisait longtemps que le remplacement de Nassima Ghannouchi à la tête de l’Assemblée était discuté », explique le ministre de la Communication, Samir Ben Rayyana. La Constitution prévoyait un intérim de deux mois maximum du chef de l’Assemblée en cas de décès du chef de l’Etat. Au lendemain de la mort du « Vieux », Mme Ghannouchi a été destituée à la va vite pour faire place à Mohamed Zine. « Le casting était déjà prêt, mais Ben Ali est mort trop tôt », résume un diplomate.

Mohamed Zine est perçu par certains observateurs comme « la caution civile des organes la Sécurite ». Sans grande expérience politique et sans pouvoir. Pour toute référence militaire, sa biographie officielle mentionne son passage comme stagiaire au lycée militaire de Bizerte. « Il ne fait pas ce qu’il veut, il n’a pas les mains libres » : tel est le leitmotiv entendu à Tunis. « Une marionnette ? C’est mal le connaître et mal connaître la Tunisie », rétorque Samir Ben Rayyana, dans une allusion au rôle que jouait Mohamed Zine auprès de son père. « Ben Ali disparu, on découvre aujourd’hui dans les allées du pouvoir, des éléments plus durs, appuyés sur des réseaux financiers, dont des réseaux mafieux. Mais c’est la veuve du président défunt, Leila Trabelsi, qui a les clés des comptes de Zurich », confie un diplomate.

Modernistes. Alors que les portraits de son père sont encore placardés dans les ministères, Mohamed Zine aura du mal à incarner un quelconque renouveau. Même s’il est, au sein du Rassemblement Constitutionnel Démocratique, comme le chef de file des modernistes. Selon le ministre de la Communication, « Mohamed Zine est là pour respecter la voie tracée par le défunt Zine El-Abidine Ben Ali ». Une voie qui apparaît aujourd’hui comme une impasse.

http://www.tunezine.com/article.php3?id_article=662
Omar Khayyâm
Omar Khayyâm
24-02-2005
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Mercredi 14 octobre 2009
par Slim Bagga

A priori, j'aurais été absolument indifférent aux soirées organisées par ce panier de crabes des Trabelsi, Materi, Ben Ali en Tunisie, de Tabarka à Djerba, en passant par Sidi Bou Said, Hammamet et Sousse.
Tout le monde est édifié sur la moralité des uns et des autres, qui fait que leurs faits et méfaits se banalisent avec le temps...
Il se trouve qu'une jeune fille bien connue du public est en danger. C'est Abir Bennani, mannequin, actrice dans le film "La Goulette", et plus récemment le feuilleton "Mektoub" qui relate avec sobriété la vie quotidienne d'une mafia que tout le monde a identifiée en Tunisie...

Sakhr Materi, homosexuel "mibon" à Londres
viril cochon à Sidi Bou Said

Alors de quoi s'agit-il? L'affaire se déroule au cours d'une soirée organisée dans une villa de Sidi Bou Said par le maître des lieux François Bennasr, néanmoins grand ami de Sakhr, le gendre gominé de Ben Ali. Sont présents à cette soirée festive Nesrine Ben Ali, sa femme, Moncef Félon Materi, son père, Belhassen Trabelsi et d'autres stars du show biz triés sur le volet, dont la fougueuse et belle Abir Bennani.
L'alcool coulant à flots, elle se fit d'abord rejoindre dans la salle de bains par...le père Materi qui a vite retrouvé ses instincts de violeur, lui qui fut autrefois pédophile.
La jeune fille se débat; elle parvient à s'arracher aux griffes du félin et néanmoins félon. L'incident est clos: la soirée peut reprendre...
Dans cet entourage néfaste, on sait éteindre le feu; les pyromanes sont aussi pompiers!!!
Voilà donc le vieux Moncef Materi calmé et pas encore castré. Abir Bennani rassurée, on lui demanda de danser et d'égayer la soirée grâce à ses mensurations. La danse du ventre est applaudie, et Sakhr Materi se trouve sans le savoir la vedette à choyer. Sous les yeux de Nesrine, jalouse à en crever.
Je vous épargne la description du climat.

Réglement de comptes

C'est alors que Belhassen Trabelsi profite de l'occasion pour jouer à l'oncle protecteur de la vierge effearouchée Nesrine. Il appela au téléphone illico sa soeur Leïla pour lui faire part de la scène et des moments terrifiants qu'endure Nesrine à la dignité bafouée.
En fait, le coup de Belhassen Trabelsi n'était ni plus ni moins que faire subir par Sakhr les foudres de la Pharaone Leila I de Tunis. Et ça a marché!!!
Au petit matin, c'est Ali Seriati, patron de la sécurité présidentielle, en personne qui prend langue avec l'hôte François Bennasr afin de quitter sans délai la Tunisie.
Et Abir Bennani...Arrachée de chez elle par la police, elle fut violée, battue par des hommes qui ignoraient jusqu'aux raisons de cet acharnement policier. Elle a eu beau hurler de douleur promettant de répondre à l'interrogatoire. Mais les Tonton-Macoute au service de Leïla n'avaient pas d'oreilles, ni de langue pour parler: juste des bras pour battre.
Dans la Tunisie de Zine et Leila Ben Ali, il n'est plus besoin d'écrire des scénarios de films: la famille en offre tous les jours aux réalisateurs.
Sexe, drogue, alcool et coups bas épicent cette vie de Dallas à la tunisienne, la violence et le viol en prime...
Par TUNISIE STOP TORTURE - Publié dans : ESPACE INFO
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