Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 23:47
Par Taoufik Ben Brik | journaliste | 17/11/2009

Monsieur le Juge,

le prévenu a-t-il droit à une parole licite ?
Comment, alors que vous m'interrompez
exigeant un non ou un oui…
Le droit, je vous le dis, votre Honneur,
pour nous autres Arabes,
qui sommes peuple amateur de préliminaires
avant toute réponse !

A présent, vous allez m'écouter…
Le marché, la grand-place, le ventre de la ville
grouillent de cette clameur :
la justice, en mon pays, est inexistante ;
la justice passa et s'en fut ;
la justice a rejoint le Sein du Seigneur,
qui fit que nul n'est pérenne,
fut-il magnifique ou tyran.

Ne vous souciez point de ces mots,
les gens sont saisis de fièvre délirante
et d'hallucinations.
J'ai vu, quant à moi, de mes propres pupilles
ce que la cécité des mécréants ne saurait distinguer,
le fin mot de l'histoire :

la justice n'est pas absente,
c'est la cause qui est illusoire,
ou l'accusation, si vous préférez, qui peine à exister
condamnée qu'elle fut à la peine capitale.
Nous sommes alors aujourd'hui jugés et condamnés
en manque d'accusation.
Comme l'amant est en manque de sa bien-aimée,
Je me consume de désir pour une accusation savoureuse.

Monsieur le juge vénérable
scrutez bien avec moi ces fariboles
exercez votre perçant jugement :
L'on m'accuse d'avoir administré une torgnole
à une dame innocente,
de l'avoir gratifiée d'une ruade,
d'avoir tiré sa chevelure de sirène,
griffé ses joues de pomme rouge,
brisé ses côtes de gazelle…
Comment un poète peut-il commettre autant de fautes de goût ?

Notre poète disait
« nous aimons le pays comme nul ne l'aime »,
je réponds en contrepoint
« j'aime les femmes comme nul ne les aime ».

A toutes les femmes de la terre et des cieux j'ai chanté :
la foudre a tonné sur les contreforts du Kef,
son écho a atteint les confins des terres de Abid,
j'ai cru entendre là le tonnerre de Dieu,
c'était en fait le rire de ma bien-aimée.

A la policière travestie je voudrais dire :
tu es la bien-aimée, tu es le poème,
mais où se scèle donc la vérité ?
Tu fus dure avec moi,
sans répit ni nuance,
j'aurais préféré que tu me taxes d'assassin
ou de voleur de tout ce qui fut thésaurisé durant votre règne.
Mais rosser une femme ? Que désastre !
Où donc se scelle la vérité ?

La vérité est que je me suis aventuré
dans les recoins du palais du dragon,
une promenade devenue cauchemar sans issue.
La vérité est que c'est une affaire
entre moi et Zaba le Grand,
souverain du pays,
une affaire qui concerne Hallaj, le poète et le tyran,
Charlie Chaplin et le dictateur,
Shéherazade et Shahryar…

Dites à mon geôlier de ne pas se fâcher.
Je ne suis, quant à moi, pas en colère,
l'esprit en paix
non pas parce qu'innocent,
parce que coupable de l'avoir dépouillé
de ses derniers masques et parures,
de l'avoir laissé nu comme un nouveau-né
en proie aux moqueurs et aux ricanants.

Ceux qui ne sont point familiers du soleil
sont atteints, à la lumière, de glaucome.
Le soleil se lève, alors sauve-toi, vampire !
Buveur de sang !
Fuis ! Fuis ! Et fais ce qu'il te plaît.
Mes paroles sont libres
comme le souffle de la brise !
Aucune geôle ni aucune cage
ne peut retenir le fugitif qui te parle
de derrière ces barreaux.

Quand la récitation servile
sera étouffée par la bonne nouvelle,
le jour venu,
tu seras humble et poli…
Carthage, cette tombe lugubre où manque le cadavre…

L'idiot fléchira pour faire place à l'étendard et à la bataille.
Tu lâcheras la bride à la démesure
et n'étouffera point le hennissement de ta monture
Elle porte en sa croupe un combattant…


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Plaidoyer du détenu N°5707
Bloc H, Aile 2, Cellule 2
Prison civile de Mornaguia
Taoufik Ben Brik

► Le comité de soutien à Taoufik Ben Brick organise mercredi 18 novembre à 19 heures une soirée pour exiger la libération du journaliste, au 8 rue de la Banque, dans le IIe arrondissement de Paris.

http://www.rue89.com
Par Taoufik BEN BRIK - Publié dans : POESIE
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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 23:33
 Ce lundi 16 novembre vers midi à Tunis, Omar Mestiri, directeur de la rédaction de la radio Kalima, a été passé à tabac sous les yeux de l’avocat et militant des droits de l’homme, maître Raouf Ayadi. Puis il a été enlevé par les policiers en civil, et conduit vers une destination inconnue. Omar Mestiri a été passer à tabac puis relâcher quelques heures plus tard.

Son épouse, Sihem Bensendrine, que nous avons contacté par téléphone a raconté que « la scène s’est déroulé devant l’immeuble de l’avocat à qui il rendait visite. Les policiers l’ont brutalisé et embarqué de force vers une destination inconnue. Nous ne savons pas à cette heure ou il a été conduit ni pour quel motif il a été arrêté ».

Sihem Bensendrine journaliste et militante des droits de l'homme, qui a eut déjà à faire à la police tunisienne est dans la crainte. Juste après sa réélection le président Ben Ali a fait arrêté un autre journaliste Tawfik Benbrik dont le procès devrait se tenir mercredi 19 novembre.

Les pressions sur les journalistes en Tunisie s'éxacerbent face au silence assourdissant des capitales européennes.

Le Groupe de Travail sur la Liberté d’Expression en Afrique du nord « WGFENA » s’est immédiatement inquiété de cette persécution des journalistes qui vise à réduire au silence les médias indépendants. Il condamne avec fermeté ces graves atteintes à la liberté de la presse, et exige des autorités tunisiennes l’arrêt du harcèlement des journalistes et militants des droits humains.

L.M

http://www.lematindz.net
Par http://www.lematindz.net - Publié dans : SOS COMMUNIQUE URGENT
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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 23:25
Tunisie . Inhabituelles protestations du Quai d’Orsay sur le cas du journaliste qui risque cinq ans de prison.
Par CHRISTOPHE AYAD


Les droits de l’homme en Tunisie sont une rubrique à plein temps : les entrants, les sortants, les oubliés et les «vedettes»… Le journaliste Taoufik ben Brik mobilise l’attention et les inquiétudes du moment. Interdit de publication dans son propre pays, reclus chez lui, en proie à des tracasseries sans fin, TBB - comme le surnomment les familiers - en est réduit à proposer à la presse française des textes sur son sujet préféré : le président Zine el-Abidine ben Ali, son régime, son épouse, son palais, sa belle-famille, son argent, son culte de la personnalité…

Santé. Ben Brik a été arrêté et écroué le 29 octobre, quatre jours après la réélection triomphale (89,62% des voix) de Ben Ali à un cinquième mandat. Convoqué au commissariat pour une prétendue agression d’une femme dans la rue, Ben Brik a été directement envoyé à la prison de Bouchoucha, à Tunis. Sa famille, qui n’a pas pu lui rendre visite, est inquiète pour sa santé. Le journaliste doit être jugé jeudi à Tunis et encourt jusqu’à cinq ans de prison. Au printemps 2000, il avait fait plier le régime en observant 42 jours de grève de la faim afin de dénoncer les violations des droits de l’homme. Ben Ali ne lui a jamais pardonné cet affront et la procédure en cours ressemble fort à une vengeance. D’autant que TBB a multiplié à l’approche de la présidentielle les textes mordants et ironiques.

Le sort de Ben Brik et d’autres journalistes persécutés, comme Zouhair Makhlouf ou Slim Boukhdir, assiégé à son domicile par la police, a occasionné une inédite passe d’armes entre Paris et Tunis. Le porte-parole du Quai d’Orsay et Bernard Kouchner lui-même ont critiqué l’intransigeance du pouvoir tunisien : «Quand on a été élu pour la cinquième fois et qu’on dirige ce pays avec habileté, je pense que c’est inutile», a déclaré le chef de la diplomatie française.

Ces déclarations, totalement inhabituelles tant la France s’est jusque-là tue sur les droits de l’homme en Tunisie, ont suscité l’ire de Carthage. Le président Ben Ali en personne a annoncé avoir saisi l’Union du Maghreb arabe et l’Union africaine contre «une ingérence dans ses affaires intérieures». Même Bertrand Delanoë, traditionnel ami de la Tunisie, où il est né, s’est fait envoyer sur les roses pour avoir appelé «au respect strict des droits de l’homme en Tunisie». Seul Jean Daniel, le directeur du Nouvel Observateur (dont le site a publié des textes de Ben Brik), venu à Tunis à l’occasion de l’intronisation de Ben Ali, a eu droit à une vague promesse d’«intervenir», une fois que la justice - bien évidemment - «indépendante» se sera prononcée…

Torturé. Pendant que Paris et Tunis s’écharpent sur le cas Ben Brik, d’autres affaires, moins médiatisées, tissent la chronique déprimante des libertés en Tunisie : le militant étudiant Mohamed Soudani vient d’être condamné à quatre mois de prison ; le lycéen Amine Briouel a été torturé en prison lors de son interrogatoire ; l’ex-prisonnier politique Fethi Changol a été arrêté et emmené dans un lieu inconnu ; deux groupes d’une dizaine de jeunes sont passés en procès en vertu de la loi antiterroriste pour avoir tenu des «réunions illégales».Seule bonne nouvelle : un groupe de syndicalistes de la région de Gafsa, condamné à de lourdes peines de prison suite à l’agitation sociale de l’année dernière, a été libéré par grâce présidentielle le 7 novembre, pour le 22e anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Ben Ali.

http://www.liberation.fr
Par CHRISTOPHE AYAD - Publié dans : ESPACE INFO
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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 22:28
Défense de rire. La télé Hannibal TV a diffusé un publireportage où l’on voit la famille Ben Ali se comporter comme “monsieur et madame tout le monde”.
Totalement ébahis, les Tunisiens ont récemment découvert, dans un sujet diffusé par la télévision privée Hannibal TV, le portrait d’une famille modèle : les Ben Ali. C’est le Buzz du Web tunisien

Surtout connu pour sa prodigieuse langue de bois et ses discours en arabe littéraire incompréhensibles au commun des mortels, Ben Ali commence à jouer le carte du bon père de famille (presque) accessible au public.

Dans une vidéo de trois minutes, on voit Ben à vie entouré des siens, jouant avec ses enfants, discutant avec son épouse et – cerise sur le gâteau - se faisant mordre le doigt par un de ses petits-enfants (oh, le vilain garçon !).

Leila Ben Ali n’est pas en reste. En bonne maman, cette dernière prépare le cartable du petit dernier et l’emmène elle-même en voiture (la populace doit comprendre que Madame n’a nul besoin de chauffeur ici !).

Pour compléter le tableau de cette famille décidément parfaite, on voit monsieur Gendre et nouveau député de la Nation, Sakhr El Materi, qui débarque chez les beaux-parents avec son épouse Nesrine et la marmaille tous contents de retrouver papy et mamy.

Et pour ceux qui n’auraient rien compris de cette mise en scène, un Vox Pop est organisé par Hannibal TV tout de suite après le reportage. Avec la spontanéité qu’on leur connaît lorsqu’il s’agit de commenter les prestations présidentielles, tous les Tunisiens se sont dits surpris et heureux de voir que le président est, tout compte fait, « comme nous ».

Le vieux Jean Daniel !
Deux autres « événements » (façon de parler) montrent un changement de cap dans la com’ présidentielle. Déjà, lors de la campagne électorale, le correspondant d’Associated Press avait noté que la garde autour de Ben Ali était moins nerveuse qu’à l’habitude et que ce dernier était beaucoup plus accessible aux citoyens venus l’acclamer.

Encore plus surprenant, Ben Ali a lui-même répondu, jeudi, à la question d’un journaliste de La Presse à qui on a dû souffler une question fort opportune.

Le président montait lui-même au créneau pour réagir à l’Appel sirupeux dans lequel l’inénarrable Jean Daniel disait vouloir « arracher la clémence du prince » pour obtenir la libération du journaliste Taoufik Ben Brik embastillé depuis le 29 octobre pour « agression, atteinte aux bonnes mœurs et dégradation de biens » (ah, ces journalistes qui se croient au dessus des lois !).

« Je ne compte pas répondre à notre ami Jean Daniel, vu son âge et son amitié pour la Tunisie », a maladroitement réagi le jeune homme de 73 ans. Tout simplement pathétique.

Mohamed Ettaieb

(Source : le blog « CHAKCHOUKA TUNISIENNE, UN BLOG PARFUMÉ AU JASMIN » hébergé par « Bakchich » (Hebdomadaire satirique – France), le 16 novembre 2009)

Lien: http://www.bakchich.info/Un-Ben-Ali-a-visage-humain-Le-Buzz,09302.html
Par Mohamed Ettaieb - Publié dans : ESPACE INFO
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /2009 23:20

 AFP, le 15 novembre 2009 à 13h20 SINGAPOUR, 15 nov 2009 (AFP)

Président américain Barack Obama a ouvert la porte dimanche à une amélioration des relations avec la Birmanie, à qui il a demandé de libérer la dissidente Aung San Suu Kyi et d'organiser des élections "libres" en 2010. Cette ouverture a été lancée au cours d'une réunion -sans précédent pour un président américain- avec les dix dirigeants de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean), dont le Premier ministre birman Thein Sein, à Singapour. Dans un communiqué publié à l'issue de cette rencontre de 1h15, les leaders ont salué la politique d'ouverture des Etats-Unis et insisté sur "l'importance de la réconciliation nationale" en Birmanie. Il faut, ont-ils ajouté, que "les élections générales prévues en 2010 soient libres, justes, transparentes et ouvertes à tous afin d'être crédibles aux yeux de la communauté internationale". La junte militaire a annoncé la tenue de ce scrutin mais n'a pas encore fixé de date. La déclaration commune de l'Asean et des Etats-Unis, qui a donc été approuvée par le Premier ministre birman, ne fait aucune allusion à Aung San Suu Kyi, l'opposante historique du régime. Cette dernière, âgée de 64 ans, est exclue de facto du paysage politique pour les élections de 2010 en raison de la prolongation de 18 mois de son assignation à résidence à Rangoun. Cette sanction lui a été infligée pour avoir brièvement hébergé un Américain qui avait réussi à nager jusqu'à son domicile, situé sur les rives d'un lac. Les avocats de Mme Suu Kyi ont déposé un recours devant la Cour suprême contre cette condamnation. Au cours de la réunion à Singapour, M. Obama a demandé au Premier ministre birman la libération de Mme Suu Kyi, comme il l'avait fait la veille dans un discours à Tokyo. Il a "énuméré les étapes que devait prendre le gouvernement birman: libérer tous les prisonniers politiques, libérer Aung San Suu Kyi, mettre fin aux violences contre les minorités et entamer le dialogue avec les organisations démocratiques", a indiqué un porte-parole de la Maison blanche, Ben Rhodes. Thein Sein n'a pas répondu à ces demandes mais a salué l'ouverture américaine, selon un participant à la réunion. A Tokyo samedi, M. Obama avait indiqué que les sanctions "demeureraient jusqu'à ce que des avancées concrètes soient accomplies vers une réforme démocratique". Obtenir une ouverture de la junte est "un effort à long terme qui requiert beaucoup de patience", a récemment déclaré la secrétaire d'Etat Hillary Clinton. Le régime militaire a régulièrement rappelé qu'il refusait les pressions extérieures. Le généralissime Than Shwe, homme fort de la junte, avait ainsi fustigé la semaine dernière l'ingérence "néo-colonialiste" étrangère, évoquant implicitement les pressions exercées par les Etats-Unis.

Par TUNISIE STOP TORTURE - Publié dans : SANS FRONTIERES
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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /2009 22:56

Journal le soir.belgiquePartager Aujourd'hui à 20:13 Tout arrive. Voilà que, sous la nouvelle ère d’Yves Leterme, les Affaires étrangères belges se lancent dans une opération « sus à la langue de bois » dont le régime tunisien du président Ben Ali fait les frais ! Un étonnant modèle de parler vrai au bénéfice d’une cause, les droits de l’homme, qui honore notre diplomatie. Par Baudouin Loos
__________________
Les faits. Une sénatrice PS, Caroline Désir, avait adressé au ministre des Affaires étrangères une demande d’explications à propos des élections en Tunisie qui ont eu lieu le 25 octobre dernier. Le texte signé par l’élue était clair et sans ambages, qui évoquait les atteintes aux droits de l’homme (dont cette phrase : « La quasi absence de visibilité laissée à l’opposition lors de la période électorale, ni la manière dont l’opposition a été empêchée de faire son travail »). La réponse du ministre Leterme, lue par son collègue Etienne Schouppe jeudi au Sénat, vaut son pesant d’or en matière de franchise bien peu diplomatique. Qu’on en juge… Après avoir rappelé les points estimés positifs de la Tunisie (condition de la femme, lutte contre l’immigration clandestine et lutte contre le terrorisme, etc.), le texte souligne que « la Tunisie accuse un retard certain en matière de libertés politiques ». Jusque-là, tout va bien. Mais il continue : « Bien qu’elle se targue de placer les valeurs démocratiques au plus haut et d’avoir ratifié la grande majorité des conventions défendant les droits humains, force est de constater qu’il existe un fossé réel entre les pétitions de principe et la pratique ». Mais le « pire » est à venir. « Le déroulement des élections a une nouvelle fois mis en lumière certains manquements démocratiques dans le système politique tunisien, comme me l’a rapporté notre ambassade à Tunis : omniprésence du Président Ben Ali et de son parti, le RCD, musellement de l’opposition, accentuation de la répression des voix indépendantes, allégeance des institutions supposées garantir le caractère neutre des élections. Notre ambassade ne s’est pas contentée uniquement d’un travail d’analyse : nos diplomates ont, entre autres, entretenu des contacts avec tous les acteurs de l’opposition, autant vassale que réelle ; ils ont soutenu par leur présence des actions de représentants de la société civile et de défenseurs des droits de l’homme. Après les élections, notre ambassade à Tunis a activement participé à une initiative européenne faisant état des différents manquements démocratiques constatés pendant la période. Nos diplomates ont également rendu visite à Radhia Nasraoui, avocate défendant les droits de l’homme, victime de la pression policière pendant ces élections, et ils suivent actuellement de près le cas des personnes malmenées par le pouvoir à cause de leurs prises de position pendant la même période. Notre souci du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales dépasse le cadre des élections qui furent, il est vrai, un condensé de mauvaises pratiques. » Disons-le crûment : ce texte est un étonnant modèle de parler vrai, qui met au rancart la langue de bois et même la realpolitik au bénéfice d’une cause, les droits de l’homme, qui honore notre diplomatie.

Par TUNISIE STOP TORTURE - Publié dans : ESPACE INFO
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 16:23

REPORTERS SANS FRONTIERES

COMMUNIQUE DE PRESSE
09.11.2009

TUNISIE
Le journaliste Taoufik Ben Brik fête ses 49 ans aujourd’hui en prison

« C’est le premier anniversaire que Taoufik ne passe pas avec nous. Cette situation nous attriste beaucoup, notamment les enfants », a déclaré, très émue, Azza Zarrad, la femme de Taoufik Ben Brik, à Reporters sans frontières. « Son avocat a pu lui rendre visite aujourd’hui à la prison de Mornaguia. Il est comme un lion en cage. Nous refusons ce procès de droit commun. S’il gêne, Taoufik doit avec un procès politique, pas le procès d’un vulgaire criminel. Mais je sais qu’il ne pourra jamais survivre à la prison », a-t-elle ajouté.
 
« Le cœur n'est pas à la fête pour la famille et les collègues du journaliste indépendant Taoufik Ben Brik qui va aujourd'hui fêter ses 49 ans, isolé dans une cellule d’une prison de la banlieue de Tunis. Rien n'y fait, les autorités tunisiennes s'obstinent à traiter Taoufik Ben Brik comme un criminel après avoir monté de toutes pièces une affaire d'agression, et sans prendre en compte son état de santé inquiétant », a déclaré Jean-François Julliard.
 
Ce 9 novembre 2009, Taoufik Ben Brik a 49 ans. Il s’était présenté le 29 octobre 2009 au commissariat, suite à une convocation pour la prétendue agression d’une femme dans la rue la semaine précédente. Le 30 octobre, le procureur de la République de Tunis a ordonné son placement sous mandat de dépôt, pour “atteinte aux bonnes mœurs“, “diffamation“, “agression“ et “détérioration des biens d’autrui“. Il risque jusqu’à cinq ans de prison ferme. Les autorités lui font ainsi payer ses articles pour les médias français (Nouvel Observateur et Mediapart). Son procès devrait commencer le 19 novembre. Taoufik Ben Brik est atteint du syndrome de Cushing, maladie chronique qui lui ôte toute immunité.

« L'obstination des autorités à punir ceux qui ont joué leur rôle de journalistes avant et pendant les élections controversées d'octobre dernier s'abat également sur notre collègue Slim Boukhdhir. Depuis près d'une semaine, son domicile est encerclé par des dizaines de policiers. Ce siège a pris un tournant inquiétant le 7 novembre, lorsque la police a interdit aux proches du journaliste, pendant plus de 36 heures, de venir lui rendre visite pour lui apporter les produits de première nécessité. Nous appelons à la levée totale de l'état de siège autour du domicile de Slim Boukhdhir qui a été violemment agressé juste après l’élection présidentielle », a ajouté l'organisation.
 
Le 7 novembre dans l’après-midi, les policiers, situés autour du domicile de Slim Boukhdhir à Tunis, ont interdit l’accès du domicile à toute personne qui venait rendre visite à la famille. La pression a été partiellement levée le 9 novembre au matin, avec l’autorisation à nouveau de visites pour le couple, qui a été privé de nourriture et de médicaments pendant plus de trente-six heures.

« Je suis en convalescence et ma fille de trois ans et demi est malade, mais les policiers ne laissaient pas mes amis venir me voir pour m'apporter de l'eau, de la nourriture et des médicaments. Hier, ils étaient une trentaine de policiers en civil et en tenue qui interdisaient l'entrée de ma maison. J’étais coupé du monde. Et pour la première fois, ils ont même installé des barrières en fer dans la rue. Mon épouse a peur de ce qui pourrait nous arriver, et ma fille est malade en raison du stress qui touche toute notre famille », a expliqué le journaliste à Reporters sans frontières, depuis son domicile.
 
Par ailleurs, Slim Boukhdhir reçoit, la nuit, des appels anonymes provenant de numéros tunisiens et la propriétaire de son logement vient de lui signifier qu'il devait quitter les lieux dans les meilleurs délais

Par RSF - Publié dans : ESPACE INFO
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 13:54

                                                       APPEL URGENT 
Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture Semaine 46 (9 au 13 novembre 2009) intervenir avant le 25 novembre TUNISIE Situation Mohammed Soudani, étudiant militant de l'Union générale des étudiants tunisiens (UGET) est porté disparu depuis le 22 octobre dernier.

Le soir du 22 octobre, Mohammed Soudani avait téléphoné à ses avocats et amis en leur disant que de nombreux agents des forces de sécurité se trouvaient devant l'Hôtel Africa, où il venait de rencontrer des journalistes, et leur avait déclaré que s'il n'y avait pas de nouvelles de lui après 22 heures, cela signifierait probablement qu'il avait été arrêté. Depuis lors, il est injoignable et son avocat et sa famille n'ont pu obtenir aucune information à son sujet auprès des autorités tunisiennes. Dès le lendemain, une plainte a été déposée auprès du procureur de Tunis concernant sa disparition. Selon Amnsety International, il pourrait être détenu dans les locaux de la Direction de la sûreté de l'État du ministère de l'Intérieur, dans la capitale, Tunis, où les actes de torture sont monnaie courante. Pour plus d'informations, lire l'article de Luiza Toscane : http://www.nawaat.org/portail/2009/11/08/disparition-dun-militant-en-tunisie-rendez-nous-mohammed-soudani/

 INFORMATIONS GÉNÉRALES
 Les arrestations arbitraires, harcèlements judiciaires et mauvais traitements à l'encontre des journalistes, défenseurs des droits de l'Homme et opposants politiques se sont multipliés en Tunisie ces dernières semaines, alors que le président Ben Ali vient d'être réélu avec 89,62% des voix. Les journalistes Zouhaïer Makhlouf et Taoufik Ben Brik ont été arrêtés et écroués respectivement les 20 et 29 octobre dernier. Outre Mohammed Soudani, une dizaine d'étudiants de l'Union générale des étudiants de Tunisie (UGET) ont été arrêtés la semaine dernière. Par ailleurs, les autorités tunisiennes continuent de détenir des centaines de prisonniers aux termes des textes de loi de 2003 sur le contre-terrorisme. Beaucoup de ces personnes ont été condamnées à de lourdes peines à l'issue de procès inéquitables et sont souvent victimes de tortures et de mauvais traitements. Les actes de torture et autres formes de mauvais traitements imputables aux forces de sécurité sont fréquents en Tunisie. Dans la quasi-totalité des cas, aucune enquête n'est ouverte et les auteurs présumés de ces actes ne sont pas traduits en justice. C'est lorsque les personnes sont détenues au secret qu'elles risquent le plus d'être torturées. Les méthodes de torture le plus souvent décrites sont les coups - en particulier sur la plante des pieds -, la suspension par les chevilles ou dans des postures contorsionnées, les décharges électriques et les brûlures de cigarette. Il est également fait mention de simulacres d'exécution, de sévices sexuels, notamment de viols à l'aide de bouteilles ou de bâtons, et de menaces de violences sexuelles à l'encontre de proches du sexe féminin. En tant qu'État partie à la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, la Tunisie est tenue d'empêcher la torture et de " veiller à ce que les autorités compétentes procèdent immédiatement à une enquête impartiale chaque fois qu'il y a des motifs raisonnables de croire qu'un acte de torture a été commis sur tout territoire sous sa juridiction ".

Lettre à envoyer au ministre de l'Intérieur de Tunisie, et copie à l'ambassade en France : Rafik Haj Kacem Ministre de l'Intérieur Avenue Habib Bourguiba 1000 Tunis Tunisie Fax : + 216 71 340 888 Ambassade de Tunisie 25 rue Barbet de Jouy 75007 Paris Fax : 01 45 56 02 64 e-mail : atn.paris@wanadoo.fr Rafik Haj Kacem Ministre de l'Intérieur Avenue Habib Bourguiba 1000 Tunis Tunisie

Monsieur le Ministre, Membre de l'ACAT-France, je souhaiterais vous faire part de ma plus vive préoccupation quant à la situation de M. Mohammed Soudani, jeune étudiant et militant de l'UGET, disparu depuis le 22 octobre 2009. Selon mes informations, il pourrait être détenu dans les locaux de la Direction de la sûreté de l'État du de votre ministère, à Tunis. Pourtant, son avocat et sa famille n'ont pu obtenir aucune information à son sujet. Je vous demande instamment de : - révéler sans délai le lieu de détention de Mohammed Soudani et de lui permettre de consulter l'avocat de son choix, de recevoir la visite de ses proches et de bénéficier de tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin ; - veiller à ce qu'il ne soit ni torturé, ni victime d'autres formes de mauvais traitements ; - le libérer immédiatement et sans condition, à moins qu'il ne soit inculpé sans délai d'une infraction dûment reconnue par la loi et jugé dans le cadre d'une procédure conforme aux normes internationales d'équité des procès. Dans cette attente, je vous prie d'agréer, Monsieur le ministre, l'expression de ma haute considération,

Nom :
Adresse :

Par TUNISIE STOP TORTURE - Publié dans : SOS COMMUNIQUE URGENT
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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /2009 21:46

Un communiqué vient d'être mis sur le site de Tunisnews appelant les exilés à renoncer à leur statut de réfugiés, à se rendre auprès des consulats tunisiens et à se ranger dans la légalité du régime de Ben Ali.
Je dénonce cette initiative qui cherche à pactiser avec la maffia tunisienne au moment où elle vient de faire une démonstration de force, publique et ostentatoire, exhibant son mépris pour les moindres principes de la dignité humaine et des droits citoyens, au point de pousser ses plus grands soutiens comme Bertrand Delanoé à prendre leurs distances vis-à-vis d'un régime longtemps détesté et rejeté par dix millions de Tunisiens.
Je mets en garde mes compatriotes sur les graves conséquences de la renonciation à leur statut de réfugiés, statut qui est un droit légitime de protection contre la torture et toutes autres formes d'atteinte à la dignité humaine qui sont massivement pratiquées par le régime du général Ben Ali, et qui viennent de connaître une grave recrudescence.
En outre, renoncer à son statut de réfugié, ne nuit pas seulement à la protection des réfugiés, mais aussi au droit de protection de tous ceux qui ont des demandes en cours ou futures, car ce geste de renonciation pourrait être interprété par les organes habilités à juger des demandes d'asile comme la preuve d'un allégement de la dangerosité du régime tunisien, et de moindre risque de torture en Tunisie, ce qui est évidemment totalement faux. On imagine aisément que ce serait là un prétexte inespéré pour la France, par exemple, pour une application encore plus restrictive du droit d'asile pour les Tunisiens qui sont sous examen ou futurs requérants. Ce serait ruiner les efforts des ONG partout dans le monde qui oeuvrent pour le droit d'asile des Tunisiens, droits mis à mal par notamment par une Europe réactionnaire en matière des droits humains y compris pour ses propres citoyens.
Plus inquiétant encore, l'appel à l'opposition à se rendre armes et bagages à la dictature, ne peut être perçu par le régime que comme un signe de faiblesse de l'opposition et ne peut par conséquent que l'inciter à reboubler sa répression non seulement contre les opposants mais aussi contre le peuple tunisien d'une façon générale.
Nous avons tous une grande responsabilité historique face à un régime criminel et maffieux : c'est d'oeuvre ensemble pour le mettre hors d'état de nuire. Pour cela la Tunisie a plus que jamais besoin de tous ceux qui ont choisi - ou qui se trouvent- en exil. Il leur incombe d'être eux aux avant-postes dans le combat et la lutte contre les bourreaux et tortionnaires de notre peuple pris en ôtage par une poignée d'aventuriers sans foi ni loi.


A bas la dictature, à bas la maffia de Carthage, et vive la lutte jusqu'à la libération de la Tunisie de ses despotes oppresseurs et criminels.


Paris, le 5 novembre 2009
Mondher.Sfar@club-internet.fr

Par MONDHER SFAR - Publié dans : ESPACE INFO
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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /2009 00:34
Kalthoum Kennou a bien montré que la résistance est possible contre ceux et celles qui bafouent la justice et ne veulent pas qu'elle soit indépendante et ceux et celles qui empêchent les femmes et les hommes, magistrats de leur profession, de s'organiser comme il convient de le faire dans une association pro...fessionnelle pour défendre leurs intérêts. Malgré tout ce qu'a enduré cette femme magistrate, ainsi que ses camarades, comme privations et humiliations ; elle demeure debout, la tête haute, fière de son apport pour la construction d'un Etat de droit au sens le plus strict. Elle vient d'être privée de justice, elle, qui toute sa vie professionnelle durant, n'a fait que rendre justice, selon sa conscience, aux citoyens ayant subit les injustices. Elle l'a fait et continue de le faire pour servir ses concitoyens et contribuer à instaurer les valeurs éthiques d'équité dans son pays qui lui est cher. Se battre en Tunisie pour une cause si noble ne se fait qu'en payant le prix et Kennou vient de le payer parce qu'elle est une vraie militante du droit.
Par TUNISIE STOP TORTURE - Publié dans : ESPACE INFO
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